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«Si Maurice ne se presse pas, nous risquons de perdre les Chagos»

11 avril 2008, 00:00

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Le gouvernement doit s?activer maintenant. Au cas contraire, Maurice risque de perdre les Chagos. Me Hervé Lassémillante, avocat du Comité social des Chagossiens, est clair à ce sujet. Il s?exprimait lors d?une conférence de presse en compagnie du leader du CSC, Fernand Mandarin, et de plusieurs autres Chagossiens. Le but : attirer l?attention des autorités et de l?opinion publique sur «le piège anglais». Olivier Bancoult a aussi été accusé de faire le jeu des Anglais.

Le House of Lords (HOL), une émanation du Parlement britannique, a récemment émis la proposition de repeuplement des îles Chagos en présentant un rapport et en proposant même une somme de £25 millions pour financer ce projet. Cette proposition a été suivie d?une campagne de lobby «let them return» pour mettre la pression sur le gouvernement britannique afin que le projet soit accéléré.

Cela a fait suite à une rencontre d?Olivier Bancoult avec un comité parlementaire britannique, au cours de laquelle il a affirmé que, selon lui, la plupart des Chagossiens auraient préféré être Britanniques plutôt que Mauriciens.

<B>«Il ne pense pas du tout à Maurice»</B>

Selon Hervé Lassémillante, le gouvernement mauricien devrait d?ores et déjà faire pression sur le gouvernement anglais pour que débutent les négociations entre Navin Ramgoolam et Gordon Brown. Dans un document officiel datant d?avant l?indépendance, les Anglais affirment qu?ils retourneront les îles Chagos à Maurice quand ils n?en auront plus besoin.

Or, souligne-t-il, «si le HOL propose de repeupler les îles Chagos, c?est qu?ils n?en ont plus besoin. A part Diego Garcia, qu?ils utilisent comme base militaire, il y a 64 autres îles qui appartiennent à Maurice et il n?y a aucune raison pour que les Britanniques ne nous les retournent pas».

Car, prévient l?avocat, si les autorités mauriciennes tardent, le Parlement britannique peut décider d?aller de l?avant avec le repeuplement et une fois les 1 000 Chagossiens de Bancoult installés, «les Anglais ne nous retourneront pas les îles sans consultation avec les Chagossiens. D?ailleurs, ils prévoient un référendum dans leur livre blanc». Selon l?avocat, le fait que les Anglais investissent autant d?argent dans des îles qu?ils ont l?intention de retourner à Maurice n?a pas de sens. «La question se pose donc : quel est l?enjeu ?» Les membres du Comité social des Chagossiens protestent, en outre, contre le fait qu?Olivier Bancoult se présente en Grande-Bretagne comme «le représentant élu des Chagossiens à Maurice».

C?est un «mensonge», dit Me Lassémillante, qui dénonce le fait que Bancoult n?est pas représentatif de tous les Chagossiens. «Sa ligne de pensée est anglaise, ses considérations sont anglaises. Il ne pense pas du tout à Maurice. D?ailleurs, il se présente comme un sujet britannique qui se dit orphelin et en exil. Tout cela est faux. Olivier Bancoult n?est pas en exil à Maurice puisqu?il est Mauricien.» Il ajoute qu?au cas où Bancoult et ses amis obtiennent le droit de retour aux Chagos et y vont, le groupe de Fernand Mandarin ne les suivra pas. «Ils ne vont pas retourner aux Chagos en tant que petits colonisés. Chagos appartient à Maurice et les Chagossiens sont Mauriciens.»

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