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148 maisons de la NHDC occupées illégalement
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148 maisons de la NHDC occupées illégalement
Deux adolescents poussent une bicyclette sur laquelle ils transportent un matelas en éponge dans les rues de Camp-Levieux, à Rose-Hill. Il est 18 h 55, hier. Ils rejoignent leurs parents qui ont élu domicile illégalement dans une des 148 maisons jumelées de la National Housing Development Company (NHDC) à Camp-Levieux.
Le site est encore en construction, un amas de terre obstrue les portes. Si certaines ouvertures ont été forcées, des occupants ont eux brisé des panneaux de vitres des fenêtres pour pouvoir y rentrer. Seul l?intérieur des maisons est peint. Elles ne sont pourvues ni d?eau, ni d?électricité.
La majorité de ces nouveaux ?locataires? sont issus de la région. Une femme, la quarantaine, avoue toutefois qu?elle vient de Telfair, Moka. Ouvrière d?usine, elle vit seule chez sa mère avec ses sept enfants, dont le benjamin n?a que trois ans et demi. Elle déclare : ?Mo pena okenn kont PEL (NdlR : Plan épargne logement) me mo espere mo kapav gagn ene lakaz.? Elle a appris que des gens avaient commençé à occuper ces maisons par certains des collègues.
Marie-France vit à Plaisance, Rose-Hill dans une maison qu?elle loue à Rs 2 500 par mois. Cela depuis huit ans. Son époux et ses trois enfants ont élu domicile à cet endroit. Elle estime que le dépôt de Rs 75 000 réclamé par la NHDC est exorbitant. Elle dit être détentrice d?un compte PEL sur lequel elle a Rs 10 000.
Elle explique qu?elle ne pourra payer que Rs 40 000 si une maison lui est offerte. Autrement dit-elle, ?zame mo pou vinn proprieter enn lakaz. Tou letan mo pou rest lokater?. Avec cette politique, avance-t-elle les ti-dimoun resteront sans logis.
Angel, une autre mère de famille, est du même avis que Marie-France. Cette femme de 42 ans est locataire depuis neuf ans. Rs 75 000,ajoute-t-elle, c?est trop élevé. Son compte PEL affiche un montant de Rs 40 000. ?Ki fer mo pa kapav gagn ene lakaz, alors ki mo pe pey lokation Rs 2 000?, argue-t-elle.
Vandales
Michel est locataire depuis 26 ans. Même s?il a un compte PEL, il a appris qu?il n?est pas éligible à une maison, vu son âge. Il a alors mis son compte PEL sur le nom de sa fille. Il déclare répondre à toutes les exigences de la NHDC : ?Mo envi gagn ene lakaz akoz sa mo finn rentre.?
En début de soirée, des bougies allumées à l?intérieur de ces maisons témoignent qu?elles sont habitées. Des draps sont installés à des fenêtres et des portes à la place des rideaux. De nouveaux occupants allèguent que certaines des maisons ont été victimes de vandales avant leur arrivée. Des éviers et des équipements sanitaires ont été volés.
Toute commence dans la soirée de dimanche. Huit maisons sont occupées illégalement. La nouvelle circule vite. Dans la journée d?hier, une douzaine d?autres personnes viennent squatter ces maisons. Et en début de soirée, toutes les maisons sont occupées.
Une déposition concertant ce squat est faite par le vigile de la NHDC en poste dimanche soir. Des policiers de Stanley se rendent sur place. Et, hier matin, leurs collègues de la Divisional Support Unit de Plaine-Wilhems-Black-River viennent également sur le lieu. Pour parer à toute éventualité, des éléments de la Special Supporting Unit étaient en alerte. Mais, il n?y a eu aucune intervention des forces de l?ordre pour l?éviction des squatters de ces maisons.
Au niveau de la police et de la NHDC, chacun se renvoie la balle. La première attend que la compagnie lui donne des ?directives?. Cette dernière attend que la police agisse.
Le Premier ministre, Paul Bérenger, a dénoncé, lors d?une réunion nocturne, à Dubreuil hier soir, l?occupation des appartements, encore en construction de la NHDC. Il a affirmé que la faute revenait aux proches du Mouvement républicain (MR) qui, a-t-il déclaré, ont ?cassé les cadenas?. Il a ajouté que cette attitude est en défaveur de ceux qui ont effectué leur demande de logement auprès de la NHDC en bonne et due forme.
Le leader du MR, Rama Valayden, a réfuté toute implication plus tôt, lors d?une conférence de presse de l?Alliance sociale. ?Des gens ont été payés pour entrer de force dans des maisons de la NHDC et pour dire que c?est moi qui les ai envoyés et que j?avais donné ce mot d?ordre lors du meeting. Je prends à témoin les journalistes que je n?ai jamais dit à personne de faire quoi que ce soit.?
?Dialogue?
Contacté dans la soirée d?hier, Eshan Khodabocus, le directeur de la NHDC, explique que ?toutes les procédures ont été enclenchées en vue de trouver une solution.? Il s?est également rendu sur place pour constater l?évolution de la situation. ?Nous espérons pouvoir régler ce problème dans le dialogue. Mais c?est maintenant à la police de prendre les choses en main?
Concernant la dégradation de plusieurs habitations ? éviers, toilettes et poignées de portes arrachés ? Eshan Khodabocus affirme que ce sont les squatters qui en seront tenus responsables, car ils sont entrés dans ces appartements illégalement.
Le directeur de la NHDC confirme que le dépôt pour l?obtention d?une de ces maisons varie entre Rs 75 000 et Rs 100 000, ?dépendant de l?âge et des capacités de repaiement des clients?. Chaque maison, précise-t-il, sera mise en vente pour une somme qui varie entre Rs 350 000 et Rs 400 000.
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