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Plainte contre Komiko: «Le correspondant» fait rire jaune

23 août 2015, 19:03

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Plainte contre Komiko: «Le correspondant» fait rire jaune
La farce des Komiko, «Le correspondant», vire à la tragicomédie. Devarajen Kanaksabee a porté plainte contre la troupe pour incitation à la haine raciale. Levons le rideau pour découvrir les coulisses de ce drame...
 

Acte I, Scène 1

Extérieur jour,  Casernes centrales
 
Devarajen Kanaksabee, homme d’actions intempestives, débarque aux Casernes centrales, mercredi 19 août. Non sans avoir laissé des messages sur sa page Facebook, histoire d’informer les camarades de son coup d’éclat. S’ensuit un long monologue. Celui d’un personnage venu porter plainte pour incitation à la haine raciale contre la troupe Komiko. 
 
Devarajen Kanaksabee se présente comme  responsable et porte-parole d’un groupuscule nommé Group Lev latet. Il affirme que «trois-quatre personnes» ayant un problème, l’ont approché pour lui parler d’une pièce des Komiko. Ces personnes auraient fait appel à moi «parski zot koné mo  dan limelight». 
 

Acte I Scène 2 

Intérieur jour,  quincaillerie  à la rue Royale 
 
Devarajen Kanaksabee est retourné à sa quincaillerie de la rue Royale, à Port-Louis. Il assure avoir fait du théâtre à l’âge de dix ans. «J’ai  voulu voir quelle évolution il y avait eue depuis». Il s’installe devant sa télé pour visionner un DVD de la pièce Le correspondant. Numéro un, deux ou trois ? Le correspondant 3 est à l’affiche en ce moment au Kafet@ Komiko.  «Mo pa tro koné. J’ai appris qu’il y en avait trois.» 
 
Les «12 à 13» premières minutes suffisent à lui faire ressentir l’«humiliation». Au début de la pièce, on voit Miselaine Duval (Kanaksabee prononce «Micheline») à l’aéroport venue attendre un correspondant. «éna enn dédin pou sa dimounn-la. Dir ‘vanakum’ avek dégou». Kanaksabee est secoué. Mais «mo kontign gété. Peut être que par la suite, elles apprendront à mieux connaître le correspondant». 
 
Le personnage va de choc en choc. «Tout dans le body language envers le correspondant exprime le dédain.» De mémoire, il cite des répliques lancées par le comédien Yousouf Elahee, qui joue aussi dans la pièce : «Sa mem from London la sa ? Bizin back to Chennai (…) Lor kart mariaz bizin met set kari sa.» Voilà Kanaksabee qui s’emporte cette fois contre «manier ki dimounn riyé». C’en est assez. Le personnage ne survit pas au premier quart d’heure de visionnage. 
 

Acte I Scène 3 

Intérieur.  Heure incertaine 
 
Long soupir. Celui d’un personnage résolu à passer à l’acte. Kanaksabee  s’astreint à regarder à nouveau cette pièce de Komiko. Comme une corvée. «Mo koné mo pou al lapolis, mo bizin get pies-la net». Résultat : «Sa finn  exsit mwa». Tout le blesse dans ce personnage de correspondant qui baragouine du «tamil barok», habillé d’un «vestri», tenue traditionnelle. «Montré li pé begn dan baké. Li bwar dan gulass. Après il crache dans un vase du salon. Pa korek ditou. Prézant li kouma enn boufon. Montré li pé graté.» 
 
D’autant plus qu’à la fin de la pièce, le personnage se change et revient en complet veston. Réaction de «Micheline» : elle ne reconnaît pas le correspondant. Le public, lui, siffle d’admiration devant la  transformation radicale. 
 

 Acte I, Scène 4 

Intérieur.  Heure incertaine. 
 
 Le personnage principal ressasse ses pensées.  «Je ne suis pas contre les Komiko, mais je ne suis pas d’accord avec cette pièce. Mé la séki pa kapav dir dan lari pé dir dan téat. Zot pé pil lor dimounn.» N’allez pas croire que Devarajen Kanaksabee n’a pas le sens de l’humour. Lui qui parle à toute vitesse se rassure en disant : «Devant mon nom il y a la particule ‘De’». Rire… jaune. 
 

Acte II, Scène 1 

Kafet@ Komiko, Rose-Hill.   
Silence radio. Point final. Miselaine Duval ne souhaite pas réagir. 
 

Acte III, Scène 2 

Kafet@ Komiko, Rose-Hill 
Silence radio. Alain Narainsamy, comédien qui incarne le personnage de Bobby Rampal dans Le correspondant, ne souhaite pas faire  de commentaire. 
 

Acte II, Scène 3 

Kafet@ Komiko, Rose-Hill 
Noir complet sur la scène. En coulisses, des voix chuchotent. D’abord c’est inaudible. Peu à peu, on finit par comprendre que tout cela c’est «enn zafer bet». Et que le personnage de Bobby Rampal n’a rien de stigmatisant pour qui que ce soit. Qu’il n’y a, dans la pièce, aucune référence à un groupe particulier. Et quand le personnage se fait traiter de  «bouffon», c’est parce qu’il a volé la «35»  d’un rival.  
 

Acte II, Scène 4

Intérieur jour, agence Immedia 
Rama Poonoosamy, directeur de l’agence Immedia, organisateur du festival d’humour qui va sur ses 20 ans, tranche d’un ton docte. «à Maurice, on peut rire de tout, mais pas devant n’importe qui. Il faut tenir compte du contexte.»
 

Acte III Intérieur jour 

Une médiation serait prévue  demain entre les deux parties
 

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