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« Le ministre ne semble pas mcomprendre l?ampleur du problème »

19 novembre 2006, 00:00

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<B>Il y a une recrudescence des vols d?objets métalliques en ce moment. Comment expliquez-vous cela ? </B>

Il existe, en ce moment, une compétition féroce des opérateurs illégaux. Ces gens sans permis et sans logistique se font livrer plusieurs camions de ferraille, souvent d?origine douteuse, par jour, et offrent le double du prix que nous, les opérateurs légaux, pouvons offrir. Une fois leurs conteneurs remplis, ces opérateurs en disposeront dans sept à dix jours. La police n?a aucune chance de retrouver les objets volés. C?est une incitation claire au vol. Nous sommes trois opérateurs légaux et nous nous regroupons en association la semaine prochaine pour voir quelle position nous allons adopter dans les jours à venir.

« Nous ne savons pas si nous allons survivre avec la tendance actuelle. »</I>

<B>Mais y a-t-il une demande qui puisse expliquer des cas tels que les vols de câbles électriques ou les couvercles de bouches d?égout ? </B>

Si les prix sont montés en flèche, c?est qu?il y a effectivement une demande. La plupart des pièces sont destinées à l?exportation vers l?Inde. Jusqu?à récemment, les trois opérateurs légaux réunis exportaient 15 000 à 20 000 tonnes de fer par an. Aujourd?hui, nous devons avoisiner les 4 000 tonnes. Il y a de moins en moins de fer, c?est pour cela que les gens ont recours au vol. Les opérateurs illégaux encouragent cela car ils arrivent à casser les prix, n?ayant pas à s?acquitter des frais qui existent dans le cadre légal. Ils achètent la tonne deux fois plus cher que nous aux gens qui collectent.

Et pourtant, pour pouvoir pratiquer dans le domaine, il faut qu?ils soient enregistrés auprès de l?Income Tax et ils doivent répondre à plusieurs spécificités, dont les normes sanitaires. Pour pouvoir passer les conteneurs à la douane, il faut forcément qu?ils soient en règle. Mais on ne sait pas comment ils réussissent à faire passer leurs conteneurs.

<B>Comment expliquer le manque de réaction des autorités ? </B>

Nous, c?est-à-dire les trois opérateurs, avons eu une réunion avec le ministre du Commerce la semaine dernière. Mais malgré les assurances, il n?y a pas eu de suite depuis. Ce que nous demandons, c?est que tout le monde soit au même niveau. Si on ne peut pas arrêter les opérateurs illégaux, on peut tout de même les régulariser de façon à ce que la compétition soit saine. Il y a assez de ferraille pour tout le monde à Maurice. Ce problème existe depuis deux ans, mais là nous en sommes au summum.

Le ministre ne semble pas comprendre l?ampleur du problème. Nous sommes sortis de la réunion, qui a duré une quinzaine de minutes, complètement estomaqués. Nous avons l?impression qu?il attend que le problème devienne ingérable avant de prendre nos griefs en compte. C?est un peu comme le problème des marchands ambulants. Bientôt, on les verra peut-être en train de manifester devant le Parlement avec leurs ferrailles volées.

<B>Comment voyez-vous l?avenir du secteur devant la menace des opérateurs illégaux ? </B>

Nous souffrons énormément en ce moment. Nous ne savons pas si nous allons survivre avec la tendance actuelle. Nous sommes prêts à résister, d?autant plus que nos investissements en matière d?équipement sont d?environ Rs 8 millions sur les trois dernières années. Là, nous attendons la livraison d?un nouvel appareil qui nous a coûté Rs 1,5 million.

Aujourd?hui, les trois opérateurs réunis emploient 400 personnes directement et indirectement. Nous ne pouvons pas faire marche arrière à ce stade. Mais si nous sommes forcés à mettre la clé sous le paillasson, c?est autant de gens qui vont perdre leur emploi.

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