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Plumes engagées

Ainsi va la vie

29 juin 2026, 09:30

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Ainsi va la vie

Oba Osanyin.

Des mots qui dénoncent, qui guérissent, qui résistent. Dans cette nouvelle édition, numéro 160, de ce lundi 29 juin, la rubrique «Plumes engagées» réunit des poètes mauriciens confirmés, et de nouvelles voix émergentes autour de textes forts sur l'amour, la résilience, la foi et la société mauricienne. Des plumes? déjà reconnues de la littérature mauricienne contemporaine côtoient des talents qui signent ici leurs premiers vers publiés, preuve que la poésie engagée à Maurice est vivante, diverse et sans compromis. ✍️ Lisez, partagez et laissez les mots faire ce qu'ils font de mieux : toucher là où ça compte.

Ainsi va la vie, me dis-je, assis sur cette rive

où le silence s’étire entre le ciel et l’eau.

Elle passe devant moi, lente, belle,

insaisissable, et je la suis du regard,

comme un enfant suit le fil tremblant

d’un cerf-volant.


Elle avance, la vie, avec sa robe d’ombre et

de lumière.

Elle promet des aurores, puis reprend

sans prévenir

les fleurs que le cœur croyait garder.


Et moi, debout dans ce grand théâtre

des jours, je tends les mains vers

ses promesses.

Je l’implore parfois, je la maudis aussi, mais

jamais je ne détourne le regard,

car l’homme demeure cet être fragile qui

cherche l’infini dans ce qui lui échappe.


Elle m’a offert des matins couleur d’or,

des nuits où les étoiles semblaient veiller

sur mes rêves,

mais aussi des heures profondes où

chaque pas pesait plus lourd

que l’espérance.

Et pourtant, ainsi va la vie.

Elle rit, elle pleure, elle nous brise un peu,

puis nous apprend à refleurir

sur les terres mêmes de nos blessures.


Elle me parle dans le vent, dans le chant

des oiseaux,

dans le cri des vagues contre la pierre.

Elle murmure : «Marche, même lorsque le

chemin brûle.

Aime, même lorsque l’amour te dépasse.»


Alors je marche encore, avec mes doutes,

mes douleurs, mes rêves.

Dans l’ombre de ses caprices, dans l’éclat

de ses saisons,

je découvre parfois une lumière qui ne

demande qu’à rester.


Ainsi va la vie, me dis-je, assis sur cette rive

où le silence s’éclaire.

Et dans la caresse d’un souffle nouveau, je

comprends :

elle est une aurore qui revient, même après

les nuits les plus longues,

un chant fragile porté par le vent,

une main invisible qui relève

les cœurs fatigués.


Et moi, sous le ciel immense, je souris

enfin à ce mystère :

vivre, c’est tomber parfois,

mais renaître toujours dans la lumière.

plumes

Bio

Oba Osanyin

De son vrai nom John Marianne, il est auteur et herboriste. Entre spiritualité, sensibilité et amour des lettres, il écrit pour donner forme à ce qui l’habite, avec sincérité, lumière et humanité.

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