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Coopérative de Vacoas: «L’argent devait servir au mariage de ma fille», dit un épargnant

6 juin 2015, 13:06

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Coopérative de Vacoas: «L’argent devait servir au mariage de ma fille», dit un épargnant

Il est anéanti. Birjanun Domah, un ancien attendant du ministère de l’Agro-industrie, ne sait plus où donner de la tête. Dans deux mois, il marie sa fille et il lui est impossible d’utiliser les Rs 200 000 qu’il avait placées au sein de la Vacoas Popular Multipurpose Cooperative Society (VPMCS). Birjanun Domah revient sur les événements du 17 avril. Jour où il a vécu un véritable cauchemar.

 

L’investissement de ce retraité est arrivé à maturité le 15 avril. «J’ai d’ailleurs reçu une lettre m’en informant.» Deux jours plus tard, raconte-t-il, il s’est rendu à la coopérative pour indiquer qu’il ne voulait pas réinvestir et qu’il souhaitait reprendre son argent. Sauf qu’on lui a alors appris qu’il ne pourrait pas le toucher de sitôt.

 

Et depuis que le scandale a éclaté, le retraité explique qu’il s’est rendu à plusieurs reprises au siège de la VPMCS, pour récupérer au moins une partie de son argent. «Toutes les semaines, on me disait de revenir la semaine prochaine. J’ai fait le trajet Melrose-Vacoas plusieurs fois, en vain.»

 

«Les chiffres me hantent chaque nuit»

 


Le sexagénaire avait pourtant tout calculé pour justement éviter de se retrouver dans une situation difficile. Cet ancien attendant affirme qu’il a toujours eu beaucoup de mal à joindre les deux bouts et que son salaire était loin d’être suffisant.

 

«Quand je me suis marié, je n’avais qu’une chambre. J’ai pris un Housing Loan pour construire ma maison petit à petit. En 2012, j’ai fini de rembourser cet emprunt. J’en ai alors pris un deuxième et j’ai placé une partie de la somme dans la coopérative pour me préparer au mariage de mes enfants.»

 

Montant investi dans la VPMCS : quelque Rs 200 000. «Lorsque les enfants grandissent, il faut se préparer à les marier. Et c’est ce que j’ai fait. Ma fille a fixé la date de son mariage en août. J’étais prêt, jusqu’à ce qu’on parle du ‘scandale’», avance-t-il.

 

«Je n’ai personne sur qui compter»

 

Depuis avril, Birjanun Domah affirme qu’il ne se passe pas un jour sans qu’il ne pense à ses dettes. «Toute ma vie j’ai été endetté. Les chiffres me hantent tous les soirs. Je ne sais plus ce que je dois faire. Ma fille suit encore des cours et elle est stagiaire pour le moment. Mon fils est lui aussi en train de suivre des cours. Je n’ai personne sur qui compter», dit-il, le visage crispé.

 

Il enchaîne en énumérant ses dépenses. Ce père de famille souligne que les trois jours de cérémonie lui coûteront à peu près Rs 400 000 avec les frais liés à l’achat des vêtements de sa fille. Autrefois, se remémore-t-il, il y avait beaucoup de bénévoles lors d’un mariage. «À présent, il faut compter la location de la tente, des chaises, la décoration. Le tarif de ceux qui cuisinent, qui font le service. Il faut même payer ceux qui font la vaisselle. Ce n’est pas facile.»

 

«Je pensais que ma retraite allait être paisible...»

 

Comment fait-il pour s’en sortir ? Pour le moment, il dit avoir pu faire les réservations avec une partie de son lump sum. «Mais je n’ai pas touché beaucoup d’argent non plus et je dois aussi penser à l’après-mariage. Mon fils n’a pas fini ses études», confie-t-il.

 

Aujourd’hui, Birjanun Domah se dit complètement perdu. «Je ne peux pas tout recommencer à zéro. Je n’en ai ni le temps, ni le courage. Je pensais que ma retraite allait être paisible mais c’est tout le contraire.»

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