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Cancéreux: les patients dénoncent une prise en charge manquant d’humanité
20 octobre 2014, 17:14
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Cancéreux: les patients dénoncent une prise en charge manquant d’humanité
«Ena enn ti favoritism ki deroule. Ena pa kone kot zot sorti, zot vini ar infirmie ou dokter ek zot pas avan ou», confie Karina. Tout comme Mamie, Lina et Vijaya, elle a subi une mastectomie après avoir été atteinte d’un cancer du sein. Toutes sont encore en traitement à l’hôpital. Un parcours du combattant, confient-elles.
Selon ces patientes, il existe de bons côtés à la prise en charge hospitalière pour de tels maux. Vijaya, qui a des proches médecins, déclare que le docteur qui la suit n’a jamais esquivé ses questions. Il lui a même donné son numéro de téléphone pour qu’elle le contacte au besoin. Elle n’est pas certaine toutefois que l’approche aurait été la même si elle n’avait pas des parents dans le milieu médical.
Bien qu’elles arrivent très tôt à l’hôpital afin de passer en premier, c’est rarement le cas. «Je me fais un devoir d’arriver à 7 h 15 alors que le guichet est encore fermé. Or, je ne suis jamais la première à être reçue», raconte Vijaya. C’est ce qui fait dire à Karina qu’il y a un certain favoritisme qui se déroule en ces lieux.
Se rendre à l’hôpital plus tard est une option. «Mais si j’arrive plus tard, j’ignore à quelle heure je verrai le médecin tant il y a du monde», ajoute Vijaya.
Effectivement, la salle d’accueil du département de RT est constamment bondée. Lina évoque les tentatives des infirmiers (souvent des étudiants en médecine), pour trouver sa veine pour la perfusion de chimiothérapie.
Mamie, qui a remarqué en janvier une grosseur dans son sein encore valide, a subi une mammographie à l’hôpital en mars. Depuis, elle va de rendez-vous en rendez-vous sans que l’on ait retrouvé les résultats de cette radiographie.
Ces femmes ferment toutes les yeux sur l’insalubrité des lieux, mais ce qui les peine le plus, c’est le manque de courtoisie et d’humanité à l’égard des malades. «Il n’y a pas de bonjour, ni de sourire. Tou depann lor zot mood. Si zot de bonne humeur, zot ok, me si limer pa bon, zot fer kouma dir zot pa tande ou zot reponn brit.»
Là encore, nous avons pu le vérifier sur place. Certains patients sont laconiquement appelés par une ouverture aussi étroite qu’une meurtrière, alors que d’autres le sont par une infirmière qui ne se donne même pas la peine de circuler dans la salle, ni d’élever la voix pour être entendue. «À part un infirmier qui est gentil, les autres ne semblent pas réaliser que nos jours sont peut-être comptés et que rien qu’un sourire nous aurait réconfortées…»
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