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«Il faudra innover et apporter plus de substance à l?offshore»

16 janvier 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

● <B> Il y a de nouvelles agitations autour du traité de non-double imposition fiscale entre l?Inde et Maurice. Quelles pourraient être les implications sur le secteur du «Global Business» ?</B>

Le traité va rester mais son contenu pourrait changer. Compte tenu des relations entre nos deux pays, je ne pense pas que le traité sera moins attrayant que celui entre l?Inde et Singapour. Dans le pire des cas, nous aurons le même traitement que les investissements qui proviennent de Singapour.

L?inconvénient avec le traité singapourien est la limitation of benefits. L?accord prévoit des conditions plutôt contraignantes pour se qualifier comme résident de cet Etat. Une société enregistrée dans cette juridiction doit pouvoir offrir un certain niveau de substance et doit encourir des dépenses d?au moins 200 000 dollars singapouriens en une année.

Il y a, d?autre part, certains attraits clés tels que l?absence d?impôt sur la plus-value (capital gains) comme c?est le cas avec le Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA) Inde-Maurice.

● <B>Dans quelle mesure un amendement dans ce sens nuira-t-il au secteur offshore ? </B>

Les investisseurs vont continuer à utiliser la juridiction mauricienne pour investir en Inde. Toutefois, le test concernant le statut de résident deviendra plus sévère.

S?agissant des critères touchant aux dépenses, je crois qu?il faudra tenir compte du niveau de vie à Maurice par rapport à Singapour. Le montant requis devrait être inférieur à l?équivalent de 200 000 dollars singapouriens stipulé selon les termes du DTAA Inde-Singapour.

Il nous faudra jouer sur la qualité de service pour faire face à la concurrence. Les investisseurs vont continuer à utiliser l?offshore mauricien si nous leur offrons une prestation de niveau international. Il faudra innover et apporter plus de valeur ajoutée à l?offshore.

Nous devrons offrir une qualité de service comparable à celle de Singapour. Les autorités doivent également s?éveiller aux nouvelles réalités. Il faut des règles plus conviviales et flexibles pour pouvoir attirer les investisseurs.

A Singapour, la réglementation peut être amendée en deux jours pour répondre à une nouvelle opportunité ou une nouvelle menace. Nous n?avons pas encore cette agilité à Maurice. Il y a encore beaucoup de lenteur bureaucratique.

● <B>Il sera alors plus difficile d?attirer les clients vers la juridiction mauricienne?</B>

Les clients existants vont rester. Toute la question est de savoir comment faire venir de nouveaux investisseurs dans l?éventualité d?un amendement au traité fiscal avec l?Inde.

Il nous faudra mettre en avant l?image du pays comme une plate-forme de services offshore. Maurice s?est déjà bâti une expertise dans l?investissement vers l?Inde. C?est un atout qu?il incombe de bien exploiter à notre avantage.

● <B>Faut-il délaisser les traités de non double imposition et explorer d?autres créneaux dans l?offshore ?</B>

Je ne pense pas qu?il faille abandonner la stratégie de développement basée sur les traités. Les investisseurs préfèrent travailler sous des traités car ceux-ci apportent une certaine stabilité et une certaine clarté dans les affaires.

Certes, il faut diversifier. On ne peut pas compter sur un seul marché. Mais il faut savoir que le traité avec l?Inde a permis au Global Business de se faire un nom sur la scène internationale. Chez nous à IFS, nous administrons des fonds qui investissent en Afrique et en Chine. Ces investisseurs sont venus vers nous parce qu?ils savent que nous avons bâti une compétence en travaillant sur le marché indien.

Il faut développer l?expertise. Le gouvernement doit encourager la formation dans le secteur financier. C?est la qualité du service qui va faire la différence. C?est comme pour le textile. Nous n?avons pas arrêté de produire des vêtements parce qu?il y a eu la concurrence du Vietnam et du Sri Lanka. L?industrie mauricienne a misé sur la qualité et la valeur ajoutée pour maintenir ses parts de marché.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN</B>

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