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« L?indépendance pas à l?agenda »
Nicolas Von Mally, cette question s?impose d?emblée : qui est le patron au MR, Johnson Roussety ou vous ?
Le MR est fondé sur un principe collégial. Au départ, c?est-à-dire en novembre 1992, Alex Nancy, Christian Léopold et moi-même avons lancé le MR pour justement mettre fin au régime dictatorial qui était instauré dans l?île. Nous avons voulu faire la politique autrement, en partageant les responsabilités et le pouvoir.
Au MR, on entend davantage Johnson Roussety que vous?
Comme je siège comme député à l?Assemblée nationale, dans notre logique collégiale, le parti a décidé de nommer Johnson Roussety comme chef de file de l?équipe à Rodrigues en 1995. Puis, il est passé Minority Leader à l?Assemblée régionale, et quand on a pris le contrôle de l?Assemblée, c?est en toute logique qu?il a été nommé chef commissaire. Mais tout ce qu?il dit doit être avalisé par le parti? Mais vous affirmez que le MR n?a rien à voir avec toute campagne pour réclamer l?indépendance de Maurice, alors que Roussety est d?un avis contraire?
Effectivement, nous n?avons pas discuté de l?indépendance. Johnson Roussety a réagi sous le coup de la colère et en reprenant ce que réclame l?homme de la rue. Il a été impulsif et a parlé en son nom personnel. Mais il ne faut pas faire d?amalgame, Johnson Roussety, au nom du MR bien sûr, a toujours milité pour l?indépendance économique de Rodrigues. Quant à l?indépendance elle-même, ce n?est pas à l?agenda?
Pour quand alors ?
A ce stade, on n?en sait rien. Nous sommes proches de la population. Nous ne manions pas la langue de bois. Nous avons expliqué que nous sommes pour le paiement de la compensation aux pêcheurs ? c?était d?ailleurs notre promesse électorale - car nous estimons qu?on ne peut pas diviser Rodrigues, contrairement à Maurice, en quatre zones.
Quel est votre regard sur la crise ?
Au niveau du MR, nous estimons que c?est un problème de communication entre le gouvernement central et les élus locaux. Il y a également un gros flou autour de la loi. On n?est pas d?accord qu?on traite Rodrigues comme une municipalité ou un conseil de district. Nous avons nos propres spécificités que Maurice se doit de respecter au lieu de nous dicter sur n?importe quel petit item. Pourtant, les concepteurs de la loi de même que les dirigeants politiques avaient parlé d?un maximum d?autonomie pour Rodrigues, or dans la pratique, ce n?est pas vrai.
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