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Ilot: Aneerood Ramgoolam tente l’aventure des ananas bio

30 mai 2016, 04:56

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Ilot: Aneerood Ramgoolam tente l’aventure des ananas bio

Aneerood Ramgoolam est engagé dans la culture vivrière depuis 1986. S’il faisait pousser essentiellement des légumes au départ, il s’est vu contraint de diversifier ses activités il y a quelques années, étant donné les problèmes auxquels les planteurs font face, dont le manque de main-d’oeuvre. Et il a voulu s’essayer, plus récemment, à l’agriculture biologique.

L’agriculteur s’est donc mis à élever des vaches et dans ses champs, a délaissé quelque peu les légumes pour se concentrer sur la production de fruits. C’est ainsi que sur ses terres, à Bois-Marchand, bananiers, cocotiers et plants d’ananas côtoient des pieds d’aubergines. Aneerood Ramgoolam a toutefois le sens de l’innovation et, désireux de poursuivre sa stratégie de diversification entamée des années auparavant, il a tenté une nouvelle expérience début 2016 : la production d’ananas bio, sur une superficie d’un arpent, à Ilot. Son principal objectif : arriver à mettre sur le marché des fruits sans pesticides, qui ne porteront pas atteinte à la santé des consommateurs.

C’est l’arrachage des mauvaises herbes qui a été le plus coûteux car il lui a fallu payer des personnes pour effectuer cette tâche.

Dans les champs d’Aneerood Ramgoolam, plus d’un millier de plants d’ananas s’offrent au regard. Le cultivateur précise qu’il y en a environ 25 000. La méthode qu’il a employée, nous explique-t-il, il en a pris connaissance grâce à l’ancien ministre de l’Agriculture, Jugdish Goburdhun. Depuis quelques années, celui- ci souhaite promouvoir à Maurice le concept de «natural farming», très répandu en Inde. Selon ce concept, les excréments et l’urine de la vache constituent un puissant fertilisant naturel. Par le biais de cette méthode, Aneerood Ramgoolam peut utiliser d’une autre façon les vaches qu’il élève.

Avant de mettre en terre ses plants d’ananas, le cultivateur a dû suivre quelques étapes préliminaires. Tout d’abord, à partir du mois de janvier, il a laissé le terrain identifié «respirer», c’est-àdire qu’il ne l’a pas exploité à des fins agricoles pour qu’il retrouve un pourcentage adéquat de minéraux essentiels. Il a ensuite mélangé la bouse et l’urine de ses vaches avec du besan (farine de pois chiches). Dès que le terrain a été prêt, Aneerood Ramgoolam y a répandu le fertilisant naturel puis procédé à la plantation. «Ce n’est pas un gros investissement», concède-t-il pour ce qui est du fertilisant. Et d’ajouter que «c’est l’arrachage des mauvaises herbes qui a été le plus coûteux car il lui a fallu payer des personnes pour effectuer cette tâche».

Cela fait un peu plus d’un mois qu’Aneerood Ramgoolam a commencé à récolter ses ananas et il ne cache pas sa satisfaction face aux résultats obtenus. «Je n’ai pas eu de problèmes avec les insectes tels que les fourmis. Mes ananas sont 100 % bio, sans herbicides ou pesticides, et donc bons pour la santé.» Seul bémol, le cultivateur est forcé d’écouler ses fruits au même prix que ceux n’étant pas issus de l’agriculture bio. «À la campagne, les gens ne comprennent pas l’importance des produits bio. En conséquence, je vends mes ananas entre Rs 10 et Rs 15. C’est triste que le gouvernement n’encourage pas les planteurs dans la voie du ‘natural farming’», déplore-t-il.

Son amour pour la terre est malgré tout une grande source de motivation pour Aneerood Ramgoolam. «Pendant toutes ces années, j’ai été planteur et c’est difficile pour moi de changer de domaine. Je continuerai tant que j’en aurai le courage», nous confie-t-il en conclusion.

 

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