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Éducation

Akademi Kreol Repiblik Moris : Li dan som ek dan somey

26 octobre 2025, 14:30

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Akademi Kreol Repiblik Moris : Li dan som ek dan somey

Bien qu’incontournable dans l’organisation des cours ainsi que le développement du «kreol morisien» comme langue nationale, l’avenir de l’«Akademi Kreol Repiblik Moris» est pour l’heure flou.

Question sans réponse. Quel avenir pour l’Akademi Kreol Repiblik Moris (AKRM) ? Une institution-clé dans l’avancement de l’enseignement du kreol morisien (KM). Hier, samedi 25 octobre, au milieu de la joie de la remise de certificats au quatrième groupe d’étudiants ayant suivi le short course Lir ek Ekrir Kreol Morisien, les discours se sont teintés de gravité et d’incertitude. Car tant que le statut de l’AKRM restera flou, la pérennité des short courses de KM, à l’université de Maurice, est dans la balance. Mais plus largement, les étapes pour faire du KM une «langue nationale», selon le mandat de l’AKRM, sont à l’arrêt.

Prenant la parole pour féliciter les étudiants, le professeur Arnaud Carpooran, doyen de la faculté de sciences sociales de l’université de Maurice et président du Creole Speaking Union (CSU) a expliqué sans détours la situation actuelle. Elle résulte de la transition à l’arrivée du nouveau gouvernement qui a prêté serment il y a de cela 11 mois, le 22 novembre 2024. Avec le changement de régime, l’AKRM (dont la création avait été annoncée par le conseil des ministres, le 24 mai 2019), s’est retrouvée sans conseil d’administration. Comme c’est le cas pour une série d’autres entités publiques. Le président était jusque-là Om Varma. Arnaud Carpooran faisait partie des membres de l’AKRM.

L’absence de board s’est ressentie d’abord, au niveau des symboles. Il n’y avait pas de représentant officiel de l’AKRM – institution qui relève du ministère de l’Éducation - à la remise de certificats d’hier. La bannière d’AKRM n’était pas visible non plus, contrairement à celle du CSU, du Mauritius Institute of Education (MIE) et de la faculté des sciences sociales et humanités de l’université de Maurice (UoM).

Dans le concret, la question principale qui est posée c’est : est-ce que ces cours de KM pour adultes, à l’université de Maurice vont continuer ? «Le board de l’université de Maurice n’a pas été reconstitué, mais l’université continue de fonctionner. Pour l’AKRM, c’est pire. Sans board, elle est dans le flou. On ne sait pas si elle existe encore.»

Les cours Lir ek Ekrir Kreol Morisien à l’UoM avaient été initiés par l’AKRM, «parce qu’il y avait une demande sociale. Les élèves du primaire et du secondaire peuvent apprendre le KM mais ce n’était pas le cas pour les adultes». D’où l’initiative de proposer les short courses à partir de 2022, a souligné pour sa part Yannick Bosquet, l’une des chargées de cours qui anime ces cours. Des formations qui en quatre ans, ont accueilli «environ 150 participants à chaque fois ». Elle a souligné qu’il y a eu deux nouveautés cette année : le cours a été dispensé moitié en présentiel, moitié en ligne. Et une entreprise privée, la Mauritius Commercial Bank a réservé des séances dédiées à ses employés. «Cela illustre non-seulement l’entrée du KM dans toutes les sphères de la société mais aussi comment les Mauriciens s’approprient la langue.»

La contribution de l’AKRM n’est pas uniquement organisationnelle, elle est aussi financière. Car en subventionnant partiellement le cours Lir ek Ekrir Kreol Morisien, cela a permis d’offrir les différents modules à Rs 3000 aux étudiants. «Sans l’AKRM, le prix coûtant des cours aurait doublé voire triplé. Je ne suis pas sûr que les cours auraient eu le même succès», indique Arnaud Carpooran.

Les objectifs de l’AKRM sont de développer davantage l’orthographe, la grammaire, le lexique, l’usage et les normes du KM en tant que langue nationale standard. Il est aussi question de développer et promouvoir le KM comme «principal moyen, d’expression du patrimoine, de la culture et des traditions mauriciennes dans leur unité et leur diversité». D’autres buts sont aussi de commander et de publier des études linguistiques et descriptions du KM et de son usage, de ses variétés et registres, d’encourager la production littéraire, nonfictionnelle et scientifique, ainsi que la création dans les formats audiovisuels, électroniques et autres, tout en «conseillant le ministère de l’Éducation sur les questions liées au KM ». Nous avons posé la question sur le futur du KM au ministère de l’Éducation. Une source autorisée a pris note de la requête mais aucune réponse n’a été obtenue.

Le destin de l’AKRM reste une live issue d’autant plus que le mardi 28 octobre, c’est la journée internationale de la langue et la culture créole. Pour éviter le clash des emplois du temps avec la séance de l’Assemblée nationale du mardi, c’est le lendemain, mercredi 29 octobre que cette journée sera officiellement observée. Pour l’occasion, la CSU et la mairie de Beau-Bassin Rose-Hill proposent une journée d’activités. Le temps fort sera le lancement – pour le grand public cette fois-ci – du Rapor Lortograf Kreol Repiblik Moris.

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