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Centres de distribution de méthadone: des voisins racontent leur «calvaire»

6 octobre 2014, 04:00

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Centres de distribution de méthadone: des voisins racontent leur «calvaire»
«Nuisance.» Nizam Nashrulla, qui vit à proximité du centre de distribution de méthadone de Vallée-Pitot, ne passe pas par quatre chemins pour exprimer sa colère face aux problèmes engendrés par les toxicomanes qui y suivent leur traitement. Selon ce travailleur social, ces derniers perturberaient régulièrement la quiétude de cette localité.
 
«Parfois ils tiennent des propos injurieux et ils se disputent entre eux. Ils n’ont aucun respect pour les gens», martèle Nizam Nashrulla. «Certains font des transactions avec la méthadone. Ils prétendent la consommer, mais ils gardent le liquide dans la bouche. Puis, ils la crachent dans une bouteille pour la revendre», ajoute-t-il.
 
Même son de cloche du côté d’Angelona Rabot Labonne, dont l’enfant fréquente une école préprimaire se trouvant à proximité d’un centre de méthadone, à Stanley. Elle affirme avoir déjà trouvé des seringues usagées dans le jardin de l’école. «Cela fait quatre ans que nous avons ce problème. La maîtresse d’école m’a dit que la police est déjà venue sur les lieux, mais le problème persiste», décrie-t-elle. Les réunions de parents d’élèves avec la direction s’enchaînent mais pour l’heure, «rien n’est fait», déplore cette mère de famille terrifiée. «Il faut faire quelque chose au plus vite», implore-t-elle. 
 
Une crainte partagée par ceux qui résident dans les alentours du centre de distribution de Sainte-Croix, dont fait partie Mario Thomas. «Il y en a qui se servent de la méthadone comme d’une drogue», fait-il valoir.

 

Délocalisation ou caravanes mobiles

 
Devant la multiplication des plaintes du public par rapport à l’insécurité qui prévaut alentour des centres de distribution, le ministère de la Santé, qui assure que les plaintes sont prises en considération, a décidé d’agir. Plusieurs solutions sont à l’étude. Parmi celles-ci, la délocalisation pure et simple de certains centres de distribution ou encore l’utilisation de caravanes mobiles.
 
Selon nos recoupements, dans un premier temps, le ministère procédera à l’évaluation de chaque site. Avant d’y apporter la solution adaptée. À Plaine-Verte, par exemple, on est d'avis q'une caravane mobile pourrait potentiellement assurer la distribution prés du poste de police de la localité. 
 
De plus, le ministère travaille sur la possibilité de fournir un soutien psychologique aux patients traités. Et un projet pilote de réhabilitation à travers l’ergothérapie est également à l’étude, avec la collaboration de la NATReSA.
 
Selon Mario Thomas, les endroits où ont été mis sur pied ces centres sont «inappropriés». Questionné à propos du projet de délocalisation, il dit qu'il est préférable d'«attendre pour voir».avant de prendre unedécision.  
 
Délocaliser ces centres serait une bonne solution, estime Nizam Nashrulla. Il est d’avis que de telles facilités sont indispensables pour aider les toxicomanes qui veulent «sortir de l’enfer de la drogue».
 
Environ 6 500 consommateurs de drogues injectables ont bénéficié du programme de distribution de méthadone depuis son introduction en 2002. Ce projet a, depuis, permis une baisse considérable des cas d’infection du VIH causés par le partage de seringues. En effet, des 925 cas enregistrés en 2005, ce chiffre est passé à 401 en 2011, 320 en 2012, et à 260 en 2013.

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