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Chagos

Andy Burnham envisage un nouvel accord inspiré du Groenland

8 novembre 2026, 15:00

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Andy Burnham envisage un nouvel accord inspiré du Groenland

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, souhaite revoir l’accord sur les Chagos afin de répondre aux préoccupations des États-Unis.

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, souhaite revoir les termes de l’accord conclu entre Londres et Port-Louis sur la souveraineté de l’archipel. Face aux réticences de Washington, le chef du gouvernement britannique envisage désormais une nouvelle formule, qui pourrait s’inspirer de l’accord conclu entre les États-Unis et le Danemark concernant le Groenland.

Dans un entretien accordé à The Economist, Andy Burnham a exprimé sa volonté d’engager de nouvelles discussions avec les autorités américaines afin de trouver un compromis sur l’avenir de Diego Garcia, qui abrite une base militaire stratégique utilisée conjointement par les États-Unis et le Royaume-Uni. «Nous discutons avec nos amis américains pour voir comment nous pourrions remanier l’accord afin de mieux répondre à leurs préoccupations», a-t-il déclaré.

Cette prise de position intervient alors que l’accord initial, négocié sous l’ancien Premier ministre britannique sir Keir Starmer, demeure dans l’impasse. Ce texte prévoyait le transfert de souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice, tout en garantissant la poursuite des activités militaires à Diego Garcia. Mais l’opposition du président américain Donald Trump a considérablement compliqué sa mise en œuvre.

Pour sortir de cette impasse, Andy Burnham évoque désormais la possibilité de s’inspirer de l’accord conclu entre Washington et Copenhague sur le Groenland. Selon cet arrangement, le Groenland demeure sous souveraineté danoise, tandis que les États-Unis bénéficient de possibilités accrues pour développer leur présence militaire. L’accord prévoit également d’empêcher les adversaires de Washington d’y installer leurs propres bases.

Le Premier ministre britannique estime que certains éléments de cette formule pourraient servir de référence pour Diego Garcia. «Nous examinons l’accord sur le Groenland et, manifestement, une solution y a été trouvée. Peut-être pouvons-nous nous en inspirer pour parvenir à un arrangement concernant Diego Garcia», a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que les négociations demeurent difficiles.

Cette éventualité soulève toutefois des interrogations sur les conséquences d’une renégociation pour Maurice, notamment concernant les modalités du transfert de souveraineté initialement convenues. Le secrétaire britannique à la Défense, Wes Streeting, avait déjà confirmé la suspension des paiements destinés à Maurice, dans l’attente d’un compromis entre Londres et Washington. «Cet accord, dans sa forme actuelle, ne peut pas aller de l’avant sans le soutien américain», avait-il déclaré à la BBC. Il avait également insisté sur la nécessité d’obtenir une solution acceptable pour les trois gouvernements concernés.

Une première échéance en décembre

Ces déclarations interviennent quelques jours après une rencontre entre Navin Ramgoolam et Andy Burnham, en marge du sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth, organisé à Antigua-et-Barbuda du 1ᵉʳ au 4 novembre. Lors de cet entretien en tête-à-tête, en marge de la Leaders’ Retreat, les deux dirigeants ont fait le point sur l’évolution du dossier des Chagos.

Selon les informations communiquées par le bureau du Premier ministre, les discussions ont été franches et productives. Andy Burnham a réaffirmé son engagement à poursuivre les négociations avec Maurice et les États-Unis afin de garantir la continuité des opérations militaires à Diego Garcia, tout en préservant les intérêts de sécurité nationale des trois pays.

De son côté, Navin Ramgoolam a insisté sur l’urgence de parvenir à une avancée concrète. Il a notamment réclamé l’établissement d’une feuille de route claire, assortie d’une première échéance fixée à décembre 2026. Cette échéance prend désormais une importance particulière, alors que Londres envisage ouvertement de revoir les termes de l’accord initial.

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La justice britannique appelée à trancher sur le recours de deux Chagossiens

Le combat judiciaire autour de l’avenir des Chagos se poursuit à Londres. Deux Chagossiens, Louis Michel Mandarin et Louis Misley Mandarin, ont de nouveau porté leur contestation devant la Haute Cour britannique, le jeudi 5 novembre, afin d’obtenir l’autorisation de poursuivre leur procédure de judicial review contre la gestion de l’accord sur les Chagos par le gouvernement britannique.

Les deux requérants contestent notamment certains aspects du processus décisionnel ayant conduit à l’accord prévoyant le transfert de souveraineté de l’archipel à Maurice. Au cœur de leur démarche figure la question de la consultation des Chagossiens. Les plaignants soutiennent que leur communauté n’a pas été suffisamment consultée avant que des décisions concernant leur territoire ancestral ne soient prises.

En mars 2026, la Haute Cour avait initialement refusé d’autoriser leur recours. Toutefois, à la suite d’un appel, la Cour d’appel a ordonné un nouvel examen de cette décision. L’audience du 5 novembre devait ainsi déterminer si leur contestation pouvait faire l’objet d’un examen judiciaire approfondi. Elle ne portait ni sur une décision définitive concernant la souveraineté des Chagos ni sur la validité finale du traité. À l’issue de l’audience, les requérants ont indiqué que le juge devrait rendre sa décision dans un délai d’environ une semaine.

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