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À la recherche de la force perdue

15 octobre 2005, 20:00

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Le MMM parviendra-t-il à remonter la pente après deux défaites électorales en moins de trois mois ? Une partie de la réponse sera sans doute donnée, jeudi, avec l?expiration du délai pour le dépôt de candidatures concernant le renouvellement du comité central.

À la lumière de la liste arrêtée au 20 octobre, l?assemblée des délégués sera appelée le 6 novembre à désigner les vingt membres choisis par l?ensemble des sections du pays. Ceux dont les noms n?auraient pas été retenus lors de ce premier volet seront de facto éligibles à un mandat au niveau de leurs régions respectives.

Il appartiendra ensuite au leader de désigner une douzaine d?autres membres pour compléter le comité central. Cette instance, une fois constituée, élira le bureau politique. Le dernier renouvellement remonte à environ quatre ans. Autrefois, de telles élections avaient lieu tous les deux ans.

Un apparatchik explique que le prolongement du mandat du bureau sortant provient du fait que le parti était engagé dans deux élections, la partielle de décembre 2003 à Piton-Rivière-du-Rempart et celle de juillet dernier.

Se départir de l?électoralisme

L?élection du premier contingent de 20 membres, qui sera connue le premier dimanche de novembre, donnera à ne pas douter une première indication de ce que sera la direction du MMM dont la tâche principale sera de remettre, tant soit peu, ce parti sur les rails.

Parmi la base, l?heure est actuellement « à la grogne et à l?impatience de repartir au combat », confie un jeune loup. Cet ancien député, qui préfère rester anonyme pour « éviter d?influencer » les militants à la veille de la reconstitution des instances dirigeantes, soutient que le parti a nécessairement besoin de faire son aggiornamento pour se remettre d?aplomb. « L?opinion partou, c?est ki bisoin ène sanzement drastique. C?est le moment où jamais. »

Notre homme, qui a représenté une circonscription rurale mais qui n?a pas été réélu, estime que « le parti devra surtout se départir de certains critères électoralistes et faire confiance à ceux qui ont le tempérament pour descendre sur le terrain, encadrer les militants, susciter l?adhésion des jeunes et se mettre davantage à l?écoute du milieu ouvrier. »Il nous apprend qu?un groupe se concerte déjà « sur les nouvelles pistes à creuser », mais refuse de donner d?indication sur l?identité de ceux qui y participent.

Un autre membre du comité central, dont c?est le troisième mandat de député, confirme qu?une équipe réfléchit sur la nécessité d?un rajeunissement. « Il nous faut privilégier ceux qui sont prêts à tire cravate et arrête faire politique dan salon. C?est ça ki militants pé rodé. »

Ce dernier est toutefois conscient que le MMM « ne peut se permettre le luxe de mettre tout son état-major au placard d?un coup ». Même s?il concède que « éna boucoup ki fine néglige terrain et ki fine même vinn arrogants », il préfère se fier « au bon jugement de la base et au bon sens de ceux qui ont fait leur temps ».

Un troisième, qui a été battu aux élections et qui a fait partie de la winning formula, se dit, lui aussi, disposé « à repartir au combat. Le parti a besoin de se réinventer. »

À entendre ce qui se dit à voix basse, tous semblent vouloir relooker ce parti qui vient de fêter ses 36 ans. Reste cependant à savoir si la fronde parviendra à faire changer de cap le MMM.

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