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“La dette publique pourrait devenir insupportable”

25 mai 2005, 00:00

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Le déficit budgétaire persistant ne finit pas d’inquiéter. L’Organisation de coopération et développement économique (OCDE) tire la sonnette d’alarme. Dans son rapport annuel sur la situation économique récente et l’évolution des pays africains lancé mardi au Nigeria, elle énumère les effets néfastes de cette situation à long terme.

Réalisé conjointement avec la Banque africaine de développement, le rapport consacre 11 pages sur Maurice, l’un des 29 pays figurant dans cette étude. Au chapitre de notre politique budgétaire et monétaire, les auteurs notent que l’aggravation du déficit budgétaire explique “le lourd ratio de la dette publique sur le produit intérieur brut (PIB), qui ressortait à plus de 70 % en 2003-2004”.

Et d’ajouter : “Ce problème s’est amplifié par les difficultés financières de certaines entreprises publiques et par la nécessité de financer les pensions de retraite à venir en prévision du vieillissement de la population. Sans ajustement budgétaire conséquent, la dette publique pourrait devenir insupportable.”

Le déficit, comme il est souligné dans le rapport, est passé de 3,8 % du PIB en 1999-2000 à 6,2 % en 2002-2003, avec un repli attendu l’année suivante. L’objectif de contenir le déficit à 4,7 % pour l’année financière en cours ne sera pas atteint, selon ce rapport, en dépit des mesures fiscales. Selon l’Ocde-BAFD, le déficit s’établira à 5,1% en raison “de l’insuffisance des recettes et de l’augmentation des dépenses dans l’éducation et d’autres secteurs sociaux”.

La privatisation serait un des moyens pour alléger le fardeau budgétaire. Selon l’Ocde-Badf, le pays est doté d’un secteur privé “dynamique”. De fait, l’Etat aurait dû enclencher un “vaste mouvement de privatisation” d’une partie du secteur public, qui aurait pour objectif d’améliorer l’efficacité et la qualité.

L’autre souci actuel reste le taux élevé de chômage, précise les rédacteurs du rapport, passant d’un taux de 3 % en 1990 à 10,6 % en juin 2004. Les pertes d’emplois sont tributaires, selon le rapport, de la suppression de l’accès préférentiel aux marchés traditionnels, couplée aux “rigidités du marché du travail et des compétences”. Le vieillissement de la population figurent parmi les autres difficultés à redresser.

A ces lacunes s’ajoutent les restrictions pour le redéploiement des effectifs, la fixation des salaires et les licenciements.“Une plus grande souplesse aurait permis des négociations au niveau des entreprises et la prise en compte des conditions particulières à chacune d’elles”, est-il dit dans le rapport de 600 pages. L’Etat, cependant, s’est engagé dans une réforme massive de son système éducatif pour que les compétences requises soient en phase avec l’évolution de l’économie.

Les défis à surmonter au cours des années à venir sont triples : l’évolution prévue des accords commerciaux préférentiels relatifs au sucre et au textile, le déséquilibre dans le secteur bâtiment-travaux publics, des transports et des services financiers, et la zone franche qui a continué d’enregistrer une croissance négative, en raison des coûts de production élevés et de l’intensification de la concurrence étrangère.

Le rapport met quand même en exergue le bon parcours économique de Maurice depuis l’Indépendance, avec un taux de croissance de 5 % en moyenne, de même que la diversification de secteurs, avec la mise en place de deux nouveaux piliers que sont les technologies de l’information et des communications et les services financiers.

“Fait remarquable, l’épargne nationale, efficacement relayée par un système bancaire sain, a presque entièrement financé le développement de l’île, l’investissement direct étranger ne jouant pour sa part qu’un rôle mineur.” De par les temps qui courent, ce sont justement de ces capitaux dont le pays a grand besoin…

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