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« Il faut se remettre en question »

11 février 2006, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Quelle est l?importance de ce type d?exercice pour les pays qui comptent beaucoup sur le tourisme pour se développer ? </B>

Je suis très content qu?un tel exercice soit organisé pour la première fois à Maurice. C?est pourquoi j?ai tenu à assister aux travaux. Cela permet une mobilisation des efforts. Le tourisme ce n?est pas seulement l?affaire des professionnels et de ceux qui vivent de cette activité. Il faut également que le gouvernement au plus haut niveau, mais des élus locaux et des organisations non gouvernementales se mobilisent pour ce secteur. Et je comprends que c?est la voie que vous avez choisie de suivre.

<B>Comment Maurice peut-elle proposer un meilleur produit touristique ? </B>

Le produit mauricien fonctionne bien, c?est une destination à succès. Mais il ne faut pas s?endormir sur ses lauriers. Nous sommes dans un monde qui change très vite, le secteur du tourisme lui-même se transforme très rapidement. Il subit des chocs très violents de toute nature. Des attentats, des désastres naturels ou des épidémies modifient profondément le comportement des consommateurs. Il faut donc anticiper ces chocs en veillant à la qualité du produit tout en restant flexible à ces changements. Mais il faut aussi se préoccuper davantage de la durabilité du produit. Si les choses marchent relativement bien maintenant cela ne veut pas nécessairement dire que l?avenir est assuré. Il faut se remettre en question.

<B>Beaucoup de destinations optent pour l?ouverture totale de l?accès aérien afin d?attirer les touristes. Est-ce une direction que Maurice doit prendre ? </B>

Une libéralisation et une dérégulation progressive et contrôlée du transport aérien ne peuvent qu?être bonnes pour le tourisme. Mais il ne faut pas le faire en traumatisant et en brisant ce qui existe. En Asie, par exemple, les dernières années ont été marquées par la multiplication des compagnies, des nouveaux vols et liaisons et des low costs. Ce sont les facteurs de l?expansion du tourisme en Asie. C?est d?ailleurs une des raisons qui ont permis à cette région de résister à un certain nombre de chocs comme les attentats ou le tsunami.

<B>Maurice vise des arrivées touristiques se chiffrant à un million et même davantage à l?avenir. Croyez-vous qu?une petite île peut se permettre de fixer des objectifs aussi ambitieux ? </B>

Il ne faut pas toujours penser à une croissance uniquement quantitative. Bien évidemment, il ne faut pas arrêter la croissance, mais il faut réfléchir à ses implications en termes de qualité et de durabilité. Sinon il va y avoir des phénomènes de saturation voire des effets négatifs qui se produiront.

<B>Avez-vous constaté de tels effets ailleurs ? </B>

L?Organisation mondiale du tourisme est basée en Espagne et le littoral de ce pays dans certaines zones a dépassé son niveau de saturation. Aux Canaries, on n?a plus le droit de construire le moindre hôtel. Aux Baléares, on a institué une taxe pour détruire des bâtiments existants périmés. Il vaut mieux anticiper ce genre de situation plutôt que de s?y trouver confronté.

<B>Propos recueillis par R. B. </B>

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