Publicité

À la petite semaine

4 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Aline Groëme</B>

Plus qu?un bon plan du week-end, c?est jusqu?au 10 septembre que le patrimoine tend les bras aux citoyens. Ses protecteurs tous désignés. Répondront-ils présents à cet appel du pied du ministère du Tourisme et des Loisirs qui souhaite ?sensibiliser le grand public à la nécessité de préserver le patrimoine?.

Avant de discuter chiffre (nombre des visiteurs, qui ils sont, lieux les plus visités, ceux qui non pas attirés), regardons de plus près l?offre d?un ministère qui souhaite désormais faire promotion de forfaits touristiques assortis d?un supplément d?âme : la culture et l?histoire de Maurice. Remarquons incidemment que c?est le ministère du Tourisme et pas celui des Arts et de la Culture qui se mêle de mettre en avant notre histoire commune retracée à travers plusieurs endroits.

Parmi : des lieux de culte, dont la pagode Kwantee, le Sockalingum-Meenatchee Amen Kovil à la rue Nicolay à Port-Louis, la Jummah Mosque, ouverte exceptionnellement mercredi ou encore la cure de la cathédrale St Louis, là où vécut le Père Laval. Particularité mauricienne ? Mais une chose est sûre, pour nombre de nos concitoyens, la distinction entre culture et religion n?est pas visible à l??il nu. Le sacré au quotidien fait partie de leur ?culture?.

Toujours est-il que l?esprit d?ouverture ne peut qu?être bénéfique pour saisir les enjeux du présent, si ce n?est ceux du passé. Le recueillement universel a ceci de particulier : qu?il inspire le respect. Ôter ses chaussures pour entrer dans la mosquée, faire silence dans les murs d?une cathédrale ou offrir des fruits en offrande, peuvent être des points de départ pour respecter et pérenniser les pierres.

La Semaine du patrimoine propose également de faire le tour des musées, publics et privés. Prendre le temps de regarder (à nouveau) la collection de papillons (certes exposée en plein soleil) du musée d?histoire naturelle de Port-Louis. Combien de bureaucrates toujours pressés, s?offrent ce petit temps de respiration durant leur semaine surchargée ? Pour une fois voir Port-Louis autrement que comme un chaudron aux trottoirs brûlants, grouillants de gens et encombré de marchands ambulants.

Si la comparaison entre les infrastructures du publique et du privé peut jouer en défaveur des organisateurs, il est important de souligner que des lieux ordinairement payants (et même assez chers) sont mis à la portée du plus grand nombre en cette Semaine du patrimoine. L?événement donne également accès à des lieux officiels tels la Clarisse House, l?hôtel du gouvernement ou encore le Château du Réduit.

En somme, cette semaine vient mettre en avant un patrimoine longtemps négligé, bafoué. Rénové parfois mal, si ce n?est pas tout simplement bétonné, sans égard pour les vieilles pierres, le matériau d?origine cédant la place à la pseudo modernité. Mais n?est-ce pas là le sommet d?un iceberg ? Celui qui cache tous ces lieux pas encore prêts à supporter les feux de l?actualité, parce qu?encore en piteux état. Nous pensons bien évidemment au théâtre du Plaza, et la saga de sa rénovation, pas encore commencée deux après la fermeture du théâtre.

Toujours est-il que la machine semble en marche cette fois. Un processus ? nous l?espérons irréversible ? enclenché par la ?victoire? remportée en Lituanie : celle de l?Aapravasi Ghat désormais inscrit sur la liste du patrimoine mondial. L?événement nous a aidés à transcender les clivages identitaires. A nous rendre compte que nous avons la classe mondiale. Pourvu que cela dure.

Publicité