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«Week-End» condamné à payer Rs 500 000

5 mars 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le juge Paul Lam Shang Leen le concède volontiers : la liberté d?expression prévaudra toujours dans le pays, à condition toutefois que le message véhiculé soit clair. Et tel n?a pas été le cas, estime-t-il, dans un article publié le 25 janvier 1998 par l?hebdomadaire Week-End, intitulé Contrôle de change sud-africain outrepassé. Celui-ci aurait, selon lui, été préjudiciable à Couldip Basanta Lala et à l?International Financial Services (IFS) Ltd. Week-end a donc été condamné à leur verser des dommages de Rs 200 000 et Rs 300 000 respectivement pour diffamation.

Couldip Basanta Lala, ancien bursar de l?université de Maurice, ex-président de la Stock Exchange Commission (SEC) et directeur de l?IFS, avait réclamé la somme de Rs 10 millions et l?IFS celle de Rs 100 millions à la direction de cet hebdomadaire, l?article étant, affirment-ils, diffamatoire. Basanta Lalla estime qu?il s?agissait d?une tentative de faire croire qu?en tant que directeur de l?IFS, il avait été impliqué dans une affaire concernant deux compagnies sud-africaines sur lesquelles «an enquiry is being made for breaches of the exchange control law» de l?Afrique du Sud. Il aurait, selon l?article, piloté ou recommandé le listing de la compagnie Lazard Birla dont il était un agent, à la suite d?une demande faite par celle-ci à la SEC. L?article en question constitue une attaque à sa réputation et à son honneur, poursuit-il.

Les propos tenus dans l?article ont, affirment les plaignants, porté atteinte à leur réputation dans le secteur financier au niveau local et international. Le témoignage contenu dans le dossier démontre qu?au moment où Basanta Lala était le président de la Stock Exchange of Mauritius, il n?avait pas assisté à la réunion pour examiner les recommandations du listing committee, présidé par une tierce personne, concernant la demande de la compagnie Lazard Birla à la SEC.

Basanta Lala a aussi expliqué sa démission à la SEC. Mais l?auteur de l?article incriminé a insinué que le plaignant a démissionné parce qu?il avait été découvert qu?il avait piloté le listing de la compagnie sud-africaine.

Pour le juge, la presse a le devoir, avant de publier un article qui pourrait s?avérer nuisible à certains, de vérifier ses informations et de s?assurer de la fiabilité de ses sources et de l?information. Dans le cas de Basanta Lala et de l?IFS, dit-il, cela n?a pas été fait et il n?est pas suffisant pour l?auteur de l?article de procurer des «stereotyped blanket formula» pour étayer ses dires.

«That was indeed a fabulation of the author for there was never any investigation held and no conclusion reached which had compelled or caused the resignation of the plantiff», écrit le juge. La mauvaise foi de l?auteur de l?article, poursuit-il, a été établie «in not reporting accurately what had taken place». Il fait donc ressortir, dans son verdict, qu?il n?y a pas de doute que la réputation d?un homme d?un tel calibre a été ternie par les allégations fausses et dénuées de tout fondement de l?hebdomadaire Week-End.

Le juge rappelle que la réputation d?un individu ou d?une institution peut être facilement souillée d?un coup de plume et la responsabilité du journaliste est plus grande car ses écrits atteignent une large partie de la population. La presse, conclut-il, a un rôle important à jouer dans une société démocratique mais doit s?assurer du bien-fondé de ses informations. Elle doit certes agir comme un chien de garde et dénoncer la conduite «indécente» des figures publiques, mais doit le faire de manière responsable et censurer, par exemple, les reporters dont les articles ne reflètent pas exactement les faits.

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