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Kronik KC Ranzé

À l’avenir…

8 mars 2026, 05:30

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À l’avenir…

On a l’habitude de se référer à ce que les démographes appellent la pyramide d’âge. Or la pyramide d’âge n’est plus… pyramidale dans de nombreux pays du monde, y compris à Maurice ! La «pyramide» classique, construite sur des tranches d’âge d’importance égale, illustrait pendant longtemps la réalité d’une population croissante où les naissances étaient plus importantes que les mortalités, les populations étant graduellement mieux nourries, mais surtout bénéficiaires des progrès de la santé publique, ce qui réduisait fortement la mortalité infantile, tout en allongeant les espérances de vie. Ainsi la forme pyramidale qui, progressivement, devenait plus pointue.

Depuis, le développement économique dans de nombreux pays et les progrès sociaux s’y rattachant ont graduellement transformé la pyramide, d’abord en modèle «gratte-ciel», avant d’évoluer vers la forme «obèse», qui est illustrée ci-joint pour Maurice. Cette obésité, comble d’ironie, correspond d’ailleurs de manière assez inquiétante à l’obésité réelle des peuples du monde, y compris le nôtre (*).

À la base, cherchez la femme pour une explication! Du moins les femmes qui, de par le monde sont, heureusement, économiquement plus libres et pourchassent leurs rêves de vie de manière beaucoup plus indépendante. Les exceptions se trouvent encore dans les sociétés les plus pauvres ou conservatrices où les femmes se soumettent, enfantent et n’ont que le droit de régner sur la cuisine et les corvées... Lors de ces dernières décades, les femmes libérées ont décidé, souvent avec leur mari (il y en a de moins en moins…), d’avoir moins d’enfants afin de privilégier un meilleur standard de vie, y compris une meilleure éducation pour la progéniture. Le consumérisme autocentré accélère fortement cette tendance à la baisse de la natalité. C’est ce qui a encouragé les pays «obèses» à considérer, puis à encourager, l’immigration pour soutenir leurs propres économies de consommation, puisqu’ils étaient à court tant de producteurs que de consommateurs.

Cette «évolution» touche déjà les économies développées, bien sûr, où l’immigration accélérée produit, en conséquence, de forts courants réactionnaires et nationalistes! Mais elle atteint aussi l’Inde (où le taux de fertilité totale vient de passer sous 2,0) ; la Chine (taux de fertilité à 0,96 avec, en plus, un déséquilibre homme/ femme criard !), ces deux pays représentant, à eux seuls, environ 36 % de la population mondiale totale ! Notre pyramide «obèse» à nous, présente les mêmes défis qu’ailleurs. Nous allons, de plus en plus, être à court de ressources humaines et devront favoriser l’immigration vers nos rives, surtout si, en plus, l’émigration d’une partie de nos citoyens, notamment des jeunes, s’accélère. Nous avons donc intérêt à comprendre que l’immigration vers Maurice est nécessaire pour au moins maintenir et peut-être même faire progresser la croissance sur laquelle repose une bonne partie de nos espoirs d’avenir, la décroissance n’ayant, jusqu’ici, pas été plaidé par grand monde localement… Il y aura forcément des réactions chauvines, voire xénophobes! Il faudra y résister et au contraire encourager cette dynamique de l’immigration à moins que notre taux de fertilité totale ne puisse émerger du 1,35 actuel pour repasser au-dessus du 2,0 qui assure au moins l’équilibre ! En passant, aucun pays n’a significativement réussi à encourager la natalité, fiscalement ou autrement, sauf à un coût insoutenable. Ni la Chine depuis quelques années, ni Michel Debré avec «l’argent-braguette»… Il faudra donc être réaliste vu l’état du budget actuel et accepter que notre pays devienne encore plus bigarré qu’actuellement! Idéalement, il faudrait favoriser ceux qui ajouteront de la valeur, avec leur pouvoir d’achat, leur travail et leurs idées, plutôt que de seulement nous pomper…

Si les pays d’émigration profiteront des dépenses encourues sur nos citoyens qui partent, encourageons la vague contraire !

Sincèrement.

*** 

Eh oui ! Une guerre, ce n’est pas sans conséquence, surtout pour des économies qui importent tant, comme la nôtre ! Le prix du pétrole, sur une douce pente descendante jusqu’aux 58,7 dollars pour le baril de Brent, le 16 décembre 2025, inversait la tendance suite à l’épisode Maduro et aux paroles guerrières de Trump du début de l’année pour osciller entre 66 et 68 dollars jusqu’au 17 février. Puis, le marché «sentait» sans doute quelque chose, ce qui poussait le Brent à 70 dollars plus; puis 78 dollars mardi ; et 85 dollars vendredi. Pour ne pas être en reste, le charbon progressait de plus de 30 % par rapport à janvier! Le LNG, autre concurrent du renouvelable, s’envole aussi, et a même doublé en Europe après la menace de Poutine de fermer les gaz.

Le prix du soleil est resté stable… Si seulement nous avions atteint, mettons, 45 % d’énergie renouvelable à ce stade, en route vers les 60 % de 2030…

Outre le pétrole, il y aura des dégâts sur les recettes touristiques (sauf si nous arrivons à convaincre les touristes se destinant au Golfe à venir vers Maurice et à convaincre Emirates de mettre des vols directs qui brûlerait son «hub de Dubaï !), des hausses de fret, de nouvelles ruptures aux chaines d’approvisionnement, peut-être une hausse du dollar, devenu… valeur refuge ! Cette initiative guerrière de Trump/ Netanyahu a certes décapité le leadership iranien, qui a été d’un comportement abject ces derniers décades, à travers ses proxys au Moyen Orient (Hamas, Hezbollah, Houthis…) et vis-à-vis de son propre peuple (15 000 morts en deux jours lors des dernières manifestations dans le pays ?). Mais l’Iran, qui savait qu’elle ne faisait pas le poids militaire face à Israël/US, semble s’être préparé à répondre en créant un maximum de chaos!

Et du chaos, il y en a ! Quand l’Iran bombarde l’aéroport et des hôtels de luxe à Dubaï; qu’il n’attaque pas seulement les bases militaires américaines dans le Golfe, mais des raffineries en Arabie saoudite et au Qatar; des aéroports au Koweït, à Bahreïn et Abu Dhabi; même un aéroport militaire à Chypre, la stratégie est claire. Contrairement à la réplique mesurée et plutôt tendre de juin 2025, soit 14 missiles sur une base américaine au Qatar, avec une bande annonce polie ; l’Iran bombarde à tous vents, y compris Oman qui officiait pour lui dans les discussions nucléaires avec Trump et l’Arabie sunnite qui s’était pourtant réconcilié avec l’Iran shiite, grâce aux bons offices de la Chine, en mars 2023 !

Et puis il y a le détroit d’Ormuz bien sûr, où transitaient quotidiennement 20 millions de barils de pétrole par jour soit environ 20 % de la consommation mondiale. L’Iran n’a pas fermé le détroit, mais six bateaux y sont déjà immobilisés et les navires n’y entrent pas, ancrés «à l’abri», des deux côtés du détroit! Moins connu, beaucoup de gaz et un tiers des fertilisants issus du pétrole, passent aussi par Ormuz… Les principales destinations du pétrole via ce détroit sont la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et le Japon. Les pays exportateurs de pétrole les plus dépendants du détroit d’Ormuz sont, dans l’ordre, l’Arabie et les émirats qui peuvent quand même détourner jusqu’à 2,6 millions de barils vers des pipelines allant en Mer Rouge), l’Iraq, l’Iran, Koweït et le Qatar.

Les économies non pétrolières du golfe – Dubaï et les autres – qui se sont construites sur l’a priori de la stabilité et de la paix courent le risque aujourd’hui d’être totalement décrédibilisées par la réaction iranienne à l’action américano-israélienne. Cette réaction a démontré à quel point ces hypothèses de paix et de stabilité sont vulnérables dans une région peuplée de vieux ressentiments, de divisions religieuses, de questions fondamentales non résolues, comme la question palestinienne ou celle de la Syrie. Encore heureux que l’Islamic State of Iraq and Syria soit muselée pour le moment!

Mais il ne s’agit pas que de la paix au Moyen-Orient. Nous allons tous souffrir parce que le prix FIFA de la paix, ayant dénoncé l’accord nucléaire avec l’Iran négocié par Obama (et que l’Iran respectait…) ne pouvait apparemment pas mieux faire (en y incluant les missiles) et a donc décidé, avec Bibi dans son oreille, de punir l’Iran pour la «menace imminente» qu’elle représentait pour l’Amérique. Notons seulement que cette menace n’était que potentielle et que la menace réelle de la Corée du Nord, par contre, on n’en discute plus… Comme le dossier Epstein d’ailleurs.

(*) Les 14 nations les plus obèses de la planète sont des îles, principalement du Pacifique. La transition diététique du poisson/légume à riz/farine/sucre raffinés plus les “fast foods” et l’alcool en sont les causes principales. Les grandes nations “obèses” sont l’Égypte (45,6% d’obèses, principalement les femmes), les États-Unis (42,7 %) et l’Arabie saoudite (42,5 %) (tous deux, principalement les hommes). Maurice était, en 2022, 123e mondial (19,6%), mais des chiffres plus récents sont beaucoup plus inquiétants suggérant 36,2 % d’obèses et 72 % de la population en surpoids…

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