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“Notre volonté est de participer à la réduction de la fracture numérique”

31 août 2005, 00:00

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● <B>Le Microsoft African Partner Summit s’est tenu à Maurice la semaine dernière. Quel est l’objectif de cette réunion ? </B>

Microsoft a un modèle lié au transfert des compétences à un réseau de partenaires locaux qui a par la suite la capacité d’utiliser les nouvelles technologies et de déployer des solutions informatiques. C’est la raison pour laquelle tous les ans nous organisons des rencontres entre nos équipes et l’ensemble des partenaires les plus actifs de la région. Cela nous permet de nous aligner sur une stratégie commune et pouvoir créer la synergie qui est nécessaire pour profiter au mieux des nouvelles technologies dans les pays dans lesquels ces partenaires sont présents. Nous avions des partenaires présents dans plus de 20 pays africains.

● <B>Quelles sont les grandes questions qui sont abordées durant ces réunions ? </B>

Pour qu’on puisse réussir ensemble à apporter les solutions que les clients souhaitent, il faut nous assurer premièrement qu’il y a une bonne compréhension des tendances générales du monde des nouvelles technologies. Il faut aussi nous assurer que ces innovations peuvent être converties en scenarios utiles à nos clients en Afrique et dans les îles de l’océan Indien.

Troisièmement, il faut nous assurer qu’il y a un alignement entre nos différents plans d’activité tant au niveau du marketing qu’au niveau du transfert des compétences. Nous misons énormément sur le transfert des connaissances pour nous assurer que lorsqu’une nouvelle technologie arrive sur un marché pour être transformée en solution, nos partenaires ont le savoir-faire nécessaire pour accompagner les clients. Nous travaillons ensemble pour que ces technologies ne soient pas un mystère pour ces partenaires.

● <B>Dans quelle mesure ces conférences peuvent-elles contribuer au déploiement des solutions plus “locales” ?</B>

Certaines des innovations aujourd’hui ont tendance à mettre sur le marché des produits qui sont relativement génériques. L’idée est de pouvoir travailler avec des partenaires locaux pour voir de quelle manière on peut prendre ces solutions et les adapter au marché local.

Microsoft reste malgré tout une entreprise qui fournit des solutions qui sont relativement adaptées à la mise en place et au développement d’infrastructures. L’infrastructure à mettre en place en Afrique ou ailleurs est relativement similaire. Mettre en place un système d’information qui est interconnecté aux clients et aux partenaires nécessite des produits relativement similaires à la base.

De ce point de vue, le besoin n’est pas tant d’adapter les produits, mais de s’assurer qu’il y a des compétences pour les déployer et les utiliser. Par la suite, on a des produits de développement qui permettent de développer des solutions très appropriées au marché local. Ces solutions tiennent compte des réalites, des lois, de la bande passante, des contraintes et des opportunites qui peuvent exister. Il incombe à nos partenaires de fournir ce service.

● <B>Est-ce que cela implique une stratégie de prix différenciés pour les différents marchés ? </B>

La manière dont fonctionne Microsoft est la suivante : il y a un prix qui est déterminé aux états-Unis comme étant le prix de base. Il y a un surcoût qui est ajouté, par exemple, pour les traductions dans une langue étrangère. Dans le cas des marchés émergents, vous avez un escompte qui est appliqué. Cette pratique permet à la région africaine de bénéficier des tarifs qui sont inférieurs à ceux qui sont pratiqués en Europe et aux états-Unis. Cela est logique par rapport au pouvoir d’achat et aux réalités économiques de notre région.

● <B> Est-ce qu’il y a un “toning down” en termes de fonctionnalités des solutions qui sont déployées dans les marchés africains ? </B>

Trop souvent les gens conçoivent les solutions informatiques dans la logique des fonctionnalités. Cette approche devra être revue à mon avis. Si vous souhaitez véritablement profiter des innovations en termes de nouvelles technologies, vous avez besoin non seulement de fonctionnalités mais aussi et surtout besoin d’intégration entre les produits qui vous fournissent des fonctionnalités et les produits serveurs qui contiennent les bases de données, par exemple.

Vous pouvez non seulement profiter de la puissance de votre ordinateur et du logiciel, mais aussi du réseau et de sa connexion aux autres réseaux. Il ne faut plus raisonner en termes de fonctionnalités, mais en termes de scénario approprié à un besoin. C’est la raison pour laquelle il faut plutôt travailler sur une approche qui répond plutôt aux besoins de l’utilisateur en termes de scénario.

Au fait, on a des modèles application service provider qui permettent aux utilisateurs d’être facturés quasiment en fonction de ce qu’ils utilisent. Ces solutions permettent non pas de réduire la capacité des solutions mais de facturer que la partie qui est utilisée par le client pour son besoin précis.

● <B>Comment est-ce que Microsoft traite le problèmede piratage informatique en Afrique ?</B>

Le piratage est aujourd’hui un sérieux problème que nous, en tant qu’entreprise, et les gouvernements responsables de territoires nationaux respectifsavons la responsabilité d’adresser. Nous utilisons une approche à plusieurs facettes du problème. Nous commençons avec une prise de conscience qui doit permettre à nos clients, nos partenaires et revendeurs d’être conscients de ce qu’est le piratage.

Cette période de conscientisation nous permet de nous assurer qu’on ne va pas agir contre une personne qui n’était tout simplement pas au courant qu’elle faisait un délit. Suite à cela, nous avons des périodes au cours desquelles nous nous engageons dans des actions communes pour proposer des solutions qui puissent répondre à ces problématiques de piratage. Nous faisons des offres promotionnelles pour combiner des produits avec de la formation et du support…Nous mettons toujours l’emphase sur le bien-fondé de l’utilisation des logiciels qui sont légalement acquis.

La troisième étape est la prise des actions plus dures qui peuvent aller jusqu'à des poursuites judiciaires que généralement nous ne souhaitons pas. Généralement nous nous engagons dans ces actions avec le concours des pouvoirs publics et les sociétés de protection de la propriété intellectuelle notamment.

Malgré les activités de conscientisation et les propositions de solutions, s’il y a toujours des gens qui continuent à pirater, nous n’avons d’autres choix que d’aller jusqu’au bout.

Le piratage de nos produits en Afrique nous coûte environ $70 millions (plus de Rs 2 milliards). Ce chiffre exclut les produits et les services associés aux logiciels. Il y a donc des effets indirects beaucoup plus graves sur l’emploi, les taxes perçues par le gouvernement et sur la capacité d’attirer des investisseurs.

Maurice est très consciente de ce problème, et il y a des démarches extrêmement positives prises par le gouvernement pour protéger les droits d’auteur et la propriété intellectuelle.

<B>“Dans le cas des marchés émergents, vous avez un escompte qui est appliqué. Cette pratique permet à la région africaine de bénéficier des tarifs qui sont inférieurs à ceux pratiqués en Europe et aux États-Unis.”</B>

● <B>Le piratage des produits Microsoft n’est-il pas la conséquence des prix jugés trop élevés pratiqués par la compagnie dans ces marchés ?</B>

Nous faisons beaucoup d’efforts pour proposer des prix plus abordables aux marchés émergeants. Dans des cas, il y a des tarifs qui sont extrêmement bas, parfois même à 10 % du prix de logiciel standard.

En reconnaissant les problématiques qu’il faut, on fait l’effort qu’il faut pour s’assurer que nos clients et nos partenaires peuvent accéder aux produits et services quel que soit le pays où ils se trouvent.

Vous évoquez la cherté des produits. Mais il faut voir la valeur que peut apporter un produit. Microsoft investit $ 6 milliards (Rs 180 milliards) dans la recherche et le développement tous les ans pour faire en sorte que ses produits soient les plus appropriés du marché. Cela a un coût et influe inévitablement sur la stratégie de prix. Cette stratégie est en fonction du type de segment, tel le domaine de l’éducation, et du type de marché dans lequel nous évoluons.

Quelles sont les principales initiatives philanthropiques de Microsoft en Afrique ?</B>

Nous avons engagé de nombreux programmes sur le continent pour démontrer que Microsoft joue pleinement son rôle dans le domaine de la réduction de la fracture numérique. Nous avons mis en place le programme Africa Pathfinder qui a été lancé en Namibie. Nous col-laborons avec le ministère de l’éducation nationale afin de faciliter l’introduction des nouvelles technologies dans l’enseignement.

Le programme Africa Pathfinder réunit les entreprises du secteur privé, les organisations non gouvernementales (ONG) et des gouvernements qui souhaitent obtenir des ordinateurs à des coûts réduits. Nous travaillons avec eux pour mettre en place des centres de reconditionnement pour que ces ordinateurs soient remis à neuf et réintroduits dans le monde de l’éducation avec du contenu. Nous accompagnons cette initiative avec la formation des enseignants et le développement des sites Web pour qu’il puisse y avoir des échanges entre les enseignants.

Nous avons formé plusieurs milliers d’enseignants à ce jour dans une quinzaine de pays africains à travers une autre initiative, en occurrence, Partners in Learning. Nous pouvons former quelque 10 000 enseignants dans les trois prochaines années. à travers ce programme, nous allons pouvoir toucher près d’un million d’étudiants.

Il y a aussi le travail que nous faisons de manière régulière dans différents domaines avec les ONG notamment dans les camps de réfugiés. Nous mettons en place des systèmes qui permettent de reconnecter ces réfugiés à la société.

Nous travaillons aussi avec le Programme des Nations unies pour le développement des populations par rapport au programme Southern Africa Capacity Initiative dont le but est de développer des capacités pour faire face au problème phénoménal du sida dans la région.

Nous travaillons aussi avec le New Economic Partnership for Africa’s Development dans le cadre du projet School Net.

● <B>Des groupes de pressions vous accusent de vous servir de ces actions philanthropiques pour “emprisonner” des populations entières dans les technologies Microsoft…</B>

Notre volonté est principalement de participer à la réduction de la fracture numérique. Mais nous demeurons une entreprise privée. Nous ne sommes pas une organisation à but non lucrative. De ce point de vue, il est clair que notre intérêt est de développer nos marchés.

Mais nous pensons que nous pouvons réaliser cet objectif tout en contribuant à la réduction de la fracture numérique. J’invite ces groupes de pression et nos concurrents à faire la même chose, c’est-à-dire de partager des solutions et d’offrir la formation.

C’est dommage de ne voir qu’un intérêt économique dans notre démarche qui, aujourd’hui, peut offrir de nouvelles opportunités dans nos pays.

<I>Propos recueillis par</I>

<B>Akilesh ROOPUN</B>

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