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Attentats en Turquie: des Mauriciens racontent

14 octobre 2015, 13:34

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 Attentats en Turquie: des Mauriciens racontent

Depuis les événements meurtriers du samedi 10 octobre, la capitale turque Ankara est anormalement vide. Dans cette ville qui foisonnait d’activités, les habitants sont sous le choc et n’osent pas utiliser le métro.

 

Cela fait près de deux ans que Nussaibah Rajah, une jeune Mauricienne, s’est installée en Turquie. Étudiante en master de géographie physique à l’université d’Ankara, elle ne se trouvait pas très loin du centre-ville lorsque les attentats ont eu lieu. C’est la mère d’une amie qui l’a avertie des événements.

 

                                      > Nussaibah Rajah et son professeur de langue.

 

«Il y a souvent des protestations en ville, surtout dans le centre à Ulus (où les attaques ont eu lieu), à Sihhiye et à Kizilay. Il est généralement conseillé aux étudiants étrangers de se tenir à l’écart de tels événements», explique Nussaibah. Elle ajoute que pendant les rassemblements, la force policière est souvent sur place pour contrôler la foule. Et souvent, ces manifestations s’organisent sur le campus, par le bouche-à-oreille.

 

Eviter la panique

 

Cependant, confie la jeune femme, depuis deux semaines, les policiers vérifient aussi les sacs des citadins dans les gares de métro. «Cela a commencé après un rassemblement en ville. La police avait lancé une alerte à la bombe dans toutes les stations de métro de la ville. Et ce contrôle a continué depuis dans certaines stations. Donc je me demande si ce n’est pas lié.»

 

Il y avait même un temporary broadcast ban sur les réseaux sociaux, poursuit Nussaibah. «Le gouvernement avait apparemment censuré la couverture médiatique des attaques pour éviter la panique.»

 

Jawaad Issoop, étudiant en première année d’architecture à l’université technique du Moyen-Orient, est arrivé en Turquie à peine un mois avant les attaques. Mais il ne cède pas à la panique: «Personnellement, je demeure calme car tant qu’on reste dans l’enceinte de l’université, on est en sécurité.»

 

«Le pays reste en alerte»

 

Pour ce jeune originaire de Mesnil, se retrouver en Turquie à un moment pareil est une expérience particulière. «J’aurais pensé qu’un sentiment de frayeur m’envahirait si jamais quelque chose de ce genre arrivait, mais je reste calme. D’ailleurs, mes amis turcs me disent que tout commence à retourner à la normale.»

 

Toutefois, en dehors des murs protecteurs de l’université à Ankara, le danger est toujours présent. «Le pays, surtout la région d’Ankara, reste en alerte car une autre explosion peut survenir à tout instant. On a dit aux étudiants de ne pas fréquenter certaines zones considérées à risques», continue le jeune homme.

 

«Je me sens chez moi à Ankara»

 

Tazneem Ramjan, étudiante en médecine à l’université de Hacettepe, est toujours sous le choc. Samedi, c’est sa sœur qui lui a appris qu’il y avait eu des attentats, quand elle l’a appelée de Grande-Bretagne pour s’assurer que l’étudiante allait bien. «Mon université est à Sihhiye, tout près du lieu des attaques, explique Tazneem. J’ai même vu les hélicoptères traverser le ciel en direction du site.» Depuis ce jour, la jeune femme évite de sortir, préférant annuler ses plans du week-end pour rester en sécurité.

 

Ce n’est pas la première explosion à secouer Ankara. Mais c’est la première à être d’une telle ampleur et c’est la première fois que des civils sont pris pour cibles, confie Tazneem. «Mes amis ont perdu des proches. Nous sommes tous attristés, poursuit la jeune femme. Personne ne s’attendait à une telle chose, même si avec la tension politique, j’étais assez inquiète.»

 

Malgré tout, la Mauricienne se sent bien à Ankara: «La ville est toujours très vivante. D’habitude je n’ai pas peur de m’aventurer seule, même le soir. Les Turcs sont très amicaux et après six ans ici, j’ai appris à connaître la ville et ses habitants. Je me sens chez moi à Ankara.»

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