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Élections : l’UE veut une commission indépendante

22 juin 2006, 00:00

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L’Union européenne (UE) prend le gouvernement aux mots. Elle a émis son souhait de voir une commission électorale indépendante pour organiser les prochains scrutins. Jusqu’ici, le gouvernement campe sur sa position pour le maintien du statu quo en faisant valoir les aménagements déjà apportés.

L’UE a officialisé sa position à Mahazoarivo mardi. Son projet d’aide pour les élections “s’inscrit dans le contexte d’une nouvelle évolution du Conseil national électoral (CNE). Le statut de ce dernier doit tendre vers celui d’une véritable Commission électorale indépendante, dotée par les autorités des moyens humains et matériels indispensables pour mener à bien sa mission”, si l’on se réfère à son communiqué.

La position de l’UE, annoncée lors du dialogue politique entre elle et le gouvernement à Mahazoarivo mardi, risque de relancer le débat sur l’organe censé organiser les élections. L’UE ne se montre pas catégorique pour un organe “indépendant”. Mais elle n’a pas non plus caché son souhait de voir une “évolution” dans la situation actuelle. Jusqu’ici, les élections ont été organisées par le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur et de la Réforme administrative.

La position de l’UE correspond, à peu près, à ce que devrait être celle de l’Union africaine (UA). Le projet de Charte relative à la démocratie, aux élections et à la gouvernance, élaboré par les ministres de l’UA à Brazzaville est clair. Celui-ci, sous-réserve d’adoption, prévoit une organisation des élections par des “organes nationaux indépendants et impartiaux”.

La déclaration de l’UE confirme le “grand intérêt que porte la communauté internationale aux élections”, selon le président allemand Horst Köhler, lors de sa visite au mois d’avril. Mais l’exigence formulée par l’instance européenne coupe la poire en deux, pour le gouvernement et l’opposition.

Il reste à savoir si l’UE et le gouvernement arriveront à accorder leur violon. La question est de savoir si les “efforts” du gouvernement répondent à la position du premier. L’octroi d’une somme de trois millions d’euros pourrait militer en faveur d’un accord entre les deux parties. Dans le cas contraire, la situation risque de devenir préoccupante dans les semaines à venir si celle-ci n’évolue pas.

Situation bloquée</B>

Jusqu’ici, les différentes déclarations des autorités corroborent l’hypothèse d’une inflexibilité du pouvoir sur la question, sauf revirement de situation. Razoarimihaja Solofonantenaina, président du Tim, a éludé la question relative à la commission indépendante. Le président de l’Assemblée nationale s’est contenté de rappeler que “la situation actuelle est bien meilleure que celle d’auparavant. Les mesures annoncées par l’UE ont déjà été réalisées”.

Le premier ministre Jacques Sylla n’a jamais cessé de rappeler les aménagements apportés au niveau du CNE, cela en diapason avec le chef de l’État qui promet une élection “modèle”.

Le chef du gouvernement a évoqué les “moyens financiers, matériels et humains” pour l’organe d’observation des élections. Théodore Randrezason, président du CNE a tenté de rassurer l’opinion sur l’indépendance de l’organe qu’il dirige il y a quelques semaines à Anosy.

Il n’a pas jamais caché son pessimisme face à l’éventualité d’une commission électorale indépendante en prenant l’exemple malien.

La position de l’UE constitue également du pain béni pour l’opposition. “Cela traduit la crainte de la communauté internationale, quant à l’issue des élections organisées par le gouvernement, le 3 décembre, a indiqué le sénateur Adolphe Ramasy. La situation est bloquée et les bailleurs de fonds n’osent plus décaisser de fonds”.

Le parlementaire de Moramanga juge pourtant la demande insuffisante. “La commission électorale indépendante répond au critère d’une élection transparente. Il reste à régler les questions relatives à un scrutin démocratique et libre”, a souligné le secrétaire général du groupe Arema au Sénat pour donner une bouffée d’oxygène aux revendications de l’opposition qui donne l’impression de piétiner.

<I>L’express de Madagascar</I>

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