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Eliézier François, leader du Mouvement authentique mauricien : «La communauté chagossienne s’est bien adaptée»

6 juillet 2016, 05:45

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Eliézier François, leader du Mouvement authentique mauricien : «La communauté chagossienne s’est bien adaptée»

 

Racontez-nous l’arrivée des Chagossiens à Maurice.

Lorsqu’ils ont débarqué, c’était clair qu’ils n’étaient pas heureux. Ils disaient qu’ils n’avaient pas choisi de quitter leur terre. Ils se sont établis dans les parages de Port-Louis. À l’époque, j’étais syndicaliste au port. Lorsqu’ils sont arrivés, il fallait trouver du travail et le port était le lieu idéal. Mais au fil du temps, la communauté chagossienne s’est bien adaptée.

Comment se sont-ils adaptés dans le port ?

Les Chagossiens sont venus travailler comme débardeurs, d’autres travaillaient sur les docks. C’est surtout leur nature robuste qui les a aidés à évoluer dans ce domaine. Certains ont vite rejoint le syndicat. À la même époque (vers le début des années 1970), ils avaient obtenu des terres à Baie-du-Tombeau dans un lieu connu comme Cité Ilois. Au départ, c’était des maisons frêles. Mais par la suite, beaucoup d’entre eux ont prospéré.

Lorsque vous êtes devenu ministre, qu’avez-vous fait pour les Chagossiens ?

J’ai pris ce poste en 1976, alors que le cyclone Gervaise venait de détruire des milliers de maisons en 1975. Certains Chagossiens étaient squatters et d’autres ont vu leur maison être détruite par le cyclone. Comme il y avait une vaste campagne d’allocation de maisons par la Central Housing Authority, les Chagossiens qui squattaient ont été encouragés à s’installer dans ces résidences pour avoir une maison légale, décente et solide.

Aujourd’hui, bon nombre de Chagossiens qui ont débarqué au port dans les années 1960-1970 ont prospéré ; il n’y a qu’à voir leurs maisons. Les Chagossiens se sont si bien adaptés que si jamais il fallait repartir, je ne crois pas que beaucoup iraient s’installer sur l’archipel des Chagos.

 

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