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1 500 cas de chikungunya enregistrés mais le directeur de l?OMS rassure

7 mars 2006, 20:00

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Les régions les plus touchées : Mahébourg, Triolet, Goodlands et Flacq. Et Maurice compte désormais 1 500 cas de chikungunya, dont 400 ont été détectés pendant les dernières 24 heures, ainsi que 6 000 cas non confirmés. Mais, ces chiffres ne devraient pas inspirer de trop vives inquiétudes, a fait ressortir le directeur général de l?Organisation mondiale de la santé (OMS), Lee Jong-Wook, lors d?une conférence de presse hier.

Ce qui représente ?une menace grave pour l?humanité?, c?est surtout la grippe aviaire. Les maladies chroniques, quant à elles, sont un ?problème sanitaire majeur?. Pour cause, elles étaient responsables de 86 % des décès à Maurice en 2002 !

La raison principale de la première visite dans la région du directeur général : le lancement du Rapport mondial sur les maladies chroniques, telles que le diabète, l?hypertension, le cancer et les maladies mentales. Mais ce sont la grippe aviaire et le chikungunya qui étaient sur toutes les lèvres hier.

Le directeur de l?OMS a joué carte sur table et a notamment promis que le quartier général de l?OMS, à Genève, émettra bientôt un communiqué contenant une déclaration claire sur la situation à Maurice pour que les gens ne s?inquiètent pas outre mesure. Il a une fois de plus fait ressortir que la situation est ?moins alarmante que ce qui a été dépeint dans les médias. Elle ne causera pas beaucoup de morts. Personne ne peut dire qu?il ne faut pas se sentir concerné par le virus mais le gouvernement mauricien a beaucoup accompli en disant aux gens ce qu?ils doivent faire.? Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, estime de son côté que bientôt ?la maladie sera derrière nous?.

?Pas une maladie mortelle?

Avec un peu de chance, une déclaration de l?OMS aidera à dissiper la perception, créée en grande partie par la presse étrangère, selon laquelle Maurice est ravagée par le virus.

En tout cas, la visite de Lee Jong-Wook s?est déjà avérée positive. Et le directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority, Karl Mootoosamy, a repris les récentes déclarations du directeur général au Salon du tourisme à Berlin auquel il participe actuellement.

Le Dr Pierre Formenty, un virologue de l?équipe d?experts dépêchée par l?OMS dans la région la semaine dernière, a également rationalisé les enjeux du virus. ?Comme nous le démontre le rapport entre le nombre de cas et le nombre de morts, le chikungunya n?est pas une maladie mortelle.?

Il a toutefois souligné que la mobilisation nationale doit continuer de plus belle, surtout après le passage du cyclone Diwa. L?OMS a déjà soumis un rapport sur le chikungunya à Maurice au ministère de la Santé.

Pour ce qui est de la Réunion où plus de 70 morts ont été attribuées à la maladie, la situation n?est pas non plus aussi grave qu?elle le semble. 60 % de ces décès seraient en fait dus à des maladies de foie chroniques et au diabète. De plus, la moyenne d?âge de la majorité des ?victimes? avoisinait les 80 ans.

L?OMS craint plutôt la grippe aviaire et surtout sa transformation en ?pandémie humaine? qui, selon le directeur général, serait ?inévitable?. L?heure est ?à l?élaboration de vaccins, au stockage de médicaments et à l?éducation du peuple?. Car si seulement 174 personnes ont contracté la maladie et que 94 en sont mortes, la grippe aviaire pose ?une immense menace pour l?humanité.

Et si des mesures peuvent être prises pour contrôler la volaille, les oiseaux migrateurs sont ?hors de notre contrôle?. Le Dr Lee Jong-Wook a qualifié la surveillance du sanctuaire d?oiseaux migrateurs à Terre-Rouge de ?critique? et a rappelé que ?la meilleure façon d?éliminer le virus est de le détecter dès qu?il apparaît?.

Le lancement du Rapport mondial de l?OMS sur les maladies chroniques a permis au directeur général de faire un tour d?horizon de la montée en puissance des maladies non transmissibles aussi bien à Maurice que dans le monde. ?Ce rapport arrive à point nommé. A Maurice, ces maladies étaient responsables de 86 % des morts en 2002. Globalement, 58 millions de personnes sont mortes en 2005 (de maladies chroniques)?. Les principaux facteurs de risques sont une mauvaise nutrition, une consommation d?énergie excessive, un manque d?activité physique et le tabagisme.

Faugoo critique la ?mentalité d?assisté?

?Ou atann ki leta pu netoy ou lacour.? Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, critique par ces propos la population qui, malgré une importante campagne de sensibilisation, fait preuve d?un manque d?action face au chikungunya.

Satish Faugoo déplore le fait que les gens font preuve d?une ?mentalité d?assisté?. Certes, explique-t-il, les collectivités locales contribueront à éliminer les déchets, mais c?est au citoyen d?enlever de sa cour les pneus, eau stagnante et autres déchets qui risquent d?être les foyers de moustiques. Les autorités passent, elles, à une autre étape. Le ministère de la Santé a formé hier plus de 150 health care officers qui feront du porte-à-porte pour sensibiliser le public au chikungunya.

A plusieurs niveaux, diverses autorités se sont mobilisées. Le ministère de la Femme de même que celui de la Sécurité sociale ont été mis à contribution. Les opinion leaders ont été alertés à travers les organisations non gouvernementales et autres forums. Le gouvernement n?a pas lésiné sur les moyens. Avec au départ une soixantaine de spraying machines, le ministère a fait l?acquisition, en un mois, de 450 autres appareils. Le personnel chargé de faire ce spraying est passé de 40 à 400 personnes. Le ministre indique en outre que Rs 50 millions ont été déboursées pour l?achat d?insecticides.

Mais, affirme le ministre, ?nu croire en plis ki malher pa ariv nu, li ariv touzour a nou voisin?. Il insiste sur le fait qu?il faut un grand effort collectif. D?autant plus qu?il a un ambitieux objectif: ?Nous ne voulons pas seulement contenir la maladie, mais nous voulons l?éradiquer complètement.? Le ministère a pour cela mené plusieurs campagnes, avec à l?appui une centaine de causeries, des médecins qui passent régulièrement à la télévision, des encarts dans les journaux et des spots publicitaires à la radio, à la télévision et sur les billboards. Aux fonctionnaires, le ministre demande de véhiculer un message rassurant : il n?y a pas de raison de paniquer.

Hier, le Dr Shaeena Aboobakar a, lors d?une session de formation, expliqué l?origine de la maladie, ses causes et symptômes. Ce virus de la famille des alphavirus était déjà présent en Afrique, en Inde, dans le Sud-Est de l?Asie et aux Philippines. Il y a eu un outbreak de la maladie en 1952 à Madras et en Tanzanie.

Elle soutient également que la période d?incubation de la maladie est de trois à 12 jours avant que les premiers symptômes n?apparaissent. De plus, il est important de souligner qu?une personne ayant contracté le virus ne peut le transmettre que dans un délai d?une semaine. Cette personne est ensuite immunisée pour la vie. Mais les séquelles, notamment des douleurs aux poignets, aux chevilles, aux genoux et autres parties du corps, peuvent durer des mois. Et les rougeurs sont présentes de sept à dix jours.

Le Dr Amita Pathack a de son côté rappelé les moyens préventifs pour éviter la prolifération des moustiques: nettoyage avec des larvicides et fogging. Elle insiste sur le fait qu?à l?intérieur de la maison, il faudra utiliser les produits antimoustiques dans certains endroits qui les attirent le plus.

Pour l?entomologiste médical, Ambicadutt Beekaree, l?aedes albopictus, vecteur de chikungunya, peut être présent également dans des ?pieds songes?, ?pied canna?, dans des bananiers et parfois dans des bambous fraîchement coupés?

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