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MBC: Mossaë suspendu depuis 2009 mais toujours salarié

14 octobre 2015, 06:05

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MBC: Mossaë suspendu depuis 2009 mais toujours salarié

La station de radiotélévision nationale ne cesse de faire des vagues. Pour la deuxième semaine consécutive, la gestion de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) a provoqué menaces, insultes et gestes déplacés au sein de l’Assemblée nationale, le mardi 13 octobre. C’est le terme «manipulated», utilisé la semaine dernière par Rajesh Bhagwan pour décrire la MBC, qui a fait polémique. La Speaker Maya Hanoomanjee a fini par expulser le député Rajesh Bhagwan et le leader de l’opposition Paul Bérenger.

 

Après le walk-out de l’opposition, en signe de solidarité, le ministre Roshi Bhadain s’est fait un plaisir de répondre avec moult détails aux questions du Chief Whip Mahen Jhugroo qui voulait savoir pourquoi six ans après sa suspension, Ambernath Mossaë, cadre de la MBC, est toujours sur la payroll list de l’organisme.

 

Ce dernier avait été suspendu le 20 juillet 2009 dans le cadre de l’affaire Pepsi Sega Hungama. Ambernath Mossaë avait été appelé à se présenter devant un comité disciplinaire le 12 novembre 2010, révèle le ministre. Mais à la demande de son avocat, il y a eu des renvois. Depuis, il n’y a pas eu de comités. Entre-temps, il perçoit toujours son salaire mensuel de Rs 50 000, en sus d’autres compensations.

 

Nouvelle direction

 

Roshi Bhadain a conclu sa réponse en disant espérer qu’avec une nouvelle direction, il n’y aura plus ce genre de problème au sein de l’organisme. Pour le ministre, les déboires de la MBC sont à mettre au compte de l’ancienne direction. Un argument qu’il n’a pas hésité à brandir en répondant à la question de Mahen Jhugroo sur le nombre d’agents de sécurité employés par la MBC.

 

Une liste circulée au Parlement, mardi, démontre que sur les 26 employés de la sécurité recrutés par la MBC entre décembre de l’année dernière et juillet 2015, huit sont issus des villages se trouvant dans la circonscription n°5, soit celle de l’ex-Premier ministre, Pamplemousses-Triolet. Ils touchaient tous des salaires de l’ordre de Rs 13 175 mensuellement.

 

Quatre d’entre eux étaient de la compagnie Brinks, alors que trois autres ont déjà quitté la station de radiotélévision nationale. Certains autres employés ont été redéployés comme handyworkers.

 

Mahen Jhugroo ne comprend pas pourquoi la MBC a besoin de tant d’agents de sécurité alors que des policiers et des éléments de la Special Mobile Force y sont postés et que le bâtiment est doté de caméras de surveillance. Le ministre a répliqué qu’il s’agissait là d’une pratique abusive de la direction de la MBC. D’ailleurs, a-t-il ajouté, depuis janvier, il n’y a eu aucun nouveau recrutement. Et l’ancien directeur général a été remercié il y a quelques semaines.

 

Les exercices de recrutement en suspens

 

Un mois après le deadline des soumissions de candidatures (NdlR : le 10 septembre) pour au moins neuf postes, aucune décision n’a été prise. La pression accentuée de l’opposition complique l’exercice de sélection d’au moins trois des neuf postes pour lesquels la MBC a lancé des appels à candidatures. Notamment ceux de directeur général, de directeur général adjoint, et directeur de l’information.

 

Le gouvernement cherche, pour faire taire l’opposition, un candidat qui renvoie l’image d’un indépendant, mais qui en même temps ne ferait pas de la station de radiotélévision nationale un média tellement indépendant qu’il se mettrait à l’attaquer frontalement. Ajoutez à l’équation les CV de ceux qui ont postulé et le spectre de plaintes à l’Equal Opportunities Commission de ceux qui peuvent estimer qu’ils sont mieux qualifiés mais «trop indépendants» pour être nommés et on obtient un terrible imbroglio.

 

Les informations recueillies indiquent qu’au board de la MBC, un courant penche pour l’annulation de l’exercice de recrutement à ce stade. D’ailleurs, la dernière phrase de l’appel à candidatures lancé le 27 août indique que «la MBC se réserve le droit de ne recruter personne». Dharam Fokeer, le secrétaire permanent au ministère des TCI et Chairman de la MBC, maintient, lui, que «l’exercice est toujours en cours, mais je ne peux vous donner la garantie que la MBC n’invoquera pas la clause de non-recrutement. De toute façon, les candidats sont au courant de cette clause».

 

Par ailleurs, la MBC vient de nommer, à titre intérimaire, Kreshan Budhoo au poste de directeur à l’information, bien qu’il n’ait pas postulé. Il était jusqu’à tout récemment responsable du desk des informations en hindustani. Il remplace Jugdish Jattoo, qui assurait lui aussi l’intérim à ce poste.

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