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«Une grève générale n?est pas exclue»

23 février 2007, 20:00

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La manifestation de jeudi contre la suppression des subsides de 50 % pour les frais d?examens du SC et du HSC, a-t-elle atteint son objectif ?

Certainement, vu le grand nombre d?étudiants et de parents présents. Outre le fait que les étudiants venaient des quatre coins de l?île et qu?ils étaient issus de collèges d?Etat, privés et confessionnels, nous avons vu des gens de toutes les communautés et cela démontre que la question des subsides est d?envergure nationale. Les détracteurs voulaient en faire une question communale, mais c?était l?arc-en-ciel mauricien qui était présent.

Vous attendiez-vous à cette affluence ?

La veille, nous pensions que nous allions réunir environ 2 000 personnes, tenant compte de la campagne d?intimidation dans certains collèges et du mauvais temps, mais ce nombre a été très largement dépassé (NdlR : 5 000 selon l?express, 7 000 selon les organisateurs). Nous nous attendions surtout à voir des jeunes des collèges autour de Port-Louis, mais bon nombre venait de bien plus loin. Il est également à noter que filles et garçons étaient présents, sans distinction, et ont revendiqué d?une voix commune.

Qu?est-ce qui a été démontré ?

Plusieurs choses : que notre message a été entendu et que parents et étudiants s?insurgent contre la suppression des subsides de 50 % que l?Etat accordait pour les frais d?examens du SC et du HSC. Cette manifestation nous sert également de leçon. Nous pensions que les enfants n?étaient pas intéressés par les causes et la politique, mais ils nous ont prouvé le contraire. Ils sont conscients des problèmes et je crois que quelque part, ils sont venus exprimer le mécontentement de leurs parents. Ils vivent au quotidien les tracas auxquels leurs parents font face et cela leur tape sur les nerfs. Et c?est également ce qu?ils sont venus exprimer, ce ras-le-bol.

On a donc dépassé la seule question des subventions?

Je le crois, oui. Nous assistons à une révolte contre la façon de faire du gouvernement.

Et maintenant, quelle est la suite ?

Beaucoup de personnes font référence à mai 1975, mais nous ferons tout pour ne pas arriver à ça. Certains ont conservé un souvenir traumatisant de cet événement et nous ne voulons pas que cela se reproduise. Or, si le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, persiste, par ses déclarations, à provoquer et à insulter la classe estudiantine et les parents, je ne peux rien prévoir. Le 12 mars, la plate-forme nationale organisera une nouvelle manifestation, mais nous n?excluons pas que les étudiants décident de faire un sit-in devant l?Hôtel du gouvernement ou au quartier général du ministère de l?Education à Phoenix. Si le ministre maintient sa décision, je n?exclus pas non plus une grève générale des enseignants et des élèves avant le 12 mars. Ce serait une première à Maurice.

Votre exigence de retourner à l?ancienne formule de subventions est-elle intransigeante ?

Nous souhaitons que le gouvernement accorde un moratoire sur les 50 % pour cette année, tout en ne remettant pas en cause la subvention intégrale des frais d?examens pour les familles ayant un revenu mensuel combiné maximum de Rs 7 500. Le gouvernement peut faire cet effort. Il faut une formule acceptable pour tout le monde.

La plate-forme nationale n?est-elle pas en train de donner une tournure politique à cette question de subventions ?

Mais quel sujet qui n?est pas politique ? Toute décision est prise par des politiciens. La plate-forme nationale appartient à tout le monde. D?ailleurs, à plusieurs reprises, nous avons demandé au leader du Parti mauricien social-démocrate, Maurice Allet, et au député travailliste Suren Dayal, de se joindre à nous. Jeudi, aucun politicien n?a pris la parole. Les décisions sont prises collectivement par les membres de la plate-forme qui comprend de nombreuses organisations citoyennes, des centrales syndicales et des politiciens. Personne n?est venu imposer quoi que ce soit.

Craignez-vous des représailles envers les étudiants qui ont participé à la manifestation ?

Je ne crois pas, ni ne souhaite, que nous en arrivons là. Les étudiants ont prouvé qu?ils forment un bloc. Si l?un des leurs est victimisé, c?est tout le bloc qui agira. D?ailleurs, il n?y a aucune raison pour des représailles, puisque la manif a eu lieu après les heures de classe et ils n?ont donc pas fait l?école buissonnière. Après l?école, ils sont libres de faire ce qu?ils veulent de leur temps libre. Je crois également que nous avons assisté à un exercice démocratique et je dois avouer que j?ai été surpris.

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