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Santé

Arthrite et arthrose: deux maladies, des traitements adaptés

6 novembre 2025, 18:00

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Arthrite et arthrose: deux maladies, des traitements adaptés

Douleurs, raideurs, gonflements… Ces symptômes sont familiers à de nombreuses personnes, surtout avec l’âge. La Journée mondiale de l’arthrite, célébrée le 12 octobre, a rappelé l’importance de bien distinguer l’arthrite de l’arthrose. Le Dr Pravesh Panchoo, chirurgien orthopédique chez Life Medical Clinics, explique leurs différences et les traitements pour préserver la mobilité et la qualité de vie.

L’arthrite est avant tout une inflammation articulaire, souvent liée à une maladie systémique telle que la goutte, le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. L’arthrose, elle, résulte de la dégénérescence naturelle du cartilage avec l’âge, sans lien avec une inflammation. «Le genou et la hanche sont les plus touchés par l’arthrose, tandis que l’arthrite peut atteindre n’importe quelle articulation», précise le spécialiste. Dans les deux cas, c’est la couche protectrice de cartilage qui s’abîme, entraînant douleurs et perte de mobilité.

Les premiers signes doivent alerter : douleurs, craquements, raideur ou gonflement. Dans le cas de l’arthrite, la gêne est surtout matinale, alors que pour l’arthrose, elle apparaît plutôt en fin de journée, après l’effort. Ces symptômes, souvent négligés, peuvent évoluer vers une perte progressive de mobilité. «Une arthrose du genou ou de la hanche peut entraîner une boiterie, voire la nécessité d’utiliser une canne ou des béquilles», souligne le Dr Panchoo.

L’arthrose finit par concerner une grande partie de la population avec l’âge. L’obésité, les blessures répétées liées au sport ou encore un manque de musculature autour des articulations en augmentent le risque. Pour l’arthrite, les facteurs déclencheurs sont plutôt liés à la maladie systémique sous-jacente ou à des anté- cédents familiaux.

De la perte de poids à la chirurgie

La prise en charge dépend du degré d’évolution. Au départ, le traitement non chirurgical reste privilégié : perte de poids, physiothérapie, médicaments anti-inflammatoires, injections de cortisone, de plasma riche en plaquettes (PRP) ou d’acide hyaluronique, ou encore port d’attelles pour corriger les déformations.

Lorsque la douleur persiste malgré ces approches, la chirurgie devient une option. Elle consiste à remplacer partiellement ou totalement l’articulation touchée. «Dans les cas sévères, on procède à une prothèse du genou ou de la hanche. Grâce à la technologie, nous pouvons désormais proposer des prothèses custom made, fabriquées sur mesure pour chaque patient et même recourir à la chirurgie robotique pour une précision accrue», explique le chirurgien. Il rappelle qu’une première prothèse sur mesure du genou a récemment été posée à Maurice, marquant une avancée importante.

Les progrès médicaux offrent aussi de nouvelles perspectives. L’injection de concentrés de moelle osseuse, contenant des cellules souches capables de régénérer le cartilage, ouvre la voie à des traitements moins invasifs. «Les résultats des études sont prometteurs, même si le protocole n’est pas encore totalement défini», ajoute le Dr Panchoo.

S’il est difficile d’échapper complètement à l’arthrose, adopter une bonne hygiène de vie permet d’en ralentir la progression : activité physique régulière, maintien d’un poids santé et prudence face aux blessures articulaires. Pour l’arthrite, un diagnostic précoce de la maladie systémique à l’origine du problème reste essentiel.

Pour le Dr Panchoo, l’information joue un rôle clé : «La population est déjà très sensibilisée à ces affections, souvent par expérience personnelle ou grâce à Internet. Mais des journées de l’arthrite pourraient renforcer la compréhension et le dialogue entre patients et médecins.» Enfin, il tient à rassurer : «Même dans les formes avancées, des solutions existent. Le traitement, qu’il soit médical ou chirurgical, permet de soulager la douleur et d’améliorer la mobilité. Le stade terminal de l’arthrite ou de l’arthrose n’est pas synonyme de paralysie.»

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