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11 septembre : l?aviation civile américaine accusée d'avoir ignoré les risques

28 janvier 2004, 20:00

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L?ÉVENTUALITÉ du risque de détournement d?avions a été officiellement prise en compte en mars 1998 par le bureau de la sécurité de la FAA, avant d?être abandonnée, en 2000 et au début 2001, ?faute d?information spécifique?, dénonce la commission nationale d?enquête sur ces attentats.

L?Administration de l?aviation civile américaine (FAA) a ignoré le risque de détournement d?avions commerciaux en vue d?attentats-suicides dans les mois ayant précédé les attaques du 11 septembre 2001 et n?a pas pris toutes les mesures de sécurité nécessaires, a affirmé, mardi 28 janvier, la commission nationale d?enquête sur ces attentats.

?La FAA avait jugé peu probable le scénario d?un détournement en mettant en avant le fait qu?aucune information spécifique ne laissait alors penser que des groupes (terroristes) comme Al-Qaida envisageaient de telles attaques?, explique un rapport préliminaire de cette commission. Ce dernier a été rendu public au cours d?une audition de l?ex-administrateur de la FAA, Jane Carvey, et de son numéro deux pour la sécurité, Cathal Flynn.

Manque de bon sens

Pourtant, souligne le document, les responsables de la sécurité pour la FAA ?détenaient des informations dans les années 1990 selon lesquelles des individus liés à Ben Laden cherchaient à détourner des avions de passagers pour les utiliser comme des armes?.

?Cette éventualité a été officiellement prise en compte en mars 1998 par le bureau de la sécurité de la FAA?, avant d?être abandonnée, en 2000 et au début 2001, dans les présentations faites aux compagnies aériennes et aux aéroports ?faute d?information spécifique?. La FAA a alors mis l?accent ?sur le danger plus important (selon elle) que des terroristes parviennent à faire passer des explosifs à bord des avions commerciaux?.

Cette approche a été sévèrement critiquée par plusieurs des dix membres de la commission bipartite mise en place par le Congrès pour examiner le degré de préparation du pays avant les attaques du 11 septembre contre New York et Washington, qui ont fait quelque 3 000 morts.

Son président, Thomas Kean, un ancien gouverneur républicain du New Jersey, s?est étonné du fait que les responsables de la FAA n?aient pas cherché à accroître davantage les mesures de sécurité au printemps et à l?été 2001 alors que les services de renseignement américain interceptaient de nombreux signaux inquiétants laissant penser que quelque chose pouvait être en préparation.

Il a notamment demandé à Jane Carvey et à Cathal Flynn pourquoi ils n?avaient pas demandé au département d?Etat de consulter leur banque de données contenant 61 000 noms de terroristes potentiels pour les comparer avec les listes de passagers. La FAA n?avait alors que 12 noms de personnes interdites de monter dans un avion, a précisé M. Kean.

?Je ne comprends pas pourquoi vous n?avez pas contacté le département d?Etat?, a-t-il lancé. ?Aucun de vous ne semble avoir fait preuve de bon sens?, a encore dit M. Kean, provoquant des applaudissements des membres de familles des victimes qui se trouvaient au premier rang.

© 2004 Le Monde News Service

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