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2005, l’année Doucouré

4 juillet 2005, 00:00

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À un peu plus d’un mois des Mondiaux d’Helsiniki (6-14 août) en Finlande, le jeune prodige des haies hautes, Ladji Doucouré, a frappé un gros coup, vendredi, lors du Meeting de Paris-Saint-Denis, première étape de la Golden League, fort d’un succès populaire sans précédent.

Non content de dominer les deux derniers champions olympiques, Allen Johnson et Liu Xiang, le Français signe au passage en 13.02 un nouveau record de France.

Qui mieux que ce Ladji Doucouré, 22 ans, étonnant de résistance face à la pression, athlète posé et au talent dont peut-être ne soupçonne-t-on même pas encore les limites, pour incarner avec les athlètes de la trempe de Naman Keita, le renouveau de l’athlétisme français. Des athlètes qui incarnent à la fois la passion indispensable mais aussi la performance. “C’est une façon de prouver que les Français savent aussi être présents dans les grands moments”, lâchait l’athlète du “9-3” à l’arrivée de son 110 mètres haies. Une manière sans doute de répondre à son prestigieux rival, Allen Johnson, qui, avant cette course vedette, avait beaucoup parlé…

Claironnant notamment que le podium des prochains Mondiaux d’Helsinki (6-14 août) serait une copie exacte des sélections américaines que le vieux lion des haies vient une fois encore de dominer.

Vendredi, Doucouré a répondu sur la piste, ne se concentrant que sur sa course, ce 110 mètres haies aux allures de finale olympique. Imaginez plutôt, Allen Johnson, champion olympique à Atlanta, Terence Trammell et Arnold Dominique, ses dauphins aux Trials, Liu Xiang, le Chinois volant sacré à Athènes, le Letton Stanislavs Olijars… Une véritable piste aux étoiles que Doucouré a dominée de la tête et des épaules, se payant le luxe de signer un nouveau record de France en 13.02, soit quatre centièmes de mieux que ses 1.06 d’Athènes.

Objectif Helsinki

De quoi apaiser un Doucouré soucieux de se rassurer sur cette piste de Saint-Denis où il avait connu les affres de l’élimination sur faux départ l’an dernier: “Aujourd’hui, je suis fixé, j’ai encore beaucoup à travailler, il me manque encore des courses.” Et de conclure, loin de se tourner la tête : “L’important, c’est Helsinki !”

C’était aussi la soirée du Kenyan Daniel Komen Kipchirchir. En effet, ce demi-fondeur de 20 ans, vainqueur des sélections kenyannes, en l’absence du maître de la distance, Hicham El-Guerrouj, a fait très forte impression signant en 3:30.01 l’une des quatre meilleures performances mondiales de la soirée. Dont celle d’un Kenenisa Bekele qui a échoué dans sa tentative contre son record du monde du 5 000 mètres. L’Éthiopien, qui ne s’alignera que sur 10 000 mètres à Helsinki, auteur d’un très probant 12:40.18, vient mourir à moins de trois secondes de sa meilleure marque (12:37.35).

Du lourd et du dense toujours enfin dans le concours de triple saut féminin avec la meilleure marque mondiale de l’année réalisée par la Russe Tatyana Lebedeva, sacrée en longueur à Athènes, avec un saut à 15,11 mètres.

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