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150 ans d?accompagnements ?vincentiens? à Maurice
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150 ans d?accompagnements ?vincentiens? à Maurice
Faire l?aumône est à la portée de n?importe qui. Même ceux, qui veulent se débarrasser d?un ?raseur?, en sont capables. Que faisons-nous de mieux en agissant de la sorte ? A moins d?y mettre un peu de chaleur humaine, une dose d?amitié, un souffle de réconfort, une lueur d?espoir, ce qu?il y a de mieux en nous. Même pour le dernier des mendiants, l?argent a moins d?importance que l?impression, l?espoir, d?exister aux yeux de quelqu?un au coeur bon, de quelqu?un capable de le considérer comme un être humain, quand ses propres frères et s?urs le rejettent sous prétexte qi?il est devenu un déchet, qu?il fait partie de la lie de la société.
Depuis 150 ans, des Mauriciens de différentes générations, de différentes couches sociales, de différentes origines ethniques, s?efforcent de mettre en pratique le mot d?ordre évangélique du ?aime ton prochain comme toi-même? ?ou encore? ce que tu fais au plus petit d?entre nous c?est à Moi que tu le fais et ce que tu refuse au plus démuni d?entre nous c?est à Moi que tu le refuses?. Et pour être plus sûrs de rester fidèles à ce commandement nouveau et unique, ils préfèrent s?associer à d?autres frères et soeurs, voulant comme eux vivre authentiquement cette fraternité évangélique, adaptée au monde d?aujourd?hui par l?esprit de saint Vincent de Paul, vécu et mis en pratique par les Conférences fondées, en 1833, par Frédéric Ozaman, alors âgé de 20 ans, et implantées à Maurice en 1855.
Emmanuel Juste raconte, en novembre 1980, l?histoire de cette implantation, en s?appuyant sur un document datant de 1935, intitulé Commémoration de la Société Saint-Vincent de Paul, et sur l?opuscule d?Amédée Nagapen Origines de la Société Saint-Vincent de Paul à Maurice. Eric Nicolas est déjà le président de cette organisation en 1980. Il estime que l?histoire de cette société à Maurice constitue un merveilleux acte de foi. ?Son essaimage est un succès?, écrit Emmanuel Juste. Succès immédiat qui s?explique par un ?faisceau de facteurs et une situation sociale donnée?.
Amédée Nagapen rappelle que cinq ans avant la création, en 1855, de la première Société Saint-Vincent de Paul à Maurice, la capitale est dotée d?un conseil municipal. Port-Louis bourdonne alors d?activités commerciales atteignant un volume sans précédent. La Chambre de Commerce voit le jour également en 1850. Elle précède de trois ans celle de l?Agriculture. Le nombre de Portlouisiens passe de 27 277 en 1831 à 49 909 en 1851 et à 74 128 en 1861. En 1851, la population générale compte 28 106 membres contre 28 106 anciens esclaves et 10 823 immigrants indiens. La capitale compte alors un prolétariat de plus en plus nombreux mais surtout de plus en plus marginalisé par rapport à ceux qui profitent le mieux du boom économique. Les épreuves ne manquent pas : incendies dévastateurs et cyclones stressant. Surviennent ensuite les premières épidémies meurtrières : variole, choléra, fièvres et maladies diverses. Les conditions hygiéniques sont loin d?être satisfaisantes.
Contre cette misère atroce, du corps comme de l?âme, des apôtres de charité luttent de toutes leurs forces. Ils sont, entre autres, le Révérend Jean Lebrun, le R.P. Jacques Désiré Laval, C.S.Sp., la Mère Augustine (née Caroline Lenferna de Laresle), l?abbé Xavier Masuy. Leur exemple suscite l?esprit de service et de sacrifice d?un nombre croissant de citoyens.
Il faut savoir que le Père Laval, élève à Paris du séminaire Saint-Sulpice, a pu connaître le mouvement caritatif fondé par Frédéric Ozanam. Ce mouvement est autorisé par l?archevêque de Paris, Mgr de Quélen. Celui-ci ordonne prêtre Jacques Désiré Laval. Le futur Apôtre de Mauice connaît très bien la rue Mouffetard, le premier champ d?apostolat d?Ozanam à Paris. Le courant passe si bien entre les premiers ?Vincentiens? et le Père Laval qu?ils ne tardent pas à proclamer : ?Maurice compte un saint Vincent de Paul en la personne du Père Laval?. De même, ils se révèlent de précieux parrains et mécènes pour la naissante Congrégation des Soeurs de Charité de Notre Dame de Bon et Perpétuel Secours.
L?honneur échoit au notaire Rosemond Giblot-Ducray de créer la première Société Saint-Vincent de Paul de Maurice. Ses compagnons sont Thophile Bonnefoy, Ferdinand Herchenroder, le capitaine Furse, Eugène Leigonye, Jules Régnard, Théodore Maigrot, Frédéric Montocchio, Frédéric Langlois, Charles de la Roche-Souvestre, Frédéric Sévenne et Beaugendre. Le 19 juillet 1856, Pamplemousses, dont l?église est déjà centenaire, suit l?exemple de Port-Louis et accueille le 2e Société Saint-Vincent. Le 27 août 1857, la Société de l?Immaculée Conception se sépare de celle de Saint-Louis. A toi l?est et à moi l?ouest de la capitale ! Puis viennent dans l?ordre les sociétés Saint-Vincent de Mahébourg (5.11.1856) et de Saint-Jean (13.5.1857). La contribution des membres des premières sociétés Saint-Vincent de Paul est particulièrement précieuse dans l?installation à Maurice des religieuses Filles de Marie et des Frères des Ecoles chrétiennes ainsi que dans la fondation de plusieurs écoles gratuites à travers le pays.
Nous devons leur réitérer notre gratitude à l?occasion du 150e anniversaire du mouvement caritatif lancé par eux, en 1855.
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