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Affaire Gorah Issac: Toorab Bissessur mort avec son secret

26 novembre 2015, 16:58

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Affaire Gorah Issac: Toorab Bissessur mort avec son secret

Six ans après sa mort, l’ombre de Toorab Bissessur plane sur la réouverture de l’enquête sur le triple assassinat de la rue Gorah Issac, 19 ans après les faits. Qui est cet homme? Que savait-il? Pourquoi l’ex-directeur du service de renseignement, Dev Jokhoo, a-t-il été dépêché à Madagascar pour négocier avec lui?

 

 

La teneur de la conversation entre Toorab Bissessur et l’ancien chef inspecteur Dev Jokhoo à Madagascar, en octobre 1997, demeure toujours un mystère. Ce marchand ambulant de Vacoas et père de deux garçons avait maille à partir avec la justice pour une affaire de drogue.

 

 

Selon Cehl Meeah, leader du Front solidarité mauricien, Toorab Bissessur l’avait approché en 1993 pour que le politicien l’aide à sortir de la drogue. Il a, alors, bénéficié d’un lopin de terre de quatre arpents à Mont-Blanc pour y cultiver des carottes. Il suivait en même temps une cure de désintoxication.

 

 

Cependant, très vite il s’est retrouvé mêlé à l’escadron de la mort. «Nous l’aidions uniquement à sortir de la drogue. Je ne connaissais pas ses fréquentations», affirme Cehl Meeah.

 

 

Toorab Bissessur était le compagnon d’armes de Liyyakat Polin, entre autres. D’ailleurs, ce dernier affirme que le marchand ambulant a participé «dan boukou case», mais sa collaboration avec la police dans l’affaire Gorah Issac l’aurait aidé à purger seulement quatre ans de prison à La Bastille. «Ti ene piti korek mé ki ti éna boukou problem», se souvient Liyyakat Polin.

 

 

Que savait-il ?

 

 

Selon Hatim Oozeer, ancien ami et partenaire d’armes de Toorab Bissessur, ce dernier a commencé à prendre ses distances du groupe après l’affaire Gorah Issac car il n’était pas d’accord avec la manière dont les butins étaient répartis. Il y aurait eu aussi une guerre de hiérarchie car d’autres membres de l’escadron, dont Bahim Coco, lui faisaient de l’ombre.

 

 

Toorab Bissessur aurait pris la décision de partir à Madagascar chez des proches, en 1997. Mais avant son départ, il aurait donné des détails sur des opérations menées par l’escadron à plusieurs hommes politiques.

 

 

Même de Madagascar, il aurait été en contact, à travers le fax, avec ces politiciens. Ce serait, d’ailleurs, grâce à un fax intercepté que l’escadron a appris qu’il comptait tout dévoiler. Des membres du groupe auraient alors été dépêchés sur les lieux pour le convaincre de ne rien dire avant que le directeur du service des renseignements ne soit envoyé pour négocier avec lui.

 

 

Pourquoi Dev Jokhoo a-t-il été dépêché à Madagascar ?

 

 

L’ex-directeur du service de renseignement n’a pipé mot à ce sujet. «Je viendrai en parler en temps et lieu», a-t-il affirmé. Mais Toorab Bissessur aurait eu connaissance des détails et des conditions dans lesquelles des casses et l’attentat de la rue Gorah Issac ont été perpétrés. Il aurait demandé Rs 2 millions et la protection pour  sa famille en contrepartie des informations qui étaient en sa possession. «Mem si koup mo vant ousi pa pou gagn nanyen», aurait dit Toorab Bissessur. Il était un témoin clé de l’enquête car il a été présent à l’époque de la création de l’escadron de la mort en 1994-1995 et de sa montée en puissance dans les années qui ont suivi.

 

 

Après son arrestation, le 1er décembre 2000, et sa libération en 2004, des amis à lui affirment qu’il serait retombé dans la drogue. C’est cela qui, selon Liyyakat Polin, aurait eu raison de lui, à l’âge de 47 ans, en 2009. Il a emporté ses secrets dans sa tombe.

 

 

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