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24 septembre 1979 Tumultueux meeting de Y. Mohamed à la P.-Verte
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24 septembre 1979 Tumultueux meeting de Y. Mohamed à la P.-Verte
Une cinquantaine de manifestants, ne cachant guère leurs affinités pro-MMM, perturbent le meeting organisé par le Comité d’Action Musulman (CAM) et devant faire en quelque sorte fonction de meeting d’adieu de Yousouf Mohamed, le futur ambassadeur de Maurice auprès de la République d’Egypte. Ces trouble-fête brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire : “Mohamed zomme grand Blanc ! Mohamed, Boolell, White, Harel zennemi travayer !” Assaillie à son arrivée, la voiture de Yousouf se réfugie dans une ruelle. Il revient quelques minutes après, encadré d’un respectable détachement de la Riot Unit. Il n’y a pas comme les bâtons-la-reine pour calmer les esprits. Le forfait comprend sans doute la claque anti-CAM mais pas les sévices. Le regretté Sulaiman Bhayat préside le meeting et s’attarde sur les malheurs des Mauriciens de foi islamique, si souvent pris pour boucs émissaires, quand la population se plaint des violentes agitations. Tel a été le cas en ce mois d’août 1979.
Les choses se gâtent quand Suleiman Bhayat dénonce les agissements du MMM, parti qualifié par lui de “pseudo-progressiste”. Il dénonce les distributions de tracts incitant à la violence politique, en plein Ramadan. Les pancartes s’agitent, les slogans hostiles se multiplient : “Arrête cause communaliste !” A quoi l’orateur réplique : “MMM parti communaliste !” L’arrivée de la voiture de Yousouf Mohamed rend la situation intenable. Un manifestant s’en prend à un éventaire sur lequel sont exposées des publications sur l’islam.
Yousouf Mohamed parvient péniblement jusqu’à l’estrade. Le silence se rétablit, tous voulant entendre l’ancien ministre du Travail. Il affirme ne pas craindre dire la vérité car sa vie est entre les mains de Dieu. Il s’en prend à Bérenger. “S’il veut la guerre je reste à Maurice. S’il m’ennuie, je ne pars plus pour le Caire. Je lui défends de mettre les pieds dans mon bureau.” Il fait allusion à une proposition de coalition PTr-MMM soumise à SSR lors d’une conférence à Monrovia. Il ne pardonne pas au père Souchon de pardonner ceux qui ruinent le pays en multipliant les grèves sauvages. La fin de Bérenger est proche. Ce n’est pas lui qui empêchera le CAM de jouer “at home” à la Plaine-Verte. Yousouf Mohamed explique son départ : “Je m’exile pour montrer que je ne dépends pas d’un ministère ou d’un siège parlementaire.”
Passons maintenant aux remous que continuent de provoquer les premiers Jeux des Iles à la Réunion. “Le Monde” estime utile d’y apporter son grain de sel. Ce quotidien parisien demande pour commencer “à quoi et à qui ont servi les 1ers JIOI ?… L’intérêt n’a guère dépassé celui des rencontres triangulaires inter-pays… L’absence de Madagascar et du Sri Lanka a enlevé en grande partie l’intérêt … Seuls les sportifs réunionnais ont eu droit à un entraînement à la hauteur d’un tel événement et les résultats n’ont surpris personne… Les Jeux ont débuté avec un enthousiasme d’emprunt et ont pris fin sur un sentiment de malaise… L’absence de fair play et des incidents regrettables hypothéquèrent le déroulement de plusieurs rencontres sportives… Beaucoup s’interrogent sur les arrière-pensées politiques et les intérêts financiers dans la mise en place de ces Jeux”.
Place à des remous davantage mauriciens. L’“agitateur” est M. Kailash Chandra, haut commissaire de l’Inde à Maurice. Il fait ses adieux à l’île Maurice et avoue ne pas aimer le mot “coolie” qui a “une portée péjorative”. Il ne comprend pas ceux qui s’enorgueillissent d’être des descendants de coolie. Ce mot n’est même pas d’origine indienne puisqu’il est anglais et s’applique autant aux travailleurs engagés chinois qu’à ceux de l’Inde. “Maurice n’est pas une mini-Inde. Il serait plus exact de dire que l’Inde est une maxi-Maurice”. M. Chandra a pris la précaution de dire qu’il n’est pas diplomate de nature.
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