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Escale du «Logos Hope»: Ces petits prix qui invitent à la lecture

8 décembre 2015, 05:09

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Escale du «Logos Hope»: Ces petits prix qui invitent à la lecture

 

Le prix moyen des livres avoisine les Rs 160. Un dictionnaire Collins, par exemple, se vend à Rs 640.

«AYO vo lapenn.» Virginia Hosseeny ne cache pas son enthousiasme. La mère de famille de Curepipe descend d’un pas alerte la passerelle du Logos Hope. Le navire-librairie est amarré au Quai A jusqu’au 20 décembre. «Pour Rs 80, on trouve des livres et des jouets. C’est abordable.»

Sa voisine, Amélie Edmond, femme au foyer, retient, elle, le bon accueil qu’on lui a fait à bord. Elle a assisté à une conférence sur l’influence que les femmes peuvent avoir sur les autres avant de choisir des posters du bateau, en vente à Rs 40. «Enn souvenir pou met dan lakaz sa. Mo pou kapav rakont mo bann fami mo ti mont lor sa bato la.»

Ce bateau-là, c’est le Logos Hope, géré par Good  Books for All, qui fait escale chez nous avec à son bord plus de 5 000 titres. Une affichette attire l’oeil, à l’entrée de la librairie flottante. L’information essentielle qu’elle véhicule tient en une ligne : 100 units = 80 MUR. C’est le guide pour  lire l’étiquette sur les livres et faire la conversion en roupies. Les cartes de crédit sont évidemment bienvenues.

«Le prix moyen des livres tourne autour de 200 units»,indique Ivy Chiu, Media Relations Officer. Le lecteur moyen ne peut que trouver son bonheur, entre The Bono Story (avis aux fans de U2) à 100 units et une encyclopédie sur l’anatomie à 1 000 units, en passant par une édition du dictionnaire Collins à 800 units.

La plus grande section de cette librairie est celle consacrée aux enfants. Il y a de petits livres qui aident bébé à apprendre les couleurs à 50 units, sans oublier ces livres rose bonbon qui font le bonheur des petites filles.

Et dire que le Logos Hope tourne uniquement avec desvolontaires – ils sont 400 – recrutésdans 60 pays. «Même le capitaine est un volontaire»,affirme Ivy Chiu. Moyenned’âge de l’équipage : 25 ans.Le membre d’équipage leplus âgé est le Chief Maid quia environ 70 ans. «Nous avons des familles entières qui vivent à bord du bateau. Il y a d’ailleurs une école pour les enfants dont les parents travaillent sur le Logos Hope.»

Pourquoi quitter sa vie d’avant et travailler à bord d’un bateau qui fait le tour   du monde, sans toucher de salaire ? «C’est un voyage pour chacun d’entre nous. Nous avons tous une histoire différente. C’est vrai, on nous demande parfois pourquoi nous faisons cela. Nous croyons que ce que fait ce bateau, sa mission, qui est d’amener la connaissance à tous, peut avoir un impact sur le monde et le rendre meilleur. Les gens disent tout le temps, ‘mais vous ne pouvez pas sauver le monde’. En tout cas nous faisons de notre mieux.»

Il y a aussi un espace avec ipod et parcours fléché qui fait partie d’une campagne de sensibilisation contre le VIH/ sida. «Comme nous mettons le cap sur l’Afrique, c’est une des choses qui nous semblent importantes», indique Ivy Chiu.

Ces convictions, l’équipage du Logos Hope – navire jumeau du Doulos qui avait fait escale chez nous en 2005 – les partage avec des bénévoles dans les pays où ils s’arrêtent. À Maurice, le Logos Hope a recruté plus de 100 volontaires, explique Ivy Chiu. Le contrat : travailler 10 jours à raison de huit heures par jour, gratuitement.

Sandrine Chassaing, 23 ans, mariée et employée dans une école maternelle à Vacoas, fait partie des volontaires. «Comme je suis en vacances depuis le 27 novembre, ça tombait bien», déclare la jeune femme. Sa mission consiste à accueillir les visiteurs en haut de la passerelle. «Il y a beaucoup de Mauriciens qui ne comprennent pas l’anglais», confie-t-elle. L’anglais étant la langue dans laquelle s’expriment les membres d’équipage rencontrés, que ce soit à l’accueil ou à la caisse.

Pour les visiteurs qui ont une meilleure maîtrise de la langue, les interactions avec les membres d’équipage ne sont pas compliquées. Direction l’espace cafétéria, une fois la tournée à la librairie terminée. Autour d’une glace, d’un café ou d’un puzzle de 1 000 pièces, des membres d’équipage sont plus que ravis de converser. De répondre à l’une des questions qui reviennent le plus souvent : «Votre pays ne vous manque pas ?» Ivy Chiu explique : «Nous nous assurons qu’il y a toujours des membres d’équipage disponibles pour parler avec les visiteurs.» Après Port-Louis, le Logos Hope jettera l’ancre au port de Toamasina, à Madagascar.

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