Publicité
Chine : Des rumeurs plus justes que la propagande
Par
Partager cet article
Chine : Des rumeurs plus justes que la propagande
Bo Xilai, étoile montante de la politique chinoise jusqu''''à son limogeage en mars de son poste de chef du Parti communiste de la ville-province de Chongqing, a été suspendu du bureau politique du Parti communiste chinois (PCC), a annoncé, mardi 10 avril, l''agence Chine nouvelle.
Il  est suspecté de « sérieuses violations de la discipline », et le comité central du Parti communiste chinois a décidé de suspendre sa participation au bureau politique, a expliqué l''agence officielle, qui évoque la mise sous enquête, apparemment pour corruption, de Bo, 62 ans. L''agence a annoncé dans le même temps que l''épouse de Bo Xilai, Bo Kailai, était suspectée d''implication dans le meurtre d''un ressortissant britannique, Neil Heywood, mort à Chongqing en novembre. Elle a été remise depuis aux autorités judiciaires.
Les « rumeurs » confirmées
Les réseaux sociaux chinois ont "explosé" après l''annonce de l''enquête qui vise Bo Xilai et son épouse. Le 31 mars, à la suite des rumeurs de coup d''Etat liées à l''affaire Bo Xilai, les autorités chinoises avaient fait la "chasse aux rumeurs" en suspendant pendant trois jours les commentaires sur les deux plus importants sites de microblogs. Cette fois, les internautes boivent du petit lait devant les proportions prises par le scandale, puisque celui-ci confirme des "rumeurs" jusque-là considérées comme fantaisistes sur un lien entre le meurtre du Britannique et l''affaire.
"Je viens de comprendre ce soir que le mot "rumeur" est neutre : il désigne une information qui se transmet dans la société civile. Quand c''est publié par les autorités, ce sont des informations, mais ce sont des rumeurs quand cela provient de la société civile", a réagi @kuangyeping, un responsable d''une maison d''éditions pour enfants. "Pourquoi ne faut-il pas croire aux rumeurs, ni les transmettre ? Parce que la vérité est encore plus intéressante que les rumeurs", se moque @xuxin, un professeur d''université. "Ça y est, les relayeurs de rumeurs sont réhabilités", ajoute le chroniqueur @Pancaifu.
Mingjing News, un site d''information en chinois basé aux Etats-Unis, est depuis ces derniers mois l''un des pourvoyeurs d''informations - ou de rumeurs - les plus prolifiques de la communauté en exil. Le site a été créé par un militant nommé He Pin, qui a édité plusieurs livres interdits en Chine.  On y lisait entre autres, le 10 avril, sous la plume de "Ji Weiren", diverses  "informations" ou "rumeurs".
Ainsi, selon ce site,  Bo Xilai et son épouse monnayaient les postes de haut niveau à Chongqing.  Xia Deliang, le chef du district de Nan''an, a avoué aux enquêteurs avoir offert 30 millions de yuans (3,5 millions d''euros) à Gu Kailai pour être promu en tant que vice-maire. C''est lui qui aurait  procuré le cyanure de potassium pour empoisonner l''Anglais. Bo Xilai aurait donné l''ordre direct pour tuer le consultant britannique, car celui-ci connaissait le secret des transferts de capitaux de la famille Bo à l''étranger et aurait eu des relations sexuelles avec Gu Kailai
L''ancien bras droit de Bo Xilai, Wang Lijun,  a rejoint le consulat américain de Chengdu parce qu''il se sentait menacé. Il a découvert que Gu Kailai était impliquée dans le meurtre de Heywood et l''a rapporté à Bo Xilai. Celui-ci l''a giflé et a arrêté 11 personnes du "groupe de travail" chargé du cas Heywood.
(Photo : Bo Xilai et son épouse, Gu Kailai).
(Sources : Le Monde.fr & AFP)
 
Publicité
Publicité
Les plus récents