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«L?acquisition de la SEAB est une extension naturelle de nos activités»

16 janvier 2008, 00:00

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● <B>Qu?est-ce qui vous a poussé à acheter la SEAB ?</B>

D?emblée, je voudrais dire qu?il faut bien situer les choses, avec tout ce qui se passe dans l?environnement du secteur des services financiers qui, comme vous le savez, a changé considérablement ces dernières années. En effet, il y a une forte volonté dans le monde des régulateurs à Maurice pour que les sociétés de leasing (crédit-bail) soient converties en banque.

Cela aura pour résultat que l?organisme régulateur du secteur du leasing serait alors la banque centrale et non plus la Financial Services Commission. Par conséquent, la BAI a pris les devants, et a, en toute logique, fait une demande pour un permis bancaire auprès de la Banque centrale, qui lui a été accordé.

Depuis, nous avons travaillé avec deux cabinets d?experts internationaux, spécialistes en haute finance et banques, pour la définition d?un plan stratégique dans le but de créer une banque. Notre offre pour les actions de la SEAB découle d?une des stratégies dégagées et a donc été faite dans un contexte bien précis.

Il faut souligner que la BAI est déjà très bien implantée dans le secteur des services financiers à travers l?assurance, le crédit-bail, le transfert d?argent, la gestion des fonds d?investissement, le courtage d?assurances, etc. Ainsi, l?acquisition de la SEAB sera une extension naturelle de nos activités. Elle s?insère dans notre stratégie à compléter la panoplie de services que nous offrons dans ce secteur, y compris la finance islamique.

Toutefois, il y a certaines procédures d?usage à être respectées dans le cadre des transactions de cette nature. Dans ce sens, nous avons déjà entamé un exercice d?audit financier et juridique de la SEAB, qui se déroule bien. Conformément à la loi, certaines autorisations doivent être préalablement obtenues des instances régulatrices avant que l?acquisition ne puisse être concrétisée.

● <B>Quels sont vos objectifs pour la SEAB ?</B>

La SEAB est implantée à Maurice depuis 1989 et compte six agences et divers guichets automatiques à travers le pays. Cette banque a un excellent potentiel de croissance, que ce soit à Maurice ou dans la région. Notre objectif pour la banque est simple : complémenter l?expertise de l?équipe de la SEAB et celle de la BAI pour booster sa croissance, tout en consolidant le service clientèle et le professionnalisme, dans l?intérêt de tous les stakeholders.

N?oubliez pas que nous sommes déjà présents dans le secteur bancaire, ailleurs. Nous sommes convaincus que la synergie de notre expertise et de notre vaste réseau international nous permettra, très rapidement, d?avoir une opération importante tant au niveau local que régional. Et ce, d?autant plus que nous sommes actionnaires dans d?autres institutions financières de la région.

Il faut aussi souligner que la SEAB a démarré ? avec succès ?, il y a à peu près un an, une Global Business Unit (GBU) dans le secteur offshore. Cette GBU connaîtra, sans doute, une forte progression à l?avenir, profitant des accords bilatéraux que jouit l?île Maurice avec d?autres juridictions.

● <B>Quels sont les projets de la BAI dans le secteur bancaire ?</B>

Nous n?excluons pas un partenariat stratégique avec une banque étrangère. Nous sommes déjà en pourparlers avec plusieurs banques bien établies dans la région, que ce soit sur le continent africain, le Golfe et même l?Asie.

Il faut souligner que la BAI est, depuis plusieurs années, présente dans le secteur bancaire au Kenya, avec un actionnariat important dans l?Equity Bank à travers sa subsidiaire, BAI Kenya. Je voudrais faire ressortir que l?Equity Bank est une des plus importantes banques kenyanes. Elle a connu une croissance fulgurante ces dernières années, saluée par le monde des affaires internationales. Son Chief Executive Officer a été récompensé récemment par le World Economic Forum pour le travail accompli dans la microfinance.

Nous avons également ouvert un bureau de représentation de Bramer Asset Management à Dubayy, l?année dernière.

A Maurice, nous voulons consolider nos activités financières non-bancaires en une banque solide. Par ailleurs, la BAI est également intéressée à introduire le concept de banque islamique dans le système bancaire mauricien.

● <B>Y a-t-il de la place pour 19 banques à Maurice ?</B>

Bien sûr, et même plus. L?île Maurice se positionne aujourd?hui pour devenir un Financial Services Hub. Mais si les activités financières sont déjà assez importantes aujourd?hui, il est évident que ce secteur devrait connaître un vrai boom dans un proche avenir. Maurice n?est plus une île dans le contexte de la mondialisation. Même si notre marché sera de moins en moins protégé face à la concurrence venant de l?étranger, nous pourrons, en revanche, cibler d?avantage et conquérir d?autres marchés, au-delà de nos horizons.

Propos recueillis par <B>S.S.</B>

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