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Réactions politiques
Alliance du changement : Entre choc de cultures et fracture annoncée
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Réactions politiques
Alliance du changement : Entre choc de cultures et fracture annoncée
Pêle-mêle de réactions des observateurs politiques et des membres de l’opposition parlementaire et extraparlementaire après les récentes tensions entre le Parti travailliste (PTr) et le Mouvement militant mauricien (MMM) au sein de l’Alliance du changement, la menace de cassure et l’apaisement dans «l’intérêt supérieur du pays».
Roshi Bhadain, leader du Reform Party, explique qu’un an après l’alternance, la désillusion est réelle : La population réalise qu’elle a été trompée par de fausses promesses et des scandales incessants. La vie devient insoutenable pour beaucoup de Mauriciens qui en ont déjà assez. Aux quatre coins du pays, ils constatent que l’ancien régime comme l’actuel les ont trahis. On entend désormais partout : Ni Navin, ni Pravind». Il ajoute que les quatre familles qui contrôlent la politique depuis 57 ans doivent céder la place pour permettre aux Mauriciens de respirer un air nouveau, précisant que l’heure est venue pour le Reform Party de s’affirmer, pour bâtir une île Maurice plus prospère et plus équitable. Concernant l’avenir, il conclut : «Le Reform Party transformera le système pour ouvrir un nouvel avenir. On a besoin d’un vrai reset : un pays fondé sur des valeurs solides, des principes justes et des opportunités pour tous – jeunes, travailleurs et aînés.»
Patrick Belcourt, leader d’En Avant Moris explique que le peuple mérite mieux que le gouvernement actuel : «Ce que nous voyons ces derniers jours, c’est la vérité qui éclate au grand jour. Ils sont venus avec un programme fake, intenable.» Il déplore qu’il y ait dans le gouvernement très peu de personnes compétentes : «Bien sûr, il ne faut pas exagérer et dire que tout le monde est incompétent. Mais ce qui est bien triste – et grave – c’est que l’arrogance est en train de remplacer cette incompétence. De plus, lorsqu’on écoute certains ministres parler, cela fait peur. Nous gardons néanmoins espoir qu’ils se ressaisissent, parce qu’il y a beaucoup de jeunes dans ce gouvernement.» Patrick Belcourt aborde également l’influence des réseaux sociaux sur la scène politique : «Ils ont sous-estimé la force des réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous revoyons les discours d’Ehsan Juman, de Shakeel Mohamed et de Patrick Assirvaden, prononcés durant la campagne électorale. Ils avaient promis une chose à l’époque et font autre chose aujourd’hui.»
Joe Lesjongard, leader de l’opposition et président du Mouvement socialiste militant, explique que la récente annonce d’une cassure au sein de l’alliance gouvernementale a suscité de vives réactions dans le paysage politique : «L’histoire se répète, dans le sens où on ne peut pas avoir deux capitaines sur le même bateau.» Selon lui, ces divisions internes minent la cohésion du gouvernement et rappellent la période «on-off» des précédentes alliances, où les désaccords se succédaient au détriment de la stabilité politique. Concernant les engagements pris par le gouvernement, il déplore : «Ce qui est triste, c’est qu’en un an au pouvoir, ce gouvernement n’a pas respecté les engagements pris envers la population.» Joe Lesjongard pointe également le manque de suivi des promesses électorales, estimant que «le gouvernement a fait une série d’annonces dont on savait qu’elles ne seraient jamais mises en pratique». Selon lui, le pouvoir en place traverse aujourd’hui une phase critique : «Nous avons un gouvernement au bord de l’éclatement.»
Rama Valayden, avocat, explique que cette situation était prévisible et la commente à travers la fable du scorpion et de la grenouille : «Le scorpion promet à la grenouille que, si elle l’emmène de l’autre côté de la rivière, il ne la piquera pas. Sauf qu’à mi-chemin, le scorpion pique la grenouille. Lorsque cette dernière lui demande pourquoi il a fait cela après avoir promis le contraire, il répond qu’il n’a pu résister à sa nature.» Ajoutant que la récente déclaration du junior minister, Dhaneshwar Damry, ne fera qu’accentuer les problèmes entre les deux parties, il précise qu’aucune des demandes du MMM n’a été agréée : «Qu’il s’agisse des nominations, du commissaire de police, du commissaire des prisons ou de l’affaire Mamy, il n’y a eu aucune solution. Le problème reste entier. Et s’il reste entier, le différend reste entier également. Tôt ou tard, il y aura une cassure, comme en 1983 et en 1997.»
Selon nos informations, une guerre ouverte opposerait les anciens militants à la jeunesse du MMM, cette dernière faisant clairement comprendre qu’elle restera solidaire de Paul Bérenger en cas de cassure.
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