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«Mahima?s Story» : une brèche ouverte pour les jeunes auteurs

24 mars 2008, 00:00

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Mahima?s Story, c?est l?histoire d?une jeune fille de 13 ans qui, à la suite d?un accident, perd sa mère. Lorsqu?elle trouve le journal intime de cette dernière, elle y découvre un sombre secret qui va bouleverser sa vie à tout jamais. Le récit se déroule à Maurice. L?auteur, Nikhita Obeegadoo, tout comme son héroïne, a tout juste 13 ans. Mahima?s Story est son premier roman, même si elle n?en est pas à son premier essai d?écriture. Alors qu?à l?âge de six ans, la plupart des enfants en sont encore au stade où ils apprennent à écrire leur prénom et leurs premiers mots, Nikhita, elle, s?essaie à l?écriture de petites histoires.

«Les mots sont devenus phrases et les phrases paragraphes», raconte Nikhita qui, au final, fini par noircir des pages entières de ses écrits. C?est d?ailleurs ainsi que son premier article sera publié dans le magazine de son école d?alors, la Clavis Primary School, alors qu?elle n?a que six ans. «Elle y parlait des bienfaits des gâteaux et du fait que l?on pouvait mourir si l?on n?en mangeait pas», s?est souvenu, le plus sérieusement du monde, Nicolas Hamer, principal de la Clavis International Baccalauréat Primary School, lors du lancement du livre, samedi, au siège du British Council, à Rose-Hill.

Si ses parents, Steve et Karuna, l?ont toujours encouragée à lire et écrire, les deux allant de pair, c?est à la Clavis Primary School que Nikhita apprend l?écriture créative (creative writing). L?écriture créative y est partie intégrante de l?apprentissage de la langue tant anglaise que française. Nicolas Hamer explique : «Ce n?est pas tout d?apprendre la grammaire, la ponctuation et l?orthographe isolément. Il faut également mettre les choses en contexte.» L?apprentissage de la langue va donc au-delà de l?apprentissage de la grammaire, de la ponctuation et de l?orthographe. Les jeunes sont encouragés à parler de leur vie, de ce qui les touche et fait leur quotidien. Cela va de leur animal de compagnie ou nouveau sofa?

Clare Williams, professeur d?anglais au British Council développe : «L?écriture créative, c?est permettre à l?enfant d?aborder un thème, quel qu?il soit, sous un angle différent. Pour ce faire, il faut le stimuler.» Nicolas Hamer ajoute : «Vous ne pouvez pas demander à un enfant de parler d?une forêt alors qu?il se trouve dans une salle de classe dénudée et attendre de lui des merveilles. Il faut faire entrer dans la salle de classe des objets qui pourraient stimuler son imagination.» Que le jeune puisse mettre ses cinq sens en exergue. Qu?il voie les arbres de la forêt, qu?il entende ses bruits, sente ses odeurs, touche et goûte à ce qui l?entoure.

La créativité

«A Maurice, le ministère de l?Education tend à encourager plutôt la lecture. Il ne faut pas oublier que la lecture et l?écriture sont les deux faces d?une même pièce», explique Simon Ingram-Hill, directeur du British Council.

Samedi, un atelier d?écriture créative organisé par le British Council a précédé le lancement du livre. Cet organisme compte renouveler bientôt l?expérience, vue l?engouement qu?elle a suscité. Toutefois, Simon Ingram-Hill a voulu préciser que «même l?écriture créative ne doit pas être sous-estimée, peu importe les structures mises en place, au bout du compte, l?écriture créative, les jeunes l?ont en eux». La créativité ne s?exprime pas uniquement à travers l?écriture d?un poème, d?une pièce de théâtre ou d?un roman. Une simple carte de v?ux est également considérée comme de l?écriture créative.

Sans vouloir minimiser cette «remarquable réalisation» qu?est Mahima?s Story de Nikhita, Nicolas Hamer dit qu?«aujourd?hui (NdlR : samedi), le lancement du livre de Nikhita est une exception mais chaque jeune a le potentiel d?en faire autant et devrait le faire». Qu?un livre écrit par un(e) adolescent(e) ne devrait plus être une exception mais une chose courante. «Si j?ai pu le faire, d?autres le peuvent également», soutient Nikhita.

L?approche pédagogique

Pour peu qu?ils reçoivent l?encadrement nécessaire. «Le curriculum établi la structure du programme scolaire. Il n?y a pas de raison pour que la créativité en soit exclue», soutient Simon Ingram-Hill. Nikhita Obeegadoo abonde en ce sens. Selon la jeune fille, l?implication des professeurs ainsi que leur approche pédagogique fait toute la différence. «S?ils suivent à la lettre le manuel scolaire, il n?y aura pas de place pour la créativité. Mais qu?un prof prenne cinq à dix minutes à la fin de la classe pour laisser les élèves s?exprimer, cela peut tout changer», dit la collégienne en Form III au collège d?Etat de Forest-Side.

Alors, avis aux jeunes: gardez toujours un calepin à portée de main. Si, d?aventure, vous deviez constater quelque chose d?intéressant, de drôle ou qui provoque une réflexion dans votre vie de tous les jours, vous pourriez coucher ces idées sur le papier. «Cela pourrait déboucher un jour sur un premier roman», souligne Nicolas Hamer.

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