Publicité

Coupe du Monde: grève du métro à Sao Paolo

10 juin 2014, 05:28

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Coupe du Monde: grève du métro à Sao Paolo

Une journée en enfer. C’est presque à cela que ressemble un voyage en métro en ce moment à Sao Paulo. Nous avons vécu cette expérience contre notre volonté.

 

Pourtant un dimanche avec moins de monde, ça aurait dû se faire plus facilement. Au final, c’est la galère. Un trajet de moins d’une heure se fait en trois heures avec de nombreux détours et de changements de lignes. Un dimanche, ça devrait être pénard dans le métro pauliste. En route pour le Corinthians

 

Arena, où se déroulera le match d’ouverture entre le Brésil et la Croatie ce jeudi, on s’est est vite rendu compte que ce ne sera pas simple. Entre des lignes complètement fermées et d’autres dites stratégiques fonctionnant partiellement, c’est le chaos sans compter le manque d’informations – du moins avec une communication essentiellement portugaise –, difficile de s’en sortir.

 

Prendre son mal en patience

 

Pour un aller simple entre Butanta et Itaquera – là où se situe l’Arena –, il nous a fallu compter trois heures avec des trains qui font marchearrière au bout de trois stations pour nous ramener à notre point de départ ou encore d’autres qui décident subitement de ne pas aller au bout de leur trajet. Le retour entre Itaquera et Santa Cruz n’est pas mieux avec plusieurs détours pour finalement descendre à Ana Rosa, trois stations avant notre destination finale. «La situation est ainsi depuis quelques jours et il faudra que vous preniez votre mal en patience», nous avertit Joakim, un préposé à la station de Luz qui tente tant bien que mal de nous donner des consignes en anglais. «C’est une grève partielle et d’ici peu, les choses retourneront à la normale», nous rassurent trois policiers à la station de Sé dans un anglais sommaire.

 

A trois jours du coup d’envoi, la préoccupation première des organisateurs de cette Coupe du monde, c’est le transport public. La reconduction de la grève du métro à Sao Paulo, qui dure depuis cinq jours, paralyse cette mégalopole de 20 millions d’habitants. La situation est chaotique en ce début de semaine cruciale avec des embouteillages monstres sur les voies publiques.

 

Un lundi sous tension

 

Les Paulistes en ont ras le bol. «C’est toute une ville qui est paralysée. On peut bien comprendre les revendications des employés de ce secteur, mais il faut penser aux usagers. Ça commence à bien faire.

 

En plus, avec la Coupe du monde et le flux d’étrangers, le métro est vraiment le seul moyen de déplacement facile dans la ville. Sauf que là, tout le système est bloqué», expliquent Munihira Perreira et Rafael Guizio Dos Santos.

 

Hier matin, c’était le chaos dans les gares et sur les routes. Les stations de métro de quelques lignes en opération ont été prises d’assaut très tôt. Un monde fou qui se bouscule. Sur les routes, ce n’est guère mieux. «Faute d’un service de métro à 100%, toutes les voitures sont de sortie. Ce qui occasionne des embouteillages monstres. Déjà pour aller travailler, c’est infernal», pestent Caco Cordoba, Flavia Morena et Gustavo Souza.

 

Depuis dimanche donc, cette grève du métro de Sao Paulo, s’inscrivant dans le cadre d’un vaste mouvement social depuis un an mais qui va en s’intensifiant depuis quelques semaines, a été déclaré illégale par la justice brésilienne.

 

Les autorités menacent de sanctionner les grévistes, mais les Paulistes sont convaincus que tout rentrera dans l’ordre rapidement, pour le bien de la tenue du Mondial.

 

Dernier pèlerinage avant le coup d’envoi à l’Arena

 

A l’approche du jour J, sur quel pied dansent les Brésiliens ? Au pays du football, de la samba et de la fête, nous avons tenté d’en savoir plus en nous rendant au stade Arena de Sao Paulo où aura lieu le match d’ouverture Brésil- Croatie, jeudi. Une fois sur place, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’agitation et l’effervescence sont palpables au Brésil. Au niveau de l’organisation, ça s’agite un peu de tous les côtés. La pression monte…

 

Dans le regard des Brésiliens qu’on a croisés, on sent une atmosphère fébrile, une certaine euphorie dans l’air. Ces pères de famille qui défilent avec le maillot de la Seleçao, leur épouse au bras, et leurs rejetons suspendus aux basques, jettent un œil empreint de fierté à destination de la nouvelle bâtisse qui servira de terrain à l’équipe des Corinthians, qui n’en avait pas jusque-là, et qui va tenir tout un pays en haleine dans 48 heures.

 

En processions, les badauds se pressent autour du stade, habillés de la tête aux pieds aux couleurs de la Seleçao, d’un pas léger mais ferme. Comme une gigantesque armée jaune qui fait marche vers la victoire. Des minettes rivalisent d’ingéniosité pour sortir du lot en mode auriverde. «Brasil, Brasil, Brasil !» entonne un groupe de joyeux lurons affublés de chapeaux haut de forme clownesques. Mais on ne prendra pas la peine de se moquer d’eux ici puisqu’ils se tournent eux-mêmes en dérision.

 

Comme ce vieil homme à qui on donnerait facilement 70 balais qui agite frénétiquement le klaxon bizarre sur son vélo d’un autre siècle (sic) à l’effigie de la Seleçao et qui est tout heureux de prendre la pause dès qu’un photographe s’approche de lui. «Non, le Brésil ne va pas gagner», nous dit calmement Renato, jeune étudiant de Botafogo, venu participer à la fête paulista, qui se dit grand supporter de son pays mais réaliste sur ses chances réelles de l’emporter.

 

Entre ceux qui se font prendre en photo aux abords du stade et ceux qui filment sur leurs smartphones des bribes de répétition de la cérémonie d’ouverture qu’ils apperçoivent çà et là, la procession brésilienne a des allures de pélerinage. Vous vous demandez sans doute ce qu’il en est du mouvement anti-Mondial.

 

Eh bien figurez-vous que nous aussi ! Depuis notre arrivée au pays de Ronaldo, on n’en a pas encore croisé. Soit on a de la chance, soit l’approche de l’échéance correspond à une paix des braves de circonstance. Pour un temps ou jusqu’au bout ?

Publicité