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« Nous sommes les esclaves des autorités »

24 septembre 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Quelles solutions préconisez-vous pour le problème de congestion routière dans la capitale ? </B>

Les solutions, il y en a beaucoup, mais l?argent fait défaut. Il faut construire et être très imaginatif. On tergiverse trop au niveau de la prise de décision, alors qu?on aurait dû pouvoir trancher. Mais Maurice est malheureusement trop procédurale. Les embouteillages à Port- Louis ont existé, existent et existeront. Ce qu?il faut c?est une bonne planification, les moyens financiers et de la célérité. Nous devons impérativement construire de nouvelles infrastructures routières. Mais où trouver les moyens ? Une solution serait d?utiliser la mer pour effectuer de petits trajets.

<B>Les véhicules utilisés pour le service intra-urbain sont souvent inadaptés aux rues de la capitale?</B>

Pour ce qui est du service intra-urbain, il nous faudrait des véhicules adaptés. Pour moi, les rickshaws indiens sont une solution pour faciliter la circulation. Si nous n?étions pas esclaves des autorités, nous aurions pu entreprendre de nombreux projets. De plus, nous tolérons à tous les niveaux l?illégalité de certaines activités. Le système est grippé par l?ingérence politique dans l?administration locale.

<B>Et les marchands ambulants vous en font voir de toutes les couleurs?</B>

Ils étaient là lorsque nous sommes arrivés. Mais il ne faut blâmer personne pour cela. Ils sont partout et donnent, il faut bien le dire, une touche folklorique à la capitale. Mais en même temps, ils gênent considérablement le public. Ce problème ne sera jamais résolu mais on va pouvoir peut-être le gérer. Même Jésus a dû chasser les marchands du temple. Nous essayons de créer de l?espace et nous allons ainsi étendre le Ruisseau du Pouce jusqu?à la rue Labourdonnais. Puis, il faudra régulariser la situation, de ces marchands ambulants et, ce faisant, on connaîtra leur nombre exact. Une fois qu?une rue sera libérée, aucun marchand ne pourra y exercer.

<B>Quand retrouveront-ils le Ruisseau du Pouce ?</B>

Ce sera chose faite d?ici vendredi (NdlR : le 22 septembre). Le nombre de places est limité à 240. 150 échoppes sont déjà réservées par les marchands de la rue Farquhar et en plus, il y en a une centaine qui en a fait la demande. Outre les articles habituels, on trouvera aussi des produits artisanaux. Des étals seront réservés aux handicapés, aux artistes, aux dessinateurs et aux fleuristes. Là, j?espère que ce sera suffisant pour qu?ils reprennent leur place.

<B>La Rue Desforges foisonne aussi de vendeurs de nourriture illégaux?</B>

Il y a deux solutions à ce problème. Le comité de Santé présidé par le Dr Mamade Kodabaccus préconise de convertir la rue Arsenal en une Food Street le soir. Pour le moment, il n?y a pas plus de 15 marchands. Deuxièmement, le ministère du Logement et des terres et le ministère des Administrations régionales proposent à la municipalité de couvrir le Pont de Paris (situé après l?hôtel Pakistan) pour désengorger la rue Desforges. Cela va coûter environ Rs 10 millions.

<B>Que faire pour que les gens se sentent plus en sécurité dans la capitale ?</B>

Actuellement à Port-Louis, même les morts ne sont pas en sécurité ! C?est regrettable, mais c?est ainsi. La mairie dépense plus de Rs 600 000 avec des compagnies privées, tous les mois, pour assurer la sécurité de ses biens, alors qu?on aurait pu dépenser moins et avoir un meilleur service assuré par la municipalité elle-même. Dans toutes les villes du monde il existe une police municipale, sauf à Maurice, qui se veut pourtant moderne et sûre. Cela aurait aidé la police dans sa tâche.

<B>Il était question d?installer des caméras de surveillance. Où en êtes-vous avec ce projet ? </B>

Le bureau du Premier ministre a décidé de s?occuper de cet aspect de la sécurité lui-même. Ces vandal proof cameras, au coût de Rs 15 millions environ, seront installées dans des lieux stratégiques, avant la fin de l?année.

<B>Et quid de l?insalubrité qui règne à tous les coins de rue ? </B>

Nous avons un système de voirie qui, malgré tout ce qu?on dit, est très efficace. Au fait la ville n?est pas sale. Le ramassage d?ordures se fait régulièrement, mais ce sont les citadins qu?il faut responsabiliser. Quant à la Police de l?environnement elle fait des efforts. Mais il y a une absence de communication qui nous amène à ne pas synchroniser notre action, d?où les failles et autres grincements de dents.

<B>Quand allez-vous faire réparer les trottoirs défoncés ? </B>

C?est vrai qu?il y en a qui sont très anciens. Nous étudions la possibilité de les réparer, mais il va falloir procéder par étapes.

<B>Qu?en est-il des projets d?embellissement de la ville ? </B>

Port-Louis est une ville de rêve où il fait vraiment bon vivre. Mais rien n?est encore perdu parce que nous avons encore un riche patrimoine que nous voulons préserver. Je pars à Bucarest samedi (NdlR : hier) pour assister à une réunion de l?Association internationale des maires francophones (AIMF). J?apporte avec moi un dossier bien ficelé et je demanderai de l?aide de l?AIMF pour refaire le parcours culturel et le Musée de la photographie.

Déjà, l?AIMF nous envoie un expert pour voir comment refaire le théâtre de Port-Louis. Nous faisons revivre un passé avec la renaissance du cercle littéraire Rémy Ollier et la Maison du poète. En somme, nous investissons toute notre âme dans l?art et la culture.

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