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L''Adsu enquête : Le catamaran sauvé à la Réunion a une fausse immatriculation

26 décembre 2011, 20:00

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L''Adsu enquête : Le catamaran sauvé à la Réunion a une fausse immatriculation

Les autorités mauriciennes veulent éclaircir plusieurs zones d''''''''ombre dans l''affaire du Jamillia, le catamaran qui a dérivé sur 200 km avant d''atteindre l''île sœur. Il avait l''immatriculation d''un autre bateau et nul n''a jamais signalé la disparition de l''équipage censé avoir quitté Rivière-Noire le 6 décembre.

 Il est attendu de pied ferme par la Brigade anti-drogue et anti-contrebande demain, mercredi 28 décembre. L''équipage du catamaran Jamillia, composé du Sri-Lankais Joseph Ferdinand Wavalegi, 56 ans, et des Mauriciens Winsley Milazar, 25 ans, et Fracis Rabot, 49 ans, secouru par les autorités françaises à la Réunion le jeudi 22 décembre a beaucoup d''éléments de réponse à fournir aux hommes de l''adjoint au commissaire de police Ravin Sooroojbally.

D''abord l''embarcation porte une fausse immatriculation. Ensuite, elle n''appartient pas au gérant de l''hôtel Island Sports Club de Rivière-Noire tel que l''équipage l''a d''abord déclaré à la presse réunionnaise et enfin  le propriétaire allégué ne s''est pas rendue à la convocation de l''Anti-Drug and Smuggling Uni (Adsu) le lundi 26 décembre pour tirer toute cette affaire au clair.

Autre point à élucider : la date à laquelle les trois hommes ont dérivé en mer. Les autorités mauriciennes digèrent à moitié le récit d''une sortie qui a mal tourné. Voire d''un test de moteurs entre Rivière-Noire et Mahébourg le 6 décembre. Aucun des proches des trois hommes n''ayant rapporté leur disparition aux gardes-côtes ou à la police.

Alors qu''un des marins soutient avoir dérivé seize jours durant, suite à une panne sèche et d''une voile déchirée, dans une mer démontée et n''avoir pu s''alimenter pendant sept jours. Le skipper Sri-Lankais Joseph Ferdinand Wavalegi, lui, explique que leur périple a duré vingt-et-un jour sans eau ni nourriture. Marié à une Mauricienne, il déclare avoir bu de l''eau de pluie récupéré dans leurs vêtements placés dans un dinghy.

C''est tôt dans le matin du jeudi 22 décembre qu''un habitant de St-Benoît les a aperçus en train de brandir des chiffons rouges. Il a aussitôt averti le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) qu''une embarcation semblait être en difficulté. La Société nationale de sauvetage en mer (Snsm) envoie la vedette SNS Moïse alors que les Forces armées de la zone sud de l''Océan Indien (FAZSOI) dépêche son hélicoptère à leur rencontre.

Le Jamilia a ensuite été remorqué jusqu''au port de Ste-Marie. Un chien renifleur à bord et un plongeur n''ont rien trouvé de suspect à bord ou sur la coque. L''identité de l''équipage ayant été confirmée par les services de l''immigration mauricienne et c''est dans la soirée d''aujourd''hui, mardi, que le consul de Maurice à la Réunion, Serge Velloupoulé vont les faire embarquer à bord du « Mauritius Pride » afin qu''ils rallient Port-Louis.

Des questions se posent sur la véritable sortie en mer du Jamillia. Il n''avait ni radio, ni fusée de détresse à bord. Le propriétaire du catamaran qui doit déjà près de Rs 80 000 aux autorités française pour le sauvetage n''entendait pas faire rentrer l''équipage sans l''embarcation.

Cependant, la réparation risque de prendre des jours car les pièces de rechange sont introuvables à la Réunion. Les marins sont forcés de rester à bord et c''est grâce à l''aide des bons Samaritains et du consul mauriciens qu''ils ont une pitance. Serge Velloupoulé a ainsi décidé de les faire embarquer à bord du Mauritius Pride, ce mardi soir, afin qu''ils puissent fêter la nouvelle année avec leurs proches.

A ce stade, nul à l''Island Sports Club ne connaît l''existence de ce catamaran. Cet établissement racheté par un français a lui-même été déjà été mis à sac sans que quiconque ne l''ait signalé à la police. L''ancien responsable, David Jean-Marc, affirme ne pas être propriétaire du bateau. Le nouveau, lui, a indiqué aux autorités françaises en avoir fait l''acquisition il y a cinq mois et qu''il n''a pas eu l''occasion de l''enregistrer en son nom.

Or, l''immatriculation sur le bateau appartient à une autre embarcation.

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