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« Une victoire de l?Alliance sociale sera celle de l?unité nationale »
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« Une victoire de l?Alliance sociale sera celle de l?unité nationale »
Comment se passe la campagne électorale de l?Alliance sociale ?
Nous avons présenté nos 60 candidats mardi dernier. Cela marque une étape déterminante dans le déroulement de la campagne. Maintenant que les différentes équipes sont en place dans les circonscriptions, notre travail est enclenché avec les activités sur le terrain. Nous aurons notre premier grand rassemblement à Triolet lundi prochain, soit le jour du dépôt des candidatures. Nous abordons la dernière phase de la campagne avec beaucoup de confiance. La situation évolue positivement pour l?Alliance sociale.
Votre liste de candidats a été rendue publique un peu tard. Cela ne risque-t-il pas de nuire au bon déroulement des opérations ?
Nous n?avons accusé aucun retard. Nous avions déjà affirmé publiquement que nous allons finaliser la liste de nos candidats après que l?Alliance gouvernementale aura présenté la sienne. Cela pour une question de tactique. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une bataille électorale. Il nous faut ajuster notre stratégie en fonction des man?uvres de nos adversaires.
Il était toutefois important de savoir quels sont les candidats alignés par l?équipe adverse. Nous avons eu le cas Dev Hurnam. Il s?agit là d?un cas unique dans les annales de l?histoire politique du pays. Voilà un Premier ministre qui vient proposer une personne qui attend une décision d?un tribunal comme postulant à la députation. Le MSM, bien qu?évoquant le professionnalisme de ses candidats, n?a fait que renforcer la dynastie Jugnauth.
La liste des candidats de l?Alliance sociale a aussi provoqué des grognes. Commentle leadership gère-t-il ces mécontentements ?
Le leader de l?alliance avait déjà bien indiqué que la formulation de la liste est un exercice difficile et assez compliqué. Nous sommes dans une alliance où le PTr a cinq alliés. Déjà au sein du PTr, nous avons beaucoup de membres valables et très méritants. Mais il fallait tenir compte de certains critères telle une meilleure représentativité des femmes et aussi faire de la place aux nouveaux. Nous avons aussi voulu que notre équipe représente la diaspora mauricienne.
Il y a eu des cas de mécontentements çà et là parmi des camarades qui n?ont pas eu d?investiture et aussi parmi quelques autres qui ont fait l?objet de transfert de circonscription. Nous nous attendions du reste à ces expressions d?insatisfaction isolées. La situation retourne à la normale.
« La roupie a beaucoup perdu de son pouvoir d?achat. Les Mauriciens sont aujourd?hui plus pauvres qu?en septembre 2000. »
Il y a le cas de Jean-François Chaumière. Un président de parti mécontent, ça risque de faire mal durant une campagne électorale?
Nous avons voulu d?un élément robuste au n° 15 où il y a trois ministres sortants. Jean-François Chaumière a le profil nécessaire pour cette tâche. Son apport sera déterminant.
Pourquoi voter l?Alliance sociale ?
Parce que le gouvernement actuel n?a pas tenu ses promesses. Il y a eu beaucoup de choses qui ont été promises. Mais il n?y a eu pratiquement rien en termes de performance. La gestion de l?économie a été catastrophique. L?investissement est en baisse. Les différents secteurs de l?économie sont essoufflés avec des répercussions graves sur l?emploi.
Par ailleurs, il y a un manque de prévision concernant le sucre et un manque de vision autour des technologies de l?information et des communications. La montée de la fraude et la corruption est à ajouter à cette longue liste d?échecs.
En même temps, il y a eu une augmentation constante des prix. L?inflation est devenue un problème majeur. La roupie a beaucoup perdu de son pouvoir d?achat. Les Mauriciens sont aujourd?hui plus pauvres qu?en septembre 2000.
Le pays a aussi connu beaucoup de problèmes de société sous ce gouvernement. Il y a eu une montée de violence, une recrudescence du fléau de la drogue et le problème de VIH-sida qui a explosé dans les prisons. Il y a un climat d?insécurité au sein de la population.
Notre diplomatie économique a été un échec. Nous en avons eu la démonstration le 1er mai à Vacoas lorsque le Premier ministre s?est attaqué à un pays ami (la France) et à l?Union européenne lors d?un rassemblement politique public. Cela parce que Jayen Cuttaree n?a pas été élu à l?Organisation mondiale du commerce.
Le gouvernement impute une grande partie des problèmes économiques aux conditions internationales?
Je n?oublie certes pas que nous évoluons dans un contexte de mondialisation. Mais il faut se demander comment d?autres pays qui subissent les mêmes conditions internationales parviennent à réaliser des progrès. Eux, ils ont des gouvernements compétents qui ont une vision et qui servent l?intérêt de la population.
Par contre, le programme de ce gouvernement est axé sur le partage de pouvoir entre le Premier ministre et son adjoint. Leur nouveau programme confirme leur démarche. Ils sont davantage concernés par celui qui sera Premier ministre, celui qui sera vice-Premier ministre ou encore celui qui succédera au chef du gouvernement après deux ans et demi. Bref, c?est un programme d?ambition personnelle de politiciens qui ne sont plus connectés avec la réalité du pays.
« Il y a un abus éhonté de l?appareil d?État à des fins électorales et partisanes. Cela peut se vérifier tous les jours à la télévision. »
Quand comptez-vous rendre public votre programme électoral complet ?
Le gouvernement et une section des médias nous accusent systématiquement de faire de la critique uniquement. Tel n?est pas le cas. Certes, nous critiquons l?action du gouvernement. Nous avons aussi plusieurs propositions que nous appliquerons une fois installés au pouvoir.
Le Policy Forum du PTr a travaillé pendant des mois sur le programme gouvernemental. Nous sommes en train d?y apporter les dernières retouches. Jeudi dernier, nous avons invité nos différents partenaires à soumettre leurs propositions finales. Nous allons boucler le travail dans deux semaines.
Vous adoptez une politique d?ouverture envers les partisans adverses. Constatez-vous un glissement vers l?Alliance sociale ?
Effectivement, il y a beaucoup de partisans MSM-MMM qui se tournent vers nous. J?ai passé de longues années au sein du MMM. Je peux vous dire qu?il est très difficile de faire un militant changer de parti. Il y a beaucoup de militants qui m?ont contacté. Certains ont même intégré les Constituency Labour Party de chaque circonscription.
Nous constatons la même chose du côté du MSM. J?ai animé une réunion à Triolet, jeudi, et à laquelle assistaient plusieurs ex-activistes de ce parti. C?est un phénomène que nous sommes en train de constater à travers tout le pays. Les gens sont en train de quitter le MSM-MMM en grand nombre pour nous rejoindre.
Il y a cette impression que le PTr veut faire le plein des sièges dans les circonscriptions rurales parce qu?il estime qu?il ne pourra pas réaliser un bon score dans les villes?
Tel n?est pas le cas. Nous avons une stratégie nationale. Nous ne négligeons pas les villes au profit des villages. Nous voulons que la victoire de l?alliance sociale soit celle de l?unité nationale. Tous les Mauriciens devront se sentir partie prenante de notre victoire.
Quelle est votre impression sur la stratégie de campagne de vos adversaires ?
Il y a un abus éhonté de l?appareil d?État à des fins électorales et partisanes. Cela peut se vérifier tous les jours à la télévision. Dans ma circonscription (Flacq ? Bon-Accueil), mes adversaires, en l?occurrence Sangeet Fowdar et Prem Koonjoo utilisent des rencontres officielles pour passer des messages politiques. Ils ont recours à ces moyens parce qu?ils n?arrivent pas à obtenir des réunions chez les gens des différentes localités de la circonscription.
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