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Les détritus prennent à la gorge le parc national de Rivière-Noire

24 octobre 2015, 18:16

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Les détritus prennent à la gorge le parc national de Rivière-Noire
Briques, cartons, tuyaux et bouteilles en plastique, vieilles chaussures… Ce sont certains des déchets qui jonchent environ 50 000 m2 de terres longeant la route menant au parc national des Gorges de la Rivière-Noire.
 
En achetant un terrain à côté d’une rivière, ces mordus de la nature pensaient avoir trouvé un coin paisible. Ils ont vite déchanté face à l’incivisme de certains. Une quantité effroyable de déchets, tant industriels que domestiques, jonchent la route menant au parc national des Gorges de la Rivière-Noire sur environ deux kilomètres. Laquelle se trouve non loin d’une forêt encore vierge.
 
 
Et les terrains privés ne sont pas épargnés non plus. Sur une superficie totale de 50 000 m2, on trouve des détritus en tous genres, allant des briques et cartons, en passant par des tuyaux en plastique et des monticules de terre, jusqu’aux bouteilles vides et vieilles chaussures. Le comble, lancent les amoureux de la nature, c’est que plusieurs arbres ont été abattus pour «accueillir» davantage de détritus.

Flagrant délit

Face à l’ampleur de la situation, un groupe de propriétaires de terrains alentour a décidé de prendre le taureau par les cornes. À l’instar de Karl* et Laura* qui disent avoir pris en flagrant délit deux conducteurs de poids lourds venus déverser des déchets sur leurs terrains. Ils ont d’ailleurs porté plainte samedi 17 octobre au poste de police de la région pour illegal dumping.
 
 
«Nous avons pris en flagrant délit le chauffeur d’un camion et d’une tractopelle provenant d’un chantier non loin. Nous avons relevé le numéro des plaques d’immatriculation», raconte Karl.
 
Il y avait même, dit-il, une personne sur place qui donnait des directives au chauffeur pour débarrasser le camion de toute la terre qu’il contenait. «Le tractopelle poussait des débris pour faire de la place.»
 
Ces propriétaires ont rusé en faisant creuser une tranchée profonde de deux mètres pour empêcher tout accès à leurs terrains. «Mais le chauffeur du camion et la personne dirigeant les opérations ont comblé une partie de ce trou afin de faire entrer les poids lourds», s’indigne Laura.
 

Vol d’une vingtaine d’arbres

Interrogé, le propriétaire du poids lourd utilisé samedi dernier pour déverser les détritus, affirme ne pas être au courant de la situation. «Mo pa kapav donn oken détay. Si sofer zété, mo pa koné.»
 
De leur côté, Karl et Laura n’en sont pas à leur première plainte. Ils avaient alerté le poste de police de Rivière-Noire le 2 février pour un cas d’illegal dumping. La police de l’Environnement avait même dépêché un de ses officiers sur les lieux. Les propriétaires ont plusieurs fois relancé la police pour s’enquérir du déroulement de l’enquête. On leur aurait affirmé que les dossiers ont été transmis à la police de l’Environnement de Rose-Hill.
 
 
Or, explique Laura, en se rendant de nouveau au poste de police de Rivière-Noire, il y a 15 jours, des officiers lui ont appris que le dossier n’a pas bougé et qu’il est toujours avec eux. «C’est inadmissible», s’insurge-t-elle. La jeune femme avait, pour sa part, formulé une autre plainte, entre-temps, concernant l’abattage et le vol d’une vingtaine d’arbres sur son terrain.
 
* prénoms modifiés
 

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