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2004 devrait être une bonne année pour les valeurs boursières
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2004 devrait être une bonne année pour les valeurs boursières
<B>Les ?fund managers? peuvent se réjouir : le Semdex connaît une période d?euphorie, qui rappelle les années 1993-1994. Qu?en pensez-vous ?</B>
Personne ne peut se plaindre quand la Bourse monte : pour les épargnants, la valeur des investissements progresse, pour les fund managers, les portefeuilles connaissent de très bonnes performances. De même, pour les compagnies cotées, les possibilités d?augmentation de capital sont plus attrayantes.
Cependant, pour tous les Mauriciens, il reste un goût amer des années 1993-1994, laissé par IBL et Air Mauritius. Et ce goût amer est loin d?être oublié. Va-t-on cette fois éviter les excès d?il y a dix ans ? J?ai confiance que oui.
<B>Pourquoi les mêmes causes ne produiraient-elles pas les mêmes effets ? En d?autres mots, pourquoi les épargnants attirés par le gain facile ne vont-ils pas se faire piéger par des compagnies avides de capitaux?</B>
D?abord, parce que sur le plan international, les affaires comme Enron ont suscité une prise de conscience générale, notamment chez les compagnies cotées. Le Corporate Governance n?est pas une vaine expression, car progressivement des règlements se mettent en place, qui renforcent, à tous les niveaux, les contrôles qui permettent d?éviter les abus. En particulier, les directeurs de compagnies ont des responsabilités accrues et doivent de plus en plus s?impliquer dans le suivi réel des compagnies pour lesquelles ils siègent comme directeurs. Je ne doute pas que les nouveaux règlements découragent les quelques personnes malintentionnées et que les directeurs, internationalement, oeuvrent tous maintenant dans l?intérêt des actionnaires.
<B>Les hausses d?indices et de volumes de transactions vont-elles de pair ? Si l?on exclut quelques transactions exceptionnelles et l?impact des ?share buy-back? sur le marché, les volumes ont-ils réellement progressé ?</B>
La remontée des indices suscite de l?intérêt de la part du public mais il est vrai également qu?il ne se passe pas grand-chose qui est susceptible de donner un essor réel et durable au marché. Tout marché a besoin, pour son dynamisme, d?événements réguliers tels que les rights issues, introductions, fusions ou acquisitions. Les buy-back accroissent la liquidité et la valeur intrinsèque des actions concernées. Ce sont des exemples de décisions qui redonnent de l?intérêt au marché.
<B>Quelles sont les raisons principales du regain de la Bourse, outre la création du Semtri ?</B>
Je dirais que la cause première de la hausse de la Bourse est la baisse des taux d?intérêt. Quand le taux à l?épargne (savings rate) devient inférieur au rendement sur les actions (dividend yield), il s?agit d?un signal fort qui aboutit à une hausse de la Bourse. Aujourd?hui, le rendement moyen dépasse les 6 % alors que l?épargne est rémunérée à seulement 5 %. Ce spread est très bon pour la Bourse.
<B>Le fait que l?offre d?actions à Maurice ne progresse pas, c?est-à-dire qu?aucune nouvelle compagnie ne demande un listing sur le marché officiel ou qu?il y a peu de ?rights issues? ne risque-t-il pas de renforcer la bulle spéculative?</B>
C?est exact, mais des produits sont aujourd?hui à la disposition du public qui n?existaient pas il y a dix ans. Je pense aux Unit Trusts par exemple. A travers les Unit Trusts, le public fait confiance à des managers, qui ont des objectifs d?investissement spécifiques. Un fonds comme le Policy Growth Fund, que nous gérons, même s?il est majoritairement orienté vers la Bourse locale, est plus flexible dans son approche et peut donc protéger sa valeur en cas de baisse du marché. Je crois que l?épargnant-investisseur devrait aujourd?hui penser davantage en termes de Unit Trusts qu?en termes d?actions à acheter.
L?épargnant-investisseur mauricien devrait comparer davantage les opportunités offertes et sélectionner les fonds qui ont les meilleures performances. A l?inverse, les fonds ont comme obligation d?informer régulièrement le public de leurs performances, de leurs coûts, entre autres informations utiles à la prise de décision.
<B>Quels sont les avantages des ?Unit Trusts? par rapport aux actions ?</B>
Le premier est la liquidité. L?épargnant peut se retrouver avec des actions invendables, car celles-ci dépendent de l?offre et de la demande, alors que les Unit Trusts peuvent être revendus immédiatement, à leur valeur réelle.
Le second est la performance par rapport au risque : un Unit Trust donne accès à un portefeuille déjà diversifié, généralement composé d?une trentaine d?actions, donc moins risqué que si l?épargnant achète deux ou trois actions. De plus, c?est le métier des fund managers que de suivre les mouvements de la Bourse. Le fund manager est donc plus à même de choisir le moment opportun pour les achats et les ventes.
Le troisième avantage est fiscal. Les épargnants mauriciens peuvent bénéficier de Rs 12 500 d?impôts à payer en moins en investissant Rs.125 000. L?investissement mi-nimal étant de Rs 500, le Unit Trust est donc un produit grand public. Les compagnies taxées à 25 %, qui ont des liquidités disponibles, devraient aussi bénéficier des avantages qui leur sont offerts.
<B>Les ?Unit Trusts? sont-ils une mode internationale ?</B>
65 % des Américains, contre 2% des Mauriciens ont investi dans les Unit Trusts.
23 % des actions du New York Stock Exchange sont détenus par les gestionnaires de fonds d?investissement. L?Europe n?est pas loin derrière. La raison est simple : quand il existe plusieurs centaines d?actions cotées, quand l?analyse des comptes et des secteurs d?activité est de plus en plus complexe, il est logique que le public fasse confiance à des fonds plutôt que de sélectionner des actions sur la base de Rapports annuels de plus en plus volumineux.
Le rapport performance-risque-coût des Unit Trusts est aujourd?hui imbattable et, comme nous venons de le voir, leur potentiel de développement est important à Maurice.
<B>Parlons de la performance : les fonds d?investissement font-ils aussi bien que la Bourse ?</B>
Ce fut le cas du Policy Growth Fund en 2002/03 et, bien que nous ayons récemment réduit le pourcentage d?actions locales en pourcentage du portefeuille total, la performance depuis le 1er juillet 2003 est quasi similaire à celle du Semdex.
Par contre, quand la Bourse baissait, nous avons toujours réussi, en payant des dividendes importants, à maintenir une valeur cumulée avec les dividendes au-dessus des Rs10, qui était la valeur lors de la création du fonds fin 1998.
<B>Etes-vous confiant pour 2004 ?</B>
Je crois que 2004 devrait être une bonne année pour les actions, aussi bien localement qu?internationalement et en particulier en Asie. Les pays asiatiques, avec la Chine et l?Inde à leur tête, ont quatre caractéristiques principales : des marchés d?actions encore sous-éva-lués malgré les hausses récentes, des niveaux d?épargne élevés, des surplus sur leurs comptes nationaux courants et, en conséquence, des devises généralement sous-évaluées.
Maurice a des caractéristiques qui se rapprochent des pays asiatiques et je suis donc optimiste pour les mois à venir. Vous avez à juste titre souligné la semaine dernière que le PE de 9 à Maurice se compare favorablement avec les PE de 16 ou 17 sur les autres marchés internationaux. J?anticipe une progression importante de toute l?Asie pour les trois ou quatre années à venir et Maurice ne peut qu?en bénéficier.
Les investisseurs étrangers réinvestissent sur la Bourse locale parce que les marchés dits ?émergents?, principalement l?Amérique du Sud, l?Europe de l?Est et l?Asie, sont actuellement dans une situation très favorable. Les taux de croissance dans les pays émergents sont très largement supérieurs à ceux des pays d?Europe occidentale, par exemple. La conjoncture à Maurice est également très bonne : le taux de croissance reste élevé, l?inflation est contenue, la devise stable et le déficit budgétaire est gérable : que demander de plus ?
<B>Quels sont localement les secteurs de croissance pour les années qui viennent ?</B>
Grâce, notamment, aux encadrements législatifs récemment mis en place, Maurice devient progressivement un centre de transactions financières, commerciales, voire un centre touristique important.
Si Maurice continue d?être perçu comme une plate-forme favorable aux échanges internationaux, l?avenir ne peut qu?être radieux.
?Un fonds, même s?il est majoritairement orienté vers la Bourse locale, est plus flexible dans son approche et peut donc protéger sa valeur en cas de baisse du marché. Je crois que l?épargnant-investisseur devrait aujourd?hui penser davantage en termes de Unit Trusts qu?en termes d?actions à acheter.?
Propos recueillis par Stéphane SAMINADEN
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