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Ramgoolam : « Je n’avais pas été convaincu de l’utilité du kreol dans le cursus scolaire »

9 décembre 2011, 20:00

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Ramgoolam : « Je n’avais pas été convaincu de l’utilité du kreol dans le cursus scolaire »

Le chef du gouvernement avoue n’avoir pas voulu du kreol à l’école. C’était lors de la cérémonie d’ouverture du 6e Festival International Kreol ce samedi 10 décembre à Grand-Baie. Son vice-Premier ministre, Xavier-Luc Duval, s’attaque, pour sa part, aux membres de la communauté créole qui renient leur culture en s’embourgeoisant.


Navin Ramgoolam fait son mea culpa. Procédant à la cérémonie d’ouverture du 6e Festival International Kreol au Centre de conférence international de Grand-Baie ce samedi 10 décembre, le Premier ministre a avoué qu’il a été l’un de ceux qui n’étaient guère convaincus de l’utilité d’introduire le kreol dans le cursus scolaire.

« J’ai tiqué car je me suis dis que les grands perdants pour un tel projet allaient être les Créoles eux-mêmes, qu’ils allaient moins apprendre le français et l’anglais », a fait ressortir le chef du gouvernement. Il a ainsi tenu à remercier les linguistes du calibre de Dev Virahsawmy et d’Arnaud Carpooran ainsi le père Filip Fanchette et une des ex-candidates du Parti Travailliste (PTr), proche des lobbies créoles, Danielle Turner, de l’avoir fait changer d’avis.

Dans un discours décousu, mariant des souvenirs de jeunesse d’un côté et la morale aux nominés rouges de l’autre, Navin Ramgoolam se réjouit que pour l’année 2012, 3 186 enfants entrant en Standard 1 ont choisi cette matière. Et que 85 enseignants ont été formés pour leur apprendre la richesse de cette langue.

L’occasion a également permis au chef du gouvernement de faire les louanges de la richesse interculturelle de l’île. Et de la nécessité des Mauriciens de s’imprégner de la culture de son voisin. Un drame est vite arrivé, a-t-il souligné, rappelant l’épisode douloureux du Rwanda où deux ethnies qui cohabitaient, se sont jetées à la gorge.

Navin Ramgoolam a également exhorté les membres de la communauté créole à se prendre en main, à ne pas rester les bras croisés car c’est en prenant les choses positivement qu’on avance dans la vie. Le précédant au micro, l’initiateur du Festival International Kreol, Xavier-Luc Duval, a lancé un réquisitoire contre les membres de la communauté qui ont fait un trait sur leur culture en s’embourgeoisant...

« Kan Kreol réussi, zot met zot Kreolité de coté, zot plis francophone et anglophone. Je suis, je là... », a ironisé le No. 3 du gouvernement. Il a aussi, en guise de boutade, cité une scène où deux hommes de la communauté créole vont se mettre à parler français en présence d’un Mauricien d’origine européenne.

« Nous devons nous affirmer en tant que créole. Nous ne devons pas renier notre culture. Petit à petit, nous devons renverser la vapeur », a lancé le vice-Premier ministre et ministre des Finances en citant les projets mis en chantier en ce sens par le gouvernement, telle l’institution de la Commission Justice et Vérité et la loi pour l’égalité des chances. 

Le père Filip Fanchette a aussi pris la parole lors de cette cérémonie. Tout comme Marie-Noëlle Elissac-Foy, activiste des droits de la femme et cadre à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). 

 

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