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Éducation
À Rose-Hill, le collège Eden Girls face au recul inquiétant des inscriptions
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À Rose-Hill, le collège Eden Girls face au recul inquiétant des inscriptions
■ Discipline, rigueur et accompagnement personnalisé : des atouts que les collèges privés peinent aujourd’hui à faire reconnaître.
Le constat est sans appel et suscite de vives inquiétudes dans le secteur de l’enseignement privé. À l’approche de la rentrée 2026, plusieurs collèges peinent à remplir leurs classes, une situation qui menace directement leur survie. Au collège Eden Girls, établissement réputé de Rose-Hill, les chiffres parlent d’eux-mêmes : seules 63 élèves sont inscrites en Grade 7, loin de la centaine d’inscriptions qui faisait autrefois la réputation de cette institution réservée aux filles.
Pour la direction, cette baisse brutale n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un contexte national marqué par le recul de la population estudiantine et par un attrait grandissant pour les collèges d’État. «Nous espérons que les parents feront fi de cette tendance, et continueront à croire en une éducation approfondie, structurée et droite, comme celle que nous offrons», confie Imran Amiran, manager du collège Eden Girls, qui mise sur la rigueur et la discipline comme marques de fabrique de l’établissement.
Cette inquiétude est partagée par de nombreux responsables du privé. D’autant plus que, mardi dernier au Parlement, le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, a annoncé la fermeture prochaine de quatre institutions en janvier 2026, un signal d’alarme pour tout le secteur.
Pour Imran Amiran, la situation est le résultat d’une évolution structurelle. «Avec la baisse du nombre d’élèves, il y a tout simplement moins de jeunes pour fréquenter les collèges privés. Aujourd’hui, les parents privilégient les établissements situés près de leur domicile afin d’éviter de longs déplacements à leurs enfants», explique-t-il.
«On nous a tourné le dos»
Autre élément pointé du doigt : la politique d’orientation des élèves. «À une époque où il n’y avait pas autant de collèges d’État, le gouvernement nous envoyait des élèves pour soulager le système public et aider les parents. Mais au fil des années, avec la multiplication des collèges d’État, on nous a tourné le dos», regrette-t-il.
S’il reconnaît que certains collèges privés peuvent laisser à désirer, il insiste sur un point central : la discipline. «C’est un aspect que l’on ne retrouve pas suffisamment dans les collèges d’État.»
Selon lui, l’introduction de la mixité dans certaines académies a également eu un impact sur le niveau général. «Il y a un manque de discipline, ce qui explique que le ministre envisage aujourd’hui d’apporter des changements», avance-t-il.
Imran Amiran rappelle que l’éducation ne peut se limiter aux seuls boursiers ou aux élèves dits d’élite. «Dans des collèges comme le nôtre, nous apportons la réussite des élèves ordinaires. Elles passent leurs examens, obtiennent de bons emplois et se construisent un avenir solide. Les collèges privés investissent énormément pour accompagner chaque enfant», soutient-il.
Mais la réalité demeure préoccupante. Sur les élèves officiellement affectées au collège Eden Girls pour la rentrée 2026, le manager estime que seules 50 % se présenteront effectivement lors des inscriptions, les autres optant finalement pour un collège d’État capable de les accueillir. «C’est une menace directe pour les écoles privées. Nous avons beaucoup investi par le passé, mais la nouvelle génération ne semble plus mesurer cette valeur», déplore-t-il.
La rectrice du collège, Aarti Shiboo, partage ces préoccupations, tout en gardant espoir d’avoir le nombre requis de collégiennes. Forte de l’héritage de l’établissement, elle rappelle que le collège Eden affiche plus de 70 ans d’existence et disposait autrefois de plusieurs branches à travers l’île, du Nord au Sud, en passant par le centre et l’Ouest.
Elle souligne également que de nombreuses personnalités ont été formées dans ces établissements, parmi lesquelles Sheila Bappoo, ancienne élève et enseignante, ainsi que des figures connues comme James Burty David,Raouf Bhundhun ou encore Jooneed et Chaffick Jeerooburkhan.
Au-delà de l’histoire, la rectrice insiste sur les résultats et l’inclusion. «Nous accueillons même des élèves de l’Extended Programme qui débutent en Grade 11. En 2022, l’une de nos élèves a figuré parmi les premières au monde en Travel & Tourism au niveau du Higher School Certificate, décrochant un Cambridge Outstanding Learners Award. Nous avons aussi remporté des prix pour nos community projects, qui contribuent au développement personnel des filles», souligne-t-elle.
Malgré ces acquis, l’avenir reste incertain pour de nombreux collèges privés. Face à la concurrence des collèges d’État et de ceux du Service diocésain de l’éducation catholique, le privé peine à maintenir son attractivité. Une situation qui pose une question cruciale : quelle place pour l’enseignement privé dans le paysage éducatif mauricien de demain ?
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