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À Mare-Chicose, l?enfer est quotidien
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À Mare-Chicose, l?enfer est quotidien
Un vent du sud-est souffle sur le village de Mare-Chicose en ce mercredi après-midi. Les coupeurs de cannes des champs peuvent se permettre de travailler en toute tranquillité sans être incommodés par les désagréables émanations qui se dégagent généralement du dépotoir. « Nous sommes des habitants de Grand-Bel-Air à Mahébourg à plusieurs kilomètres d?ici et figurez-vous qu?avec des vents défavorables, surtout vers les quatre heures du matin, cette odeur putride parvient jusqu?à nous. Je vous laisse imaginer ce que doivent endurer les habitants de ce village », témoigne l?un d?entre eux. Balkrishna Goorcharan, président des forces vives de Mare-Chicose nous explique la situation : «Depuis 1997, nous sommes devenus des prisonniers dans notre propre maison. Pas question d?ouvrir les fenêtres à cause de l?odeur et de la poussière. Les camions qui se rendent au dépotoir, passent par le village et ajoutent à notre désespoir. Tenez, jetez un coup d??il à cette rivière (le ruisseau Tranquille) et faites-moi signe si vous y trouvez le moindre petit poisson ou camaron. Les produits chimiques les ont tous tués. La rivière est morte depuis longtemps », lance-t-il désabusé.
Comme quelques membres des forces vives de la localité détiennent des cartes d?accès au dépotoir, ils s?y rendent souvent pour des visites surprises mais au dernier contrôle, ils ont eu le choc de leur vie : « Nous avions découvert que plus de 4 000 m2 de détritus n?étaient pas recouverts comme cela devait être le cas ! C?est ce genre de négligence qui nous empoisonne la vie. » Au ministère de l?Environnement, c?est pourtant un autre son de cloches. « Il faut être honnête. La situation s?est bien améliorée depuis les doléances des habitants. Les ordures sont recouvertes chaque jour avec de la terre ou avec du plastique par temps de pluie. Nous mesurons les émissions de gaz et nous avons des réunions avec les forces vives. La police de l?Environnement a même verbalisé une quarantaine de camions qui laissaient tomber des déchets en traversant le village. De plus, cette unité policière effectue des rondes fréquentes sur le site et nous pouvons vous assurer que les choses sont sous contrôle », rassure Ananda Rajoo. Balkrishna Goorcharan insiste sur le fait que l?odeur est toujours là. Son ami Deonanarain Khoosee, président du village de Mare-Chicose acquiesce. Et dire qu?on leur avait promis que le site serait fermé d?ici 2005. Mais lors de notre visite, nous avons constaté que des travaux d?agrandissement du site sont actuellement en cours. Balkrishna Goorcharan n?est pas dupe. « ça fait longtemps que nous avons cessé de croire que nos ennuis allaient se terminer en 2005 ! » Pour soulager leur misère, les habitants réclament une compensation. Ils seront fixés sur leur sort vers la fin du mois de décembre après une rencontre avec le premier ministre.
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