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Vieillissement et déclin démographique

Maurice face à un double défi

31 août 2026, 12:00

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Maurice face à un double défi

■ 12 900 décès sont prévus cette année.

Maurice n’est plus le pays jeune qu’elle fut. Les dernières données du Bureau central des statistiques (BCS) confirment une tendance désormais difficile à ignorer : la population résidente est passée de 1 243 741 habitants à la mi-2025 à 1 239 986 un an plus tard, soit une baisse de 3 425 personnes, ou 0,28 % (Voir tableaux).

Au 1er juillet 2026, l’île comptait 1 240 316 habitants, dont 612 887 hommes et 627 429 femmes. La population de l’île Maurice s’élevait à 1 194 974 habitants, contre 45 012 à Rodrigues et 330 à Agalega et Saint-Brandon. Avec quelque 600 habitants au km², le pays demeure l’un des territoires les plus densément peuplés, mais cette densité masque désormais une réalité nouvelle : le vieillissement de la population et le ralentissement démographique.

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Les projections du BCS donnent la mesure du basculement. Pour 2026, 12 520 naissances vivantes sont attendues, contre 12 900 décès. Le solde naturel devient ainsi négatif. En parallèle, la fécondité mauricienne se situe depuis plusieurs années autour de 1,4 enfant par femme, très en dessous du seuil de remplacement des générations, fixé à environ 2,1. Le débat public reste pourtant largement concentré sur le coût futur des pensions et sur l’âge de départ à la retraite. Or le problème est plus profond. Derrière chaque retraité supplémentaire se pose la question du nombre de jeunes actifs appelés à financer demain les systèmes sociaux, les services publics et la croissance.

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Le vieillissement est aussi une question de société. Une population qui compte proportionnellement moins d’enfants et davantage de seniors oblige à repenser le logement, la garde d’enfants, l’éducation, le travail et les politiques familiales. Relancer la natalité ne signifie évidemment pas imposer un modèle familial. Il s’agit plutôt de réduire les obstacles qui conduisent de nombreux jeunes couples à différer, voire à renoncer à avoir des enfants : coût du logement, vie chère, garde et éducation.

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À défaut d’une politique familiale ambitieuse, Maurice devra aussi réfléchir à l’autre levier démographique disponible à court terme : une immigration maîtrisée et mieux intégrée. Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de savoir comment financer les retraités de demain, mais comment préparer la génération qui devra faire vivre le pays.

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