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« Considérer le regard de la femme peut profiter au progrès »

12 décembre 2004, 00:00

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<B>Le vendredi 10 décembre, la Journée mondiale des droits humains a été célébrée. Donnez-nous une définition de ces droits ? </B>

Je pense que ce sont les droits fondamentaux de toute personne, dans leur dimension universelle et indivisible.

Ils s?appliquent tels que définis par la Déclaration universelle des droits de l?homme. Il y a plusieurs types de droits traitant des libertés individuelles ou encore sur le plan politique, culturel, social, économique etc. La définition de chaque article de la déclaration universelle des droits de l?homme est très précise. Par exemple, l?article 1 stipule que tous les êtres humains sont nés libres et égaux dans la dignité et avec des droits. Ils ont une raison et une conscience, et doivent agir envers tout un chacun dans un esprit de fraternité. Un autre exemple est l?article 2 qui mentionne le droit aux libertés, sans aucune discrimination par rapport à la race, à la couleur de la peau, au sexe, à la langue, à la religion. L?article 5 indique, quant à lui, qu?aucun individu ne peut être soumis à la torture ou à un châtiment ou un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Il faut savoir qu?il existe une trentaine d?articles dans cette déclaration universelle. Selon la charte des Nations unies, trois principes doivent être mis en exergue : le maintien de la paix, le développement économique et social et les droits humains. Il faut qu?il y ait une corrélation entre ces trois fondements qui s?appuient les uns sur les autres.

<B>Quelle importance revêt cette Journée internationale ? </B>

La Déclaration universelle a été promulguée le 10 décembre 1948. Depuis, nous célébrons une Journée internationale des droits de l?homme. L?intérêt est d?attirer l?attention sur les droits humains, d?évaluer la situation actuelle et de voir aussi quelles activités ont été entreprises pour les promouvoir. À partir de cette Déclaration des droits de l?homme, il existe aussi des conventions qui ont été adoptées, comme par exem-ple, la Convention des droits des enfants ou encore celle qui vise à éliminer la discrimination à l?égard des femmes.

<B>Quelle est donc votre évaluation par rapport à la situation actuelle ? </B>

Je ne peux pas tirer de conclusions, mais je crois qu?il faut avant tout effectuer une auto-évaluation des règles qui gèrent la vie de toute personne. Les droits de l?homme constituent une série de règles de base pour une vie en commun avec tous les êtres humains. Les 30 articles de la déclaration universelle ont été élaborés dans un souci de montrer le respect d?autrui et de contribuer au bien commun.

<B>À partir de quand peut-on considérer qu?il y a violation ? </B>

On parle de violation quand on ne respecte pas, ou quand on agit contre les droits humains. Par exemple, si on s?en tient à l?article 5, un emprisonnement non requis ou excessif peut constituer une violation. Pour le respect de ce droit, un système légal clair, précis et effectif doit prévaloir au sein de la société et doit être une garantie de la liberté de chacun.

<B>Quels sont les recours si on estime que ses droits ont été lésés ? </B>

Dans le cas d?une violation du droit d?un enfant, l?Ombudsperson for Children est habilitée à mener une enquête et à trouver des moyens de protéger l?enfant en question. Pour ce qui est des adultes, il faut s?appuyer sur les lois qui existent déjà, celles touchant à la diffamation par exemple. On peut aussi consulter la Commission nationale des droits de l?homme pour être guidé et conseillé. Il y a une convention promulguée en 1979 pour éliminer la discrimination à l?égard de la femme. Ce protocole a été ratifié par Maurice en 2001, et permet de porter plainte directement au bureau des Nations unies. Ces principes devraient être intégrés dans nos lois nationales. Les deux institutions créées ? le bureau de l?Ombudsperson for Children et la Commission nationale des droits de l?homme ? sont très importantes. Elles sont comme des chiens de garde et peuvent enquêter à partir des plaintes des citoyens.

<B>Vendredi dernier, vous avez présidé un forum avec pour thème : « Pressing for a greater commitment to women?s rights ». Les femmes sont-elles toujours victimes de discrimination à ce jour ? </B>

Ce forum est l? aboutissement des sei-ze jours d?activités qui ont démarré depuis le 25 novembre, date de la Journée mondiale pour l?élimination de la violence à l?égard des femmes. Je constate qu?un grand pourcentage d?enfants et de femmes en sont d?ailleurs toujours victimes. Nous avons organisé des activités touchant à différents aspects des droits humains de la femme ? l?impact du VIH, la violence, la prévention, etc. Nous avons choisi ce thème pour susciter la discussion et pour élargir les connaissances. Dans l?esprit de beaucoup de personnes, le terme « droits humains » se limite aux droits individuels et politiques, mais on a tendance à oublier les autres et à exercer la discrimination en toute impunité. Nous voulons surtout toucher plus de femmes, dans différents secteurs, notamment le textile. La société est en pleine évolution. On peut commencer à étudier les différentes questions entourant la femme ; par exemple, quelle est sa participation dans la politique ? À Maurice, on remarque que la proportion est faible, alors qu?il s?agit d?un pays développé. On doit se demander pourquoi. En effet, les femmes et les filles ont plus d?accès à l?éducation et à une égalité des chances par rapport au sexe opposé. En Suède, par exemple, il y a 50 % d?hommes et 50 % de femmes au Cabinet. L?homme et la femme sont différents, mais ils se complètent. Je crois que considérer le regard de la femme profitera au progrès. Dans la société mauricienne, il y a plusieurs communautés. Je pense que ces éléments doivent êtres unificateurs.

<B>La Journée internationale favorise une plus grande éducation aux droits humains. Comment mieux sensibiliser les Mauriciens ?</B>

Il est primordial d?intégrer une connaissance approfondie des droits humains dans l?éducation. Par exemple, on pourrait introduire ces notions auprès des jeunes enfants grâce à des cours de Civic Education dans les écoles primaires. Il faut que cela fasse partie de notre base éducative. Il existe aussi beaucoup de petites règles qui peuvent être mises en pratique au quotidien. Par exemple, je pense qu?il ne faut pas faire de discrimination dans une classe. Si un enfant est turbulent, il faut prendre le temps de lui expliquer quel est l?impact de ses actes sur les autres écoliers. Les institutions nationales comme la Commission des droits de l?homme jouent un rôle prépondérant dans l?éducation des droits humains. Il faut qu?on parle de ces droits et que l?on pousse à la réflexion. Je crois que la presse doit aussi ?uvrer à la sensibilisation de la population pour éliminer la discrimination, sans pour autant victimiser.

<B>Propos recueillis par Melhia Bissière</B>

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