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Hilda Yerriah première candidate au poste d’administrateur au MTC : ouvrir une brèche pour les femmes
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Hilda Yerriah première candidate au poste d’administrateur au MTC : ouvrir une brèche pour les femmes
Hilda Yerriah, née Veerigadu, 57 ans, vit à 100 à l’heure. Sa vie est pleine comme un œuf: bien qu’elle ait une profession très prenante, pour laquelle elle continue à engranger des diplômes – les derniers en date étant ceux d’arbitre et de médiateur certifiés respectivement auprès des très respectés Institute of Chartered Arbitrators britannique et de la Chambre d’arbitrage et de médiation de Paris. Elle trouve aussi le temps pour occuper diverses fonctions au sein du diocèse anglican.
Membre de la Mothers’ Union, elle a été jusqu’à tout récemment membre du Board of Commissions et Registrar, est actuellement chancelière de la Province de l’océan Indien qui englobe Madagascar, Maurice et les Seychelles. De plus, elle chante dans les chœurs de la comédie musicale Miakara, version moderne de la vie de Ste-Marie Madeleine
Elle trouve également le temps d’apprendre et de pratiquer du ballroom dancing hebdomadairement avec le couple Yardin, de s’intéresser aux chevaux et d’être tous les samedis au Champ-de-Mars, lors de la saison hippique, même si durant les deux dernières années sa participation à la comédie musicale du diocèse l’ a tenue éloigner. Hilda Yerriah ne se prend pas pour une Superwoman pour autant. «Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à Dieu et à mes parents», dit-elle simplement.
Elle est née à Belle-Rose dans une famille de six enfants. On lui apprend très tôt les valeurs de l’éducation, du travail bien fait, de même que la débrouillardise. Une des distractions favorites des enfants Veerigadu, est de jouer aux cartes en écoutant la diffusion des courses hippiques à la radio. Elle revoit, d’ailleurs, son jeune frère jouer tout en encourageant un cheval nommé Prodigal.
Au fur et à mesure qu’elle grandit, elle se passionne pour les films se déroulant dans une Cour de Justice et se voit bien avocate. Elle tient de son père le sens de l’équité. Sauf que lorsqu’elle termine ses études secondaires au collège St Andrew’s, elle apprend qu’on n’enseigne pas le droit à Maurice. Elle arrête de rêver et devient secrétaire de direction. Elle travaille comme tel au sein de deux compagnies. Un jour, alors qu’elle discute avec un ami, elle apprend qu’elle peut étudier le droit en prenant des cours particuliers pour être avouée. Mais pour cela, un engagement doit être soumis pour elle par un professionnel du droit en Cour suprême. Il l’encourage à aller voir l’avoué Patrice Lagesse qui chercherait un clerc.
Un salaire de Rs 390
Hilda Yerriah ne se fait pas prier. Si elle ne peut être avocate, elle sera avouée. Patrice Lagesse lui dit, cependant, qu’elle doit patienter car son employé n’est pas encore parti. Elle revient à la charge quelques mois plus tard et il la prend comme clerc. Elle quitte alors son emploi de secrétaire de direction rétribué à Rs 1 700 pour un salaire de Rs 390. Elle prend quotidiennement des leçons à 7 heures à Port-Louis avant de rejoindre l’étude de Me Lagesse pour y travailler.
La banque IOIB cherchant un conseil légal, elle postule. Elle se rend à l’interview juste pour tâter le terrain et remet le directeur à sa place lorsqu’il lui demande si elle compte avoir des enfants. «Je lui ai dit que c’était une question personnelle et que s’il ne voulait pas de femme comme conseil légal, il aurait dû ne pas m’avoir sélectionnée pour l’entretien.» Cette rebuffade ne joue pas contre elle car elle est recrutée.
Elle quitte alors l’avoué Lagesse pour le secteur bancaire. Si l’expérience est enrichissante, elle lui permet de se rendre compte qu’elle n’est pas faite pour rester derrière un comptoir. Elle réussit son examen d’avoué en novembre 1989 et se met à son compte l’année suivante. Cela fait 26 ans qu’elle exerce et les trois quarts de ses affaires sont des litiges familiaux ou fonciers.
Lorsque sa fille Gayle a voulu aller étudier le droit à l’université de Buckingham, en Grande-Bretagne, elle en a été très fière et l’a soutenue dans sa décision car elle estime qu’un enfant doit s’épanouir dans la filière de son choix. Depuis que cette dernière a été called to the bar en Grande-Bretagne et a prêté serment comme avocate à Maurice, Gayle a rejoint l’étude de sa mère. Mère et fille travaillent ensemble mais Hilda Yerriah n’a été qu’une seule fois en cour entendre sa fille plaider car elle veut se retenir de lui prodiguer des conseils comme seules les mères savent le faire.
«Chacune a ses responsabilités professionnelles et son rôle à jouer. Nous travaillons les dossiers ensemble mais elle va en cour seule.» Si elle a choisi d’ajouter à son arc professionnel l’arbitrage et la médiation, c’est parce que la plupart de ses affaires sont réglées avant d’aller en cour, faisant ainsi des économies de temps et d’argent à toutes les parties concernées.
Son amour pour les courses hippiques n’ayant pas disparu, en 2007, elle a adhéré au Mauritius Turf Club (MTC). À partir de là, elle se rend au Champs-de-Mars tous les samedis lors de la saison hippique. «Mais je ne suis pas joueuse. Ce que j’aime, c’est lire tous les magazines de turf et ensuite faire des analyses et des pronostics. C’est comme quelqu’un qui aime le football bien qu’il n’en joue pas, ni ne parie sur les matchs.». Mais depuis deux ans, sa participation à la comédie musicale Miakara, réalisée par le diocèse anglican, ne lui permet pas d’être fidèle à ses rendezvous hebdomadaires au Champ-deMars. Il n’empêche qu’elle écoute les comptes rendus à la radio. Ce qui fait qu’elle connaît les chevaux sur le bout des doigts.
Si elle a osé se présenter comme candidate pour remplir un poste d’administrateur – il y a cinq candidats pour deux postes à remplir – c’est parce qu’elle est persuadée que ses compétences légales pourront servir au MTC. Qu’elle soit élue ou pas le 26 février, elle est très fière d’être la première femme à s’essayer à ce vote. «Comme tout ce que j’ai entrepris jusqu’ici, je fonce et après on verra. Pour le moment, cela m’a réussi. Étant très croyante, je me dis que si je suis élue, ce sera la volonté de Dieu car je ne bouge jamais sans lui.»
Et puis, elle souhaite que sa candidature offre une ouverture aux autres femmes membres qui peuvent aussi apporter leur contribution. «J’aurais souhaité que cela incite les autres femmes à en faire autant.»
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