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Raj Appadu: «Pourquoi payer les policiers en plus pour faire fuir les marchands ?»

24 octobre 2014, 09:14

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Raj Appadu: «Pourquoi payer les policiers en plus pour faire fuir les marchands ?»

 

«La situation est devenue incontrôlable au point où les commerçants se trouvent dans l’obligation de payer la police pour faire fuir les marchands ambulants !» Excédé, Raj Appadu, le président du Front commun des commerçants de Maurice, soutient qu’il n’abandonne pas la bataille juridique avec les autorités pour faire respecter l’ordre de la cour contre les marchands ambulants. Mais, entre-temps, pour survivre, les commerçants, eux, ont trouvé une nouvelle astuce : payer des policiers en «extra duty» pour qu’ils fassent la sentinelle devant leurs commerces.

 

Raj Appadu, lui, se montre très critique envers la police, même si cette initiative porte ses fruits. «Mo déplore le fait ki ce qui vremen c la police so travail sa e pa ti bizin gagne extra duty pu fer travail la parceki zot payer pu fer travail la. Le commissaire de police si zot finn signe enn médiation la cour, b zot bizin pran zot responsabilité», soutient-il.

 

Un opérateur situé dans le bâtiment Harbour Front, à la rue John Kennedy, à Port-Louis, est, lui, satisfait des retombées de cette initiative. Deux policiers payés pour la journée ont été postés devant le complexe, samedi dernier. «Ils sont restés devant le complexe de midi à 17 heures. Les marchands ambulants n’ont pas pu s’approcher. Cela nous a permis de travailler dans le calme et en toute sécurité», lance l’opérateur. Ce que confirment des commerçants que l’express a rencontrés, bien qu’étant réticents à parler à la presse.

 

Quid du tarif payé aux officiers ? Selon des informations glanées sur le terrain, la somme de Rs 2 000 aurait été versée à la police pour cet «extra duty». Une source au sein du Harbour Front Building confie que cette initiative émane des commerçants,  qui tous ont cotisé. Démarche qui a, dit-on, bénéficié du soutien du conseil syndical du complexe. L’objectif visé : tenir à l’écart les marchands ambulants qui pullulent le long de cette rue.

 

Ce qui semble avoir fonctionné. Car, faute de pouvoir exposer leurs articles en face du Harbour Front, ces derniers ont trouvé refuge un peu plus loin, près du siège de Rogers. «Cela a quelque peu perturbé le va-et-vient des piétons devant le bâtiment Rogers», poursuit notre même source.

 

Au vu du succès de l’opération, il se pourrait qu’elle soit renouvelée chaque samedi et ce, jusqu’à la mi-décembre. Et de la mi-décembre jusqu’au 31 décembre, les commerçants songent à avoir recours à ce service tous les jours.

 

Sollicitée par l’express, une source des Casernes centrales confirme que deux policiers ont été postés devant le bâtiment Harbour Front samedi. «C’étaient des officiers qui étaient off duty. Ils s’y sont rendus pour assurer la sécurité.» Et, «pas pour faire fuir les colporteurs», précise-t-elle. D’ailleurs, dit-elle, la police mène déjà des opérations notamment à la rue John Kennedy, pour évacuer les marchands ambulants…

 

Pour l’heure, martèle Raj Appadu, un seul 4x4 de la police se charge de faire partir les marchands ambulants chaque jour. Et, ajoute-t-il, une fois qu’elle a effectué sa patrouille et tourne le dos, les colporteurs reviennent à la charge.

«D’après le jugement de la Cour suprême, aucun colporteur ne doit travailler à 500 mètres du marché. Or, la rue John Kennedy se trouve, elle aussi, dans ce périmètre. C’est à la police de faire respecter ce jugement», insiste Raj Appadu. «Tous les propriétaires de magasin devraient-ils payer des policiers pour faire ce qui est inclus dans leur Scheme of Duty pendant les fêtes ?»  s’interroge-t-il.

 

 

 

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